La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mercredi 21 novembre 2018

le solitaire de Carnac  : pour Clémence Dujardin



C'est vivre et cesser de vivre
qui sont des solutions imaginaires.
L'existence est ailleurs.
André Breton.


'Sauvé par la nature...

.../Hier, en débouchant sur cette plage, j'étais perdu. Perdu par la disparition des gros amas de pierres et galets, enfouis par les marées successives, sous des tonnes de sable. Perdu en descendant vers la mer, sur l'estran, colonisé par des algues vertes. Plus envie de rien. Si, de faire demi tour. Stopper tout. Je ne me situais plus dans cet espace. Qu'y faire ?
Je me suis lancé dans une marche rapide sur les sables mouillés en remontant vers l'est de la plage. Je me disais qu'un jour, cesserait bien toutes ces courses, cette agitation et que je ne perdrai plus ma vie, seul, à pratiquer le land art, à me geler, à me faire tremper par cette pluie de Novembre, glacée, sans aucune idée de création.
Et puis, mon regard s'est porté sur des pierres oblongues, couchées dans une mare, en partie ensablées. Je les ai vus. Je les ai vus, ces personnages hirsutes, hagards, déambulant, recherchant une solution dans la fuite, l'exil. Je me suis arrêté, je les ai levées, ces pierres, une à une, puis couronnées d'une tête, pour former ces groupes d'exilés, dont je parle depuis presque dix ans, avec mes pierres. J'ai presque oublié le froid, la pluie et je suis parti dans une séries d'installation jusqu’à la nuit tombée.
C'est à ça que je pensais, en élevant ce cairn unique, à Carnac, une fois le beau temps revenu.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

" Photo : création land art de Roger Dautais
" le solitaire de Carnac " pour Clémence Dujardin
Carnac - Bretagne Sud.


*


En marge des dires anciens

en marge de dires anciens
le silence se replie
on manque d'air
plus de conteurs
pour
taire le chagrin
refuser
le mur qui sépare
plus de dépanneurs…
pour un monde
virtuel
de vraies guerres
pourtant
des drames
une énorme blessure en forme de
‘trou du côté gauche’

Brigitte Gyr

mardi 20 novembre 2018

Passion d'estran  : à Marie-Claude
 
 
 
La mémoire s'ensauvage et se rebelle
lorsque l'âge s'impose dans la dernière ligne droite.



.../Je continue l'exploration des lieux et je pense à ces vers de Xavier Grall qui me sont parvenus d'une artiste Dinannaise:
Viens en cette Bretagne ancienne /Je plaide pour l'homme nouveau /Je chante la route, le cercle, la danse /Je dis le retour de la fraternité.
Après ceci, je ne peux me tromper de geste. Les pierres s'accoupleront au chêne mort, ou bien entre elles, les sables serviront de linceul aux vaines pensées car l'enfouissement des souvenirs demande beaucoup de précautions si l'on veut, garder une chance de les retrouver.
La mémoire s'ensauvage et se rebelle lorsque l'âge s'impose dans la dernière ligne droite. Garder un peu d'images pour nourrir mes racines avant la bascule fatale. Les cairns montent, issus de la terre. Il faut assurer leur langage. La maladresse d'un mot, d'une pierre mal posée,une bousculade, un retard et voilà l'oubli qui règne en maître aux Sept Îles et nous ressert des plats vides et froids. On n'invite pas les morts aux festins virtuels, ils n'aiment pas ça. La mer est froide, l’exercice périlleux. La solitude habitée des vers de Grall n'est pas là pour arranger les choses. Aucune thérapie ne peut l'éradiquer. La progression se fera entre les hauts murs de la mémoire, les cris entendus, les cadavres rigides et bleus. Les descentes aux enfers tatouent le cœur de stigmates aux fers rouges. Puisqu'il faut se perdre offrons au soleil les dernières pierres froides. Qu'il les transforme en or au regard de l'enfant qui partagera sa joie avec son père.
Ici tout est permis puisque l'esprit divague et se laisse enchanter par la poésie des lieux. Aux rides profondes d'une pierre plate, j'ai osé ajouter quelques couleurs vives et les chemins de traverse m'ont emmenés jusqu'au bout de la nuit, danser au Sabbat du mont d'Etemclin, en attendant le solstice d'hiver.../
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
"Passion d'estran " à Marie-Claude
Presqu'île de Quiberon
Morbihan - Bretagne


*


dans les jardins paissent les morts

dans les jardins paissent les morts. ils se redressent
quand ils crient.
ils ne crient pas. personne les a entendus.
ils nagent dans l’herbe.
sur le dos nagent.
ils ne tournent pas leurs mains
seulement le menton.

tôt dans la rosée ils rient se vautrent en tous sens
quelques-uns boxent ensemble.

