La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 28 septembre 2009




video

Ce jour est celui appelé " Le neuvième jour du Cairn". Il initie une petite série de travaux dédiée aux residants d'une bastide située dans le sud de la France. C'est un geste d'amitié envers des personnes dont la vie n'a pas été particulièrement clémente pour elles. Il est de bon ton, de cacher le handicap ou de n'en point parler, comme s'il n'existait pas. Cette population en difficulté , reste humaine, sur tout les plans et je ne fais rien de particulier dans ce choix qui ne me rappelle de très nombreuses initiatives envers elles, sur le plan du partage artistique, mais pas simplement.
Par ce blog, j'ai connu une personne, Christianne, soignante dans ce milieu. Nous avons sympathisé et comme je suis de ce même milieu, que je connais le dévouement des milliers de personnes qui s'occupent et soignent tous ceux qu'il est gênant de voir, des jeunes aux vieux( je fais partie de cette catégorie, dite " les vieux") j'avais promis à Christiane S. de faire quelque chose pour les personnes dont elle s'occupe, en particulier, la nuit. C'est aussi en pensant aux, soignants, veilleurs de nuit, qui affrontent les derniers instants de voyageurs en partance, et qui voient le monde tel qu'il est, indifférent, très souvent, que je vais réaliser ces quelques pages, sans savoir à l'avance ce qu'elles contiendront, comme je le fais chaque fin de nuit, avant de commencer ma journée de travail diurne.
Que cela serve de porte d'entrée à tous ces nouveaux visiteurs, qu'ils découvrent le Land Art, professionnel, pour ma part, qu'ils aillent à la rencontre de cet art, sur leNet, qu'ils découvrent mes nouveaux amis, Emmanuel Prunevieille, Vincent Arbez, Grégory Goffin, Richard Shilling, tous, artistes, landartistes et fous de land art. Si vous leur demandez, ils vous aideront.
Qu'ils s'y lancent, dans de petites choses, avec leur coeur, avec leur corps, telqu'il est, qu'ils aillent à la Nature par ce moyen et qu'ils me le racontent.
Il n' a pas d'argent, pas d'enjeu mercantile, pas de religion , pas de secte, derrière tout cela, juste la volonté de vivre et d'emporter la partie sur cette putain de maladie, cette chienne de vie.
Il faut y croire, il faut vivre, vivants, jusqu'au bout. En participant à ces échanges amicaux, vous m'apporterez aussi, beaucoup. Le monde n'est pas fait que de promesses et de discours, il est fait aussi de pierres, donnez leur la parole.

Ce cairn est un moment de mémoire, depuis longtemps disparu dans la Manche, comme est disparue, Morgane, noire et feu, telle qu'elle fût, compagne de 11 années, fidèle et amusante,vive et rebelle, chasseuse de souris et contemplatrice de la Nature qu'elle aimait comme moi. J'avais cette peine de la disparition et des tonnes de pierres me furent livrées sur une plage, après une tempête. D'énormes vagues avaient cogné et cogné sur les falaises, jusqu'à ce résultat.
Alors j'ai commencé à élever un cairn, qui s'est écroulé, puis un deuxième, sur les ruines du premier. Je voulais qu'il restât debout, 15 jours. Vous avez ici les photos et la vidéo du neuvième jour du cairn. Et ça a duré, duré. J'en ai élevé 7 en tout, avant d'abandonner. Des cairns de 2.20 m à 3.40mètres de haut pour le plus grand. C'est massif, très beau quand le soleil vient les balayer, épique, dans la tempête. Cherchez bien dans ce blog, la vidéo de la tempête y figure.
Pendant tous ces 15jours, Morgane, la Bretonne, m'accompagna. Je la voyais gambader comme une chèvre, sur les rochers. Une fois le travail terminé, les cairns détruits par la mer, j'ai mis très longtemps avant de retourner à cet endroit. Morgane est toujours dans mon esprit. Je lui rends cet hommage de la garder vivante comme on fait avec ceux que l'on a aimé et qui sont partis .La condamnation à mort par abandon, ne devrait plus exister. Je ne sais pas si cela est politiquement correcte de l'écrire, mais après tout, j 'ai des yeux, ils me servent à voir. Je pratique un art, pour m'exprimer expliquer, parfois, mes intentions et aussi mes réflexions.
Si si, la vie est un long fleuve tranquille. Seulement, il y en a qui sont dans le bateau de croisière, d'autres, c'est du style , canoë, et puis, les autres,c'est la nage, la brasse coulée, ou carrément au fond et sans tuba.

