La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

jeudi 13 août 2015

Parenthèse 72  :  pour Youenn Gwernig
Espace-temps  : pour Maïté Aliénor
Mémoire des sables ;  pour Paul Quéré
Le guetteur de la passe : pour Serge-Mathurin Thébault

Équilibre : pour  Jesus Alvarez

Le chant de Saint Phil :  pour Marie-Josée Christien
Jusqu'au dernier  :  pour Béatriz Macdowell
Les sept raisons d'être :  pour Francois Esperet
L'instant zen  :  pour Alexandre Jollien
Ondes  courtes du Mané Kerioned :  Pour Joelma
Le retour des cupules : pour Mary
Partition au cœur de  l'été : pour Leeloo
Un trou dans le ciel :  Pour Christian Cottard
La porte de Mor Braz  : pour Patrick Lucas
Signal d’embarquement vers les rêves :  pour Erin
La grande spirale d'Etel  : pour La Grande Tribu

 Route 72


Sables...

Lors que je prends la direction de la  côte Atlantique, je pense trouver de  bonnes conditions,  pour y créer  une spirale. Je ciel est couvert, avec  promesses d'éclaircies. La configuration de la plage de Plouharnel ne convient pas  pour ce travail. Je rebrousse chemin et fais route vers la Ria d'Etel. Au sud  de la route,  l'Atlantique, au nord, les landes  à  perte de vue, les  pinèdes où je viens régulièrement marcher  à la rencontre de dolmens et menhirs,en grand nombre sur cette terre sacrée.
Je débarque sur la rive gauche de la ria. La mer est calme et bleue. Aucune trace de la barre. Je laisse le sémaphore  à ma droite et me dirige vers  l’océan, aperçu au sommet de la première dune. La plage est en  pente et  plonge  à pic dans les flots. Je vais tracer au milieu d'une  pente, ce que rend  l'exercice toujours plus difficile. Il faut tenir entre  une heure et  une heure et demi, selon  le terrain.
Le centre se choisit  à  l'estime, en tenant compte de  la marée. Je commence et des les  premiers pas, les sensations sont très bonnes. Avec 17 années de  pratiques, je me suis affranchis de la technique pour tendre à évoluer dans un espace de  liberté absolue. Il s'agit bien ici d'une expression de  ma propre  identité, confiée  au sable,  à la mer et aux vents. Nulle  commande mercantile, mais la simple volonté de continuer la route  pour  m'éloigner, me couper du  présent,s'il le faut,  pour retrouver les sensations  premières de  l'enfance. C'est aussi,  pour  moi, une façon de réussir ma vie, dans  l'instant.

Rochers...

Ce matin, les  pierres respirent. Je sais que mes cairns auront  une courte vie. Le vent d'Ouest est joueur. Il se fait  un  plaisir de basculer mes cairns. A marée descendante au pied des falaises de Ty Bihan de Carnac, je trouve  les rochers absolument  lisses,humides et glissants. Je passe  beaucoup de temps  à choisir  l'endroit où je pose mes  pieds, pendant les déplacements des  plus  lourdes  pierres. Tombe r en ces  lieux déserts au petit  matin, reste le danger majeur. Je le sais. 
La découpe de la côte, par  de  multiples tempêtes, me laisse  un choix pour y élever des cairns, face  à  l'Océan. Ainsi ce  premier qui s'élève  pour faire  un trou dans le ciel, suivi d'un second. A deux, ils deviendront la  porte ouvrant sur la Mor Braz. Malgré les efforts consentis, je goûte ces instants de paix et de solitude auxquels  j'aspire, loin des foules vacancières.
Le ciel se dévoile  un  peu. Il ne fait que 9° en ce matin breton. Il est 7 heures. 

Route 72
Faisans route vers Carnac, je décide de faire demi-tour, en plein bouchon puis de prendre celle de Locmariaquer, et La Trinité sur  mer ,  pour trouver  un endroit, calme, sinon désert. Je le trouve sur la côte ouest de St Philibert. Ici, pas de plage, mais  une large passe qui dessert le  port de la Trinité. Je quitte la route et descends  au ras de  l'eau dans  une  crique déserte. Je vais  y élever trois cairns. Une fois levés, les cairns sont habité par  une présence qui m'interpelle. Un dialogue de  muets s'installe entre  l'infime et  l'ultime. La  pierre  dit  l'universel par sa  présence. Regarder, comprendre, emprunter, transformer, élever,  offrir et vivre  pleinement cette joie née d'un cairn. Reprendre la route sans rien emporter.

Le retour des  cupules...
Les chênes, nombreux, ici, seront  généreux cette année. Je me souviens d'avoir manqué de leur  présence,  où nos vivions en Normandie. J'aimais ces arbres dans  mon enfance bretonne et je les retrouves, compagnons de route. Cette année les glandaies seront abondantes . Cela m'a déjà  permis de récolter akènes et cupules,puis de  quelques  installations réalisées dans cette région si riche en  magnétisme auquel je suis sensible et qui  m'inspire.Vivre parmi les dolmens et  mehnirs, n'est pas  une mince affaire


Roger Dautais




« Temps de la profondeur,

temps sans syllabe,

où je ne suis qu’un son

en marche vers la fatigue »

Angye Gaona



  SUD



La route rêve qu’elle mène à la mer
alors qu’elle gravit le volcan
ou traverse le grand marais.

La route au bord de l’océan
se souvient de la neige et de l’aveuglement,
du secret de la lagune
du babil de la jungle.

La mémoire de la route est nomade :
les souvenirs traversent le temps dans tous les sens,
mènent par ci, par là.

La route cueille des parfums évanouis,
laisse des hardes oubliées et des regards brisés,
elle contient des adieux qui, multiples,
se réfractent dans le rétroviseur.

Parfois elle revient, la route,
apportant avec elle
paysage âge trace.


Angye Gaona
Naissance volatile, in Cahier spécial Angye Gaona, La voix des Autres n°5    mars 2012. Traducteur Pedro Vianna

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Qui êtes-vous ?

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.