à midi ils se recroquevillent crabes sur le sol.
le soleil les martèle à plat. leur couteau
entaille le ciel par-dessous.
ils ne saignent pas. l’argile
les cuirasse. sur le dos
ils se défendent contre les jets de pierre d’en haut
et détournent la tête
quand une étoile s’abat entre eux.

Source : Franz Mon :

dimanche 18 novembre 2018

Guetteur de marée   pour Annick L.



Les sternes volaient à l'envers...


...J'ai besoin de la présence de l'eau, du flux puissant de l'Océan Atlantique remplissant les Ria pour comprendre ce qui me lie, à tout jamais avec la mer, depuis mon enfance. Une fois cette puissance ingérée, je peux la restituer dans mes spirales qui restent la figure emblématique de mon travail de land artiste.
Temps suspendu, isolement sensoriel poussé à l’extrême limite de l'équilibre. Tout geste de création qu'il soit infiniment petit ou grand, naît dans cette matrice que l'on nomme Nature, et participe humblement au chant du monde.
Passer quelques heures sur l'île de Stuhan, élever un cairn sous la dictée des sternes qui volent à l'envers, c'est entendre battre le cœur du monde, c'est déjà apprendre à changer, à perdre toute habitude, à se fondre dans le paysage marin
Simple passeur dont le souffle s'amenuise avec les ans, je ne serais rien au bout du compte, s'il ne me fallait plus donner, échanger. C'est votre regard qui donne de l'humanité et un sens à ce que je fais.
Dans quelques semaines ou mois, une fois remis en forme, je répondrai à cet appel intérieur et je repartirai sur les chemins pour d'autres rencontres, d'autres créations. C'est promis.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
htp://rogerdautais.blogspot.com/

" Guetteur de marée " pour Annick L.
Île de Stuhan - Bretagne


*


Le feu ne brûle pas
c'est un radiateur
qui gargouille parfois
comme s'il avait peur
comme s'il avait froid
les deux clochers d'Arbois
sonnent à la même heure
ce soir pas d'apéro
en face le carreau
du toit capte un dernier
reflet du jour d'octobre
et puis la cheminée
crache un peu de fumée
que le ciel enveloppe
et va porter ailleurs
comme lettre à la poste

de ma table je vois
la rue par la fenêtre
j'écris ce que je vois
pour ne pas disparaître
je serai disparu
avant demain peut-être
un vieillard dans la rue
croira me reconnaître
ce ne sera pas moi
ce ne sera personne
mourir ne surprend pas
celui qui n'est personne


Jean-Claude Pirotte *
Chronique douce, Le Promenoir Magique et autres poèmes 1953-2003, La Table Ronde, 2009,

* http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Pirotte

vendredi 16 novembre 2018

Chant d'automne   à Marie-Claude



Chanson d'automne.

.../ Si les grands travaux sont derrière moi, grâce à cette culture permanente de la perception du monde acquise par ma vie dans et au contact de la Nature, je peux connaître des émotions fortes, très fortes et les transposer dans mes installations. Ma lecture singulière du paysage, mes cheminements permanents, curieux, renouvelés, répétés, comme un pianiste le ferait de ses gammes, me font aller à la rencontre de l'histoire de l'humanité, de cultiver ce contact singulier que bien de mes semblables ont perdu.
J'ai tissé des liens d'amitié avec des lieux, des chênes centenaires, des dolmens accueillants, des menhirs dressés au milieu de terres sacrées. Les pierriers les plus chaotiques m'ont confié leur poésie. Vivre dans ces lieux, pour peut que l'on soit sensible au magnétisme ambiant, transforme, calme, rend plus sage, plus humble, aussi. Il faut avoir la porosité d'une feuille qui transforme la lumière en énergie. Nulle avancée possible dans l'initiation, sans avoir compris qu'il faut s'arrêter pour écouter, voir, sentir, goûter et toucher au cœur du monde, au tambour du monde qui bat ici. Se tenir en équilibre près des eaux dormantes d'un marais respirant sous le brouillard au lever du jour c'est être à la rencontre des Deux Mondes qui se révèle dans l'instant, ponctué par le cri d'une aigrette saluant la lumière.
C'est pourquoi, aucune de mes installations land art n'est banal, puisqu'elle parle du monde.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 76