Joyeux anniversaire Fanny ( Je t'ai souhaité ton annif' avec un jour d'avance, hier, tant pis, ça fait une bise sur chaque joue) , et bises à ta ménagerie. Papa.

Roger Dautais
" Le neuvième jour du Cairn "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Les visages de la vérité.

La vérité est une femelle métaphorique
Quand l'eau se mêle au feu
Dans sa forme

La vérité est relative
Lorsque le sang se mêle au sang

Dans la nuit

La vérité est immaculée limpide
Lorsque la victime
Pieds tranchés
Va lentement


Et "la vérité est personnelle"
dans un poème.

Elle n'est ni ce qu'elle est
:
Ni son contraire.
Elle est ce qui a perlé de son ombre.

Mahmoud Darwich 1942- 2008
La trace du papillon


La vie, comme une trace dans une cour à charbon.
Jardin nu, stérile, porté par l'oubli
il propose
des festins de roi aux obèses
des os rongés aux ascètes.

L'embarquement
pour Cythère est encore un mirage de plus
et l'image
de la folle délirante, aux pieds nus courant dans les vagues
un renvoi à la case départ.

Boire, n'est plus de mise,
les peines sont lâchées
les probations proposées, et les molosses habillés de noir,
aboient après la caravane
annoncent l'ordre nouveau.

L'égérie s'ébroue dans le sperme et le lucre
Salue la dérive
à la Romaine,
avant de rejoindre sa couche,
éreintée par tant de compromis

bave à la commissure des lèvres bleues
collapsus annoncé,
écrit dans le sable

Vengeresse, elle tressaute,
se redresse,
va jusqu'au balcon,
respirer le parfum enivrant des roses qu'elle n'a jamais eues.

.Illusion, ou jardin d'Eden,
trois géraniums nains suffiront à l'affaire
pour tromper la belle,
jusqu'à la prochaine crise .

Roger Dautais
28 septembre 2009

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Ce poème a été composé après l'assemblage des ces trois photographies. Il est la résultante d'une recherhe de l'oubli ou comment accélérer l'amnésie d'une rencontre avortée. Il est compagnon de route du poème de Mahmoud Darwich, né comme moi, en 1942, décédé en 2008. Sa vérité est ma compagne de route.

dimanche 27 septembre 2009




à Fanny, ma fille,

Le monde des blogs est surprenant. On y fait des rencontres, amusantes, sympa, surprenantes, inattendues. Ca va de l'aristocrate écrivain à particule, avec la partie tête moins développée que l'autre, de fins lettrés rasoirs, d'autres passionnants, des artisssssssssssssssss, des artistes, des saltinbanques, des aveugles, de réels talents, d'excellents photographes, des chroniqueurs emportés ou passionnés ( je dois être là-dedans) qui manquent de mesure, forcément, des femmes, des hommes, enfin, on y trouve même ce que l'on ne cherche pas. Si bien, qu'à la longue, je me suis pris au jeu et petit à petit, écarté du tout land art, c'est à dire, photo land art et littérature qui va avec. J'ai trouvé ça plus drôle de mélanger le tout avec un billet d'humeur. Si on me l'avait demandé, je ne l'aurais pas fait, par esprit de contradiction, sans doute, et de liberté, aussi. Les liens, j'aime pas.
Le choix des photos que je vous présente résulte d'un voyage hasardeux dans mon grand fichier qui fatigue le P.C.
Aujourd'hui, retour en arrière sur un travail que j'ai réalisé le long de l'Orne, petit fleuve côtier de Normandie, l'Orne qui arrose la ville de Caen, et se jette dans la mer, à Ouistreham.
Une couronne, de baies, graines, comment dit-on,de ce fruit poussé au coeur de la Rosa Rugosa, après que la fleur se soit fanée. Une couronne offerte à la tranquilllité des eaux du fleuve, avant de reprendre la route.
Et puis, dans un autre lieu, la friche industrielle de la SMN, autrefois s'y élevait une usine métallurgique ayant compté plus de 6000 ouvriers. Brutalement fermée, 90 ans après sa construction, par décision politique, cette friche, après dix années, se transforme en zone industrielle. Il y a encore beaucoup de pollution dans le sous-sol. On le voit sur une photo.
J'ai creusé deux cercles dans la terre, j'en ai rempli un et laissé l'autre vide. Le trop plein, le désespérément vide, les ventres replèts, les ventres affamés, le trop d'amour qui étouffe et le manque d'amour qui assèche, le trop vite dit, le vide de paroles.
Voilà, ça voulait dire tout cela.
Un jour que je présentais ces photos dans une expo pour des enfants sourds, l'un d'eux m'interpella pour me demander : pourquoi tu as fait un fauteuil roulant ? Je ne sais plus ce que je lui ai répondu, mais j'étais content de le voir se poser une question.
Et puis enfin, le guetteur solitaire, que je suis, devant la pollution de certains sites, certaines plages, avec des décharges sauvages d'immondices. Le land art, pour moi, n'est pas un art où l'on marche avec des échasses et des lunettes de soleil, à la mode, pour ne pas se compromettre. C'est un corps à corps, un corps à coeur avec la nature, une acceptation des lois de la nature, de l'entropie naturelle, mais du refus des grands pollutions scandaleuses. L'Amoco Cadiz, quand on est Breton, ça vous parle, ça vous tatoue la peau. Je ne pratiquais pas le land art quand cette catastrophe écologique est arrivée sur nos côtes, mais j'habitais dans les Côtes du Nord. Et il y a eu d'autres livraisons ! Les pétroliers sont des gens extrêmement généreux.
Le land art, réduit à 3 photos dans un centre d'art, c'est vraimant pas suffisant, fûssent-elles des chef d'oeuvre, ces 3 photos. Ca se démocratise, mais il faut encore beaucoup ramer, quand on est come moi, landartiste, et l'eau se fait rare sous la coque.
Exposer, montrer des films, parler, rencontrer des publics, c'est mon job, depuis 11ans. Je peux bien en parler un peu, même si la forme de ce discours enagace quelques- uns.
Ils s'en remettront.
Il y 34 ans naissait une petite fille dans notre famille, nous l'avons appelée, Stéphanie, mais pour moi, c'est Fanny et je l'aime, autant que vous le sachiez, aussi.

