La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

jeudi 9 septembre 2010











To the sea,

à mon père...






Samedi 4 septembre 2010, je roule vers le port de Ouistreham. Le temps est couvert. Il souffle un petit vent de nord-Est. Avec un peu de chance, je verrai le soleil dans l'après-midi. Les vacances sont terminées et la plage s'est vidée de se touristes.
Je travaille par 49°17' N et 0°15' O. Je me dirige à l'extrémité Est de cette plage, non loin de l'épi rocheux qui borde le canal maritime d'entrée des Ferries jusqu'au terminal d'embarquement. Il me reste trois heures avant la haute mer, deux, à l'endroit où j'ai posé mon sac à dos pour tracer une spirale. Pour répondre à Eléonore qui m'écrit du Canada, dans un commentaire sur ma précédente page, oui, c'est assez difficile de réussir ce genre de figure qui fera quand même
45 mètres de circonférence lorsqu'elle sera terminée. Je travaille sans repère ni outillage. Je cherche le meilleur endroit en testant la qualité tu sable qui doit, être mouillé, mais ni trop dur ni trop mou. Je ne peux réussir ces spirales sur toutes les plages. Aujourd'hui, la présence sympathique d'un club hippique pour ados, me complique un peu la tâche car les moniteurs qui me connaissent, viennent me visiter et tournent sur le glacis que j'ai choisi. Je peux vous dire qu'une quinzaine de chevaux, même au pas, ça laboure le terrain et je dois, avant de commencer, reboucher tous les trous faits par la sabots de cheval.
En principe, avec la mer à 50 mètres de moi, j'aurai largement le temps de finir avant qu'elle ne recouvre mon travail. Je plante mon talon gauche dans le sable et je commence. Celui-ci, agit comme un soc de charrue. Il faut maintenir le pied dans un bon angle d'attaque. Trop à plat, il ne rentre pas dans le sable et le sillon ne se verra pas. Trop à angle droit par rapport à la jambe , il rentre trop profondément et rendra l'avance, impossible. La jambe droite assure l'équilibre du corps qui est courbé vers l'avant, la tête vers le sol, car je dois vérifier le parallélisme du sillon et le rectifier avec mon pied gauche qui pivotera de droite à gauche, pour rectifier l'erreur éventuelle. La jambe droite, va chercher un appui à 40 cm derrière le pied gauche, s'ancre solidement au sol puis toute la force se reporte sur la jambe gauche qui tire mon pied vers l'arrière. La coordination des ces deux mouvements donne naissance à un rythme qui lui-même s'accorde avec la respiration. La vue ne sert qu'à vérifier le bon déroulement de la manœuvre et pendant cette avancée, je m'extraie du paysage. Très rapidement, les crampes dans les jambes et le mal de dos apparaissent car je ne suis plus tout jeune. Alors, je relève la tête et redécouvre mon environnement, parfois, avec des personnes à proximité que je n'avais ni vues, ni entendues approcher. Il ne faut pas que ces haltes soient trop longues car la spirale doit être réalisée dans un certain temps, sans trainer à autre chose si l'on veut qu'elle soit harmonieuse.
Les idées vagabondent. Je pense à mon père, dans son grand silence blanc. J'entends sa voix. Nous discutons , nous sommes au travail, dans le jardin, comme deux horticulteurs que nous sommes. Je le vois si souvent depuis son départ. J'ai du mal à dire, il était.
Je ne prends guère la mesure de mon travail avant le 18ème ou 20ème tour et puis là, parce que les tours sont plus longs, j'ai cette notion de parcours, de voyage, de création, d'effort, de beauté, de plaisir, de satisfaction du travail bien fait, une sorte de fierté de pouvoir offrir ce cadeau à la mer :To the sea. Je tourne, et compte...22, 23, 24 tours. ça y est, vingt quatre tours comme les vingt quatre heures d'une journée. C'est immense à voir et pourtant, cette spirale ne représente qu'un minuscule point sur cette plage qui, l'été peut recevoir plus de 20 000 personnes. Minuscule comme une vie face à l'univers.
Je prends du recul et j'attends la mer. Elle met 45 minutes pour atteindre le bord de la spirale qu'elle aborde par la droite. Après, c'est le plaisir de la voir remonter le sillon de chaque côté et encercler le centre, puis le recouvrir dans un mouvement de va et vient produit par la marée. Je suis seul et très bien ainsi. C'est ç'est ce moment que le soleil choisit de m'offrir ses rayons qui vont éclairer la spirale et me rendre le travail de prise de vue, plus facile. Je la suis jusqu'aux trois quarts de sa disparition puis je reprends mon sac et quitte la plage sans me retourner. J'ai compté ces spirales jusqu'à la millième et puis j'ai arrêté, ne gardant que le plaisir d'être dans la Nature, à l'œuvre, près de la mer en pensant à ceux que j'aime.



Roger Dautais


Les autres installations ont été réalisées quelques jours avant cette spirale, dans un marais que j'aborde après avoir traversé un bois touffu, dont l'orée est défendue par une haie d'ortie bien difficiles à franchir. Après une petite marche, j'atteins une rivière qui coule paisiblement sous les arbres, c'est là que j'ai que j'ai travaillé pendant une après-midi ensoleillée. Je voulais vous présenter ce travail différent du précédent.








L'espace nous excède
L'infini déchire la raison

Offerts à la vraie lumière
Cet azur qui est du noir
Nous restons enchaînés
Étoiles invisibles

L'avion survole la mégapole illuminée
Énorme contrée, myriade de lampes
comme étant de vibrantes pensées

Des hommes se repoussent pactisent s'excluent
Mouvances assises d'une conscience à venir
Miroirs dans la nuit où des mondes mûrissent.



Gaston Puel

L'âme errante 1992






EN RAISON D'UN VOYAGE EN ÉGYPTE, LE BLOG LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS NE SERA PAS ANIME ENTRE LE 10 SEPTEMBRE 14 HEURES ET 21 SEPTEMBRE 2010.
MERCI DE CONTINUER A LE VISITER, A LE DÉCOUVRIR, ET MERCI D'AVANCE POUR VOS COMMENTAIRES ET ENCOURAGEMENTS.

ROGER DAUTAIS

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.