Photo : création land art de Roger Dautais
" Chant d'automne " à Marie-Claude
Bretagne Sud

mardi 13 novembre 2018

Liaison "  à Marie-Claude   



Battre le rappel...

Le land art est colère , rébellion, liberté. Le land art, est le sang de la Terre nourrie des hommes qui y sont enterrés. Le Africains savent cette chose, les Celtes, aussi, les Basques également. Enfin, la Terre entière le sait.
Qui prend le risque de le dire?
A nous de sortir des conventions si nous voulons découvrir nos propre codes de fonctionnement, si nous voulons créer en toute sérénité, au sein de la Nature.
Non, mes cairns ne sont pas des tas de cailloux. Il faut prendre le temps de les regarder, comme celui-ci, se lever fièrement, sous la pluie. Il est la liaison voulue entre une plage de galets noirs, et le ciel plombé et gris. Il est œuvre commune, partagé avec Marie-Claude, pendant un road trip, breton, en 2009. Il est notre mémoire commune assemblée dans l'effort et nulle insulte ne pourra l'abattre.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blospot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" liaison " à Marie-Claude
Région sud de Paimpol


*


Recours


Écrire dans la faiblesse et le dénuement
Parfois jusque sur les bords de l'irréparable
Tendre ici simplement
Cette main qui saigne.

Guy Allix *
Lèvres de peu
(Rougerie, 1993)

* http://anthosuballix.canalblog.com/pages/roger-dautais/27590332.ht

lundi 12 novembre 2018

Ombres flottées :  pour Thérèse



Ombres flottées...

Actuellement, je consulte des livres de géométrie, m'informe sur la symbolique des nombres, étudie sur photo, la palette de couleurs proposée dans un endroit donné, revois les règles de la composition. Puis je sors de la maison et j'essaie de tout oublier.
Je sais où je vais, quitte la ville pour me rendre à la Coline aux Oiseaux. C'est tout. Pour le reste, ce sera une question de rencontre, sans savoir ce que je vais trouver ni faire exactement.
Une petite demi-heure de marche pour me laver l'esprit, puis cette découverte d'un très beau bassin, animé par un filet d'eau, en cascade. Le lieu m'interpelle. Désert, beau, planté d'essences d'arbres et d'arbustes, effleurés par un vent léger, où je vais prélever de quoi faire une installation flottante, à cet endroit même. Aucune connaissance, aucune théorie n'est présente à mon esprit. Je laisse la main créer, l'esprit prenant le relai. J'éprouve beaucoup de plaisir dans cette réalisation, sans prétention autre que celle d'aller vers le beau.
Le land art ne peut être que spectaculaire, il passe, pour moi, par des instants plus intimes, où, penché sur la terre, agenouillé, dos arrondis, je suis en communion avec les éléments. Pendant ces instants,ces émotions ressenties, peuvent être très fortes.
Roger Dautais
Notes pour la Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" Ombres flottées "
Caen - 2009 - Normandie


***


Elle croit que nous faisons le monde

pourtant
c'est le soleil qui caresse
c'est le vent qui parle aux feuillages
et c'est dans la pierre que ricoche
le chant du ciel

Leurs éclats parsèment notre histoire
d'une ponctuation d'oiseau

Écoutez donc.

Alain Boudet

" Quelques instants d'elle"
Éditions Océanes 1988

vendredi 9 novembre 2018

Traces  :   Pour Emily de Wavrechin




Les professeurs sont faits pour les gens qui ne savent
rien apprendre tout seul
Paul Leautaud

Amnésie douce.