Roger DAUTAIS
Jour Anniversaire
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

samedi 26 septembre 2009



à Yannick...

Trop simple, trop vert, trop tordu, trop droit, pas assez de lumière, aucune expression, inintéressant, trop prétentieux, trop modeste, trop " à côté", trop débile, trop pauvre, trop riche, trop sensuel, pas assez modeste. Enfant, je me disais
qu' il n'y aurait jamais de place pour moi dans ce monde savants. Comme j'avais raison. Enlève ton pathos, lit Bégodeau, tire toi de là, va chez ta mère, mouche ton nez, ne rigole pas, sois sérieux des fois, pauvre petit moucheron. Oui, mais le land art, il est où là-dedans. Justement, on en parle. Ca ne se voit pas, n'est-ce pas. Tire tes étoiles juives, dégage tes obus ( cairns) supprime tes gisants, n'emploie pas le feu, prosterne toi devant les spécialistes.
La fragrance de l'air m'importe plus que ce flot d'injurieux propos à mon égard. Mais il faut les entendre, les lire, les vivre pour comprendre ce mépris affiche qui ne se fonde que sur un passage de leur vie au pouvoir.
Lorsque je me promène avec mon épouse dans les rues de Honfleur et qu'à table sur le vieux port, les riches dégustent à la terrasse, ça me fait le même effet, cette envie de trop plein accumulé pour nourrir les poissons, quand tu as le mal de mer à bord d'un bateau. Pourtant, en en rêve du restaurant, alors, on y va parfois, oh, pas si souvent que ceux passant leur temps à me souhaiter une vie plus modeste. Car il faut se la jouer modeste, "comprenez-vous", marcher à l'ombre, ne pas déranger, dire bonjour à la dame, être poli. C'est comme ça que l'on mange au restaurant sur le port de Honfleur. Mais alors, et les crève la faim, les "qui font la queue au restau de coeur ( au quoi ?), les SDF, les ombres de Sangatte.
Ben ( c'est une expression normande, enfin, je crois, je n'suis pas d'ici) Ben... S'ch'ais pas...Y z'ont qu'à se s'dém....(dans un livre, j'écrirai le gros mot, mais sur le Net).
Pardonnés, tous ces pauvres, qu'ils continuent à se promener sur les quais de Honfleur, je leur en donne la permisssion, et je défilerai avec eux devant les plats de langoustine(Bon dieu, que c'est bon, avec de la mayonnaise)
Moins on en a, plus on en rêve, vous connaissez.
J'ai eu le temps de rêver, dans mes placards, d'apprendre la vie, aussi, mais pas comme à l'université. Ça change quoi? Ça change tout dans le regard des gens et c'est pour cela que je ne m'y arrête plus. Je choisi mes regards et là, je m'y noie.
Pratiquer le landand, pas plus qu'écrire des livres pour enfant, avec illustrations, s'il vous plaît, je n'en ai pas le droit. Il faut donc faire, sans le droit. S'autoriser soi-même et dire ce que les gens lisant ce blog ne savent pas obligatoirement. Achetez le livre d'artiste Fol'Art ( aux Editions Syllepse Paris) vous y trouverez en plus un film qui raconte mon parcours du combattant, dans la vie. C'est une grande artiste, aujourd'hui disparue, Yvonne Guégan, qui a permis ce sacrilège. Elle est venue me pécher dans l'ombre du cachot. Elle trouvait anormal que je ne sois pas connu, reconnu avec ce que je faisait. Mais elle était bien la seule. Depuis, hormis la crise, bien sûr, qui
n 'atteint pas les artistes - difficile de tondre un oeuf- ça va mieux. Il suffisait d'attendre 60 ans. Les prolétaires, c'est toujours impatient et comme me dit mon beau frère: " leur donnez pas d'argent, ils vous le rendent jamais". Il plaisante, beaucoup.
Je suis dans la lecture du dernier livre de Guy Allix,
Maman, J'ai oublié le titre de notre histoire*. C'est ce qui m'a" déclanché" cette page .
Vol de nuit ? Non, fraternité...
Salut, Guy,
à
bientôt.
Roger Dautais
"Les langoustines à la mayo"

Photos et création Land art Roger Dautais
" Autour de la mare aux oublis " May sur Orne. Normandie.

* Maman, j'ai oublié le titre de notre histoire Librairie-Galerie Racine-Paris 2008

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Il y a des gens qui enjambent ce que j'écris comme on enjambe un clochard sur un trottoir, et ne me parlent que des photos, même pas de land art. Tout est dans le même paquet, Messieurs, Dames et je n'attends aucun compliment. Quand ils arrivent, sincères, ils me mettent en joie, mais ça dure pas longtemps.

vendredi 25 septembre 2009




à Jeanine H. dans sa nuit éclairée...

Si j'aime Jeanine, bien évidemment. Je n'en parlerai pas ici, autrement.
Elle est arrivée dans notre Maison de Retraite de Rivabel'Âge, il y a deux ans. Notre établissement est situé dans une petite ville du nord-ouest de la France, le port de Ouistreham.
Elle venait de la région Parisienne où elle vivant avant d'être atteinte de cette maladie d'A.
Jeanine est soignée,entourée d'un personnel compètent et dévoué. Il le faut pour travailler avec de tels patients. Elle est suivie par son médecin, notre psychologue et consulte des spécialistes quand il le faut. Depuis quelques mois, j'ai observé une dégradation de son état général. Il faut dire que Jeanine est l'une des patientes accueillies dons mon atelier d'art thérapie, situé au sein même de la Maison de Retraite. Je vais vous décrire ce que j'ai vécu avec elle, hier, enfin, une partie.
Après être allé chercher chaque patient et les avoir accompagné jusqu'à l'atelier,tout en parlant, le long du parcours ( c'est important, ces préliminaires) nous arrivons tous les cinq dans l'atelier d'art thérapie.

Jeanine - Oh, c'est beau,ici
moi-même - Vous trouvez ?
J- Oui, toutes ces couleurs.
M- Ça vous fait plaisir, Jeanine
J- Oui, je n'étais pas revenue ici depuis mon enfance, alors, vous pensez.
M- ...
J- Bon, alors, on fait quoi ?
M- je vous l'ai dit, Jeanine, on va peindre ensemble.
J- Ah ! mais je n'ai jamais peint. .../
J'installe tout le monde à sa place et verse de l'eau dans les gobelets. C'est le signal de départ. Nous allons peindre, ensemble. Les rituels sont des repères très importants dans ce genre de thérapie, ils aident à deshiniber, recentrent sur le sujet, amorcent le lien entre le thérapeut et le patient qui entre dans un cadre particuler d'attention.
Deux patients continuent le travail de la séance précédente et deux vont en commencer un. Pour une fois, je vais dessiner devant eux, le modèle proposé.
Là, il faut le dire, y a un avis par personne, concernant la pratique. Peint-on, après avoir dessiné, ou directement, ou pas du tout, ou sur une feuille carrée, du journal, debout, assis, bref, ça alimente surtout le débat de ceux qui ne font rien.
Je dessine devant elle ce qui la ravit et la passionne. Elle rapproche son fauteuil de la table.