Agenouillé parmi les oyats, j'entends à peine le chant de la mer, adoucit par les dunes. Je suis au milieu du monde, installé provisoirement dans la solitude. J'ai avec moi, quelques dizaines de feuilles d'eleagnus, dont le camaïeu naturel, dispersé dans les buissons, m'a intéressé. J'aime me laisser surprendre par la beauté de la nature, dans les moindres détails et me décaler du monde bruissant.
Je vais installer une figure géométrique en partant de la feuille la plus foncée pour aller vers la plus claire. Mon imaginaire se satisfait du peu quand il es beau. Le land art , par sa diversité d'expressions, du gigantesque au plus petit, parle aux gens ou les laisse indifférents. Le siècle nous porte à consommer toujours plus, pour posséder plus. Je ne participe pas à ces mouvements de foule.
Ici, rien de livresque. C'est une installation land art, indéfinie qui interroge. Elle fera partie du délaissé, de l'oublié, comme le sont de plus en plus de nos semblables.De la même façon, elle fait partie du monde et mérite d'être respectée comme une trace d'humain passé sur cette plage immense et déserte de Ouistreham, à deux pas de la route des ferries.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com

Photo : création land art de Roger Dautais
"Traces " pour Emily de Wavrechin
Ouistreham Calvados - Normandie
Années 2000

jeudi 8 novembre 2018

Lieu de  mémoire  :  pour Marie-Claude



.../De 'île de Stuhan aux Sept îles

L'imprévisible se découvre mieux au contact du sauvage, de ce qui m'échappe et c'est à la mer que je vais le chercher. Je parcours le tombolo qui m'éloigne du continent. La marche, la fatigue, l'oubli tricotent ici, une nouvelle vie, jusqu'à perdre pied.. Résumer ma vie à cet instant s'écrit en un mot : souffrance. Je dois la dépasser où passer à autre chose. Si je n'ai rien à gagner dans ce récit de vie, il témoigne que mon retour au land art, passe par cette réalité et non par une autre voie
Le passage vers l'Île change au rythme étonnant des marées. A cette heure, l'île se fait engloutir en grande partie par les flots. Et si j'y restais, qui viendrait me chercher dans ce lieu totalement désert. ? Pratiquer le land art ici, n'est pas sans danger. Il faut le savoir. Un flot impitoyable, poussé par le courant de la Jument, se charge d'effacer toutes les plages. Il reste à peine deux mètres entre l'eau et le trait de côte. Juste de quoi choisir entre les pierres rescapées pour élever quelques cairns.
C'est ici que je trouve le bonheur, près de mes pierres. Chaque cairn est un cri, une victoire sur les flots.
Ici, je remets mes angoisses à demain. Mon corps transpire, éreinté par l'effort. La fatigue s'installe, m 'épuise. Encore une pierre, une autre. J'abandonne le reste des pierres aux flots gourmands. Ne jamais oublier le vent libre et cinglant de l'hiver qui souffle du large et me glace le corps. Il est vital, je le respecte, il construit ma mémoire pour le temps d'après qui approche.../
Roger Dautais
Notes de land art pour la route 75


LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
htp://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" Lieu de mémoire " pour Marie-Claude
Bretagne Sud - 2014


*



Plages lointaines
larges suaves
échouages d'horizons
commencement de la mer.

Robert Fred
Cascades
Éditons Gérard Guy

lundi 5 novembre 2018

Pour Florence Arrighi
Miz du....../


Je me suis jeté à corps perdu dans cette pratique du land art. Ce que je donnais à la nature, elle me le rendait, avec ce sentiment d'être pleinement vivant et à ma place.
J'ai appris à élever des cairns immenses, à côtoyer des fleuves, à travailler sur leurs rives. J'ai foulé les sables de mille plages, en France,à l'étranger. J'ai compris les saisons qui me passaient entre les mains, comme les années normales, assez détaché de cette notion de vieillir, sans le regretter. J'ai pris des risque physiques, j'ai connu des blessures sans jamais en vouloir à cette nature qui me remettait en place. Et puis est venu le temps où l'on s'aperçoit que marcher, est plus difficile, escalader, plus dangereux encore, porter lourd, impossible, parce que le corps ne suit plus. On dirait que la ligne droite va s'arrêter, mais qu'avant, il convient de la parcourir jusqu'au bout, le mieux possible et c'est ce que j'envisage de faire.
Alors, j'ai décidé d'aller confier tout cela à la mer, car je la sais d'une immensité capable d' absorber toutes les mémoires de la terre.
Quoi de mieux qu'un temps d'hiver, froid, pluvieux et venteux pour réaliser ce souhait avant de rentrer à la maison. C'est ce que j'ai fait, les yeux dans les vagues blanches déferlantes, bercé par cette petite musique intime.
Le vieil homme et la mer, oui, je sais...mais cette fois, j'ai emprunté à Hemingway, une conclusion qui me va bien. ce soir, avant de retrouver tous les miens en Bretagne.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 75
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com

Photo : création land art de Roger Dautais
" cairn en revenant de Kervillain " pour Florence Arrighi *
Bretagne Sud
* http://les-galets-de-nonza.blogspot.com/

*



ENTRE NEIGE ET NUIT

Entre neige et nuit
je glisse murmures lents

l'émanation des ombres
volutes, flammèches, fumerolles
mes aspirations

Tout ce qui s'efface
apparaît disparaissant

ainsi cet arbre, ainsi ton corps
ma main

évasive, soulevée, reperdue

à la lisière du gris
calme ouvert.

Ida Jaroscheck
extraits de " Survivances de la neige" Inédits

samedi 3 novembre 2018

Cairn de  l'espérance


à Karine Kergroac'h.


J'ai souvent l'impression de me cogner la tête contre les murs. Il me faut toujours répondre, expliquer, ceci ou cela, le pourquoi de telle lumière, le choix d'une pierre et non d'une autre,la symbolique de la forme, mon goût pour le silence et la solitude des pierres..
La réponse n'est pas possible. Je tente simplement, dans ce qui m'est encore possible d'exprimer, de rester en équilibre entre l'imaginaire, le réel et l'espérance.
J'ai la passion de tout ce qui vit, tout ce qui bouge, tout ce qui pèse, tout ce qui vole, tout ce qui rayonne dans la nature. Je ne possède rien d'autre.
Comment voulez-vus expliquer cela dans un monde consumériste.
Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

"Cairn de l'espérance" à Karine Kergroarc'h
Carnac.
Bretagne sud - 2015

jeudi 1 novembre 2018

Flottaisons d'août  "  pour Pastelle.
Voir le monde autrement…

Cette force intérieure qui me vient du vécu, se heurte aux résistances nocives qu’il me faut contourner. Je veux parler des idées noires.
Il n’est pas question, au moment des installations land art d’exhumer de l’éparpillement des idées quelque ersatz sans saveur.
Représenter le monde avec ce que l’on a comme moyen, ce que l’on trouve et s’en tenir à ça, voilà ma conduite.
Appréhender avec mon corps, le vertige de la non-compréhension. Repartir avec une foule de questions qui se perdront dans dans le brouhaha du monde, suffit à me construire une espérance.
Les images représentées, ici,avant d’exister, se sont composées lentement : paysage, lien,eau, lumière, fleurs, comme un zoom, à l’envers qui amène les composants à la chambre noire.

Boîte à idées où se mêlent l’amour, la déraison, la colère, l’espoir, le silence. Un capharnaüm indescriptible.
Le temps se dilate. La main transmet, exécute, reprend, pose, hésite, traduit ma pensée.
Je quitte cette situation inconfortable et nécessaire à la création.
On voudrait tout dire en un geste. Il faut accepter ce manque, ces imperfections, ces scories de l’imaginaire.
Demain, je reprendrai la route kaléidoscopique, jusqu’à la rivière qui mène à la mer.

Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 75

Photo : création land art de Roger Dautais
" Flottaisons d’août " pour Pastelle
Région de Caen - Normandie -2007


*
 
 
Le temps  pour toi
me semble recourbé
Forme échouée,  un  peu
le  poisson  mort rendu par le filet.
 sa gueule bée sur  un son
étouffé.
Michel Dugué 
" Tous les fils dénoués "
 Editions Folle Avoine 2014

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.