M- On y va, Jeanine
J- oui,
( on s'appelle par nos prénoms et on s'embrasse au moment de se quitter. Les patients apprécient cette proximité mais je ne le fais que s'ils l'acceptent. Après quelques semaines,c'est naturel,chez eux et ils le demandent.
M-...
J- On y va...où ?
M- Peindre,
J- Peindre quoi ?
M- Ce que vous avez devant vous, un paysage d'automne.
J- Ma mère ne voulait pas que je peigne...Elle va me gronder
M- Elle va être heureuse, au contraire.
J- Vous croyez ?
M- Oui, je crois.
J.- Alors, on y va.
Je la regarde, malgré ses 83 ans, c'est une toujours jolie femme, pleine de charme, mais elle en perd chaque semaine, du charme, car sa maladie la ronge. Aphasie, agueusie, agnosie, vous savez les 3 A de la Maladie d'A et tout ce qui va avec, confusion, troubles spacio-temporels, fugues, agressivité, dépression, perte de l'estime de soi, perte de la notion d'être. Elle est devant sa feuille mais rien ne se passe. Trop inhibée. Je l'aide. Nous entonnons la Taccatacatic du gendarme, de Bourvil, et je fais le clown. Elle rit aux larmes, entraînant Léa qui est sourde mais me voyant, se met à rire à son tour et Germaine qui du haut de son 1.58m et ses 93 ans, rit comme une petite fille. Il n'y a guère que Henri, dûr d'oreille qui ne goûte notre petite récréation.
Je recentre le travail Le ton de ma voix, change, plus directif, mais contrôlé.

M- Jeanine ?
Elle sursaute et me regarde.
M -On y va ?
J- Oui, on va où ?
Il y a un tel lien de confiance et d'amour humain entre nous qu'elle me suivrait partout ! C'est le résultat d'un travail recherché et atteint qui permet de mètre en oeuvre tout le processus thérapeutique de la séance. Comme le précisait un médecin spécialiste de la Maladie D'Alzheimer, le Docteur O.L., donnant une conférence à laquelle j'assistais hier, à la Maire de Caen, " thérapeutique ne veut pas dire guérison, mais la thérapie est un soin". Elle répondait ainsi à un détracteur estimant que, pratiquer de pratiquer l'art thérapie, ou la musico thérapie, par le chant, s'il n'y avait pas guérison, il ne fallait pas faire de frais avec ce type de malades( L'eugénisme n'est pas loin). Mais enfin ni elle ni moi, ne referons le monde,nous passons de notre temps auprès de ces patients, chacun avec ses compétences , parce que nous les aimons , avant tout et que notre vision holistique de la personne, je me répète, est une des bases de cette philosophie humaniste dont ces techniques sont inspirées.

Je demande à Jeanine:

M- De quelle couleur allez-vous peindre cet arbre d'automne ? ( volontairement, je décris une saison avec ses couleurs chatoyantes car nous en avant parlé au début de la séance)
J- Ché pas.
Elle s'avachit et prend une allure d'enfant molle. Elle se couche sur son dessin.
M- Jaune...Rouge...?
J- Jaune
M- Il est où le jaune , Jeanine?
J- Là.
Elle prend le pinceau que je lui tends et le trempe dans la couleur rouge. Puis elle va peindre l'arbre pendant deux minutes avant de me demander en me regardant :

J- Mais pourquoi c'est rouge, pourquoi j'ai fait une tache rouge ?
Elle a oublié qu'elle peint, elle a tâché son papier et sort un mouchoir pour nettoyer la tâche. Je l'arrête.
M- Jeanine, on va peindre l'arbre ensemble et puis je vous donnerai un chiffon pour effacer la tâche.
J- C'est moche
M- Qu'est-ce qui est moche, Jeanine ?
J-...
Elle regarde Germaine .
J- Vous trouvez pas qu'c'est moche ?
Germaine - Non, j'aime bien le rouge
M - Jeanine, on reprend, vous allez peindre votre arbre rouge, tranquillement.
J- ça n'existe pas les arbres rouges.
Germaine - Si, les érables...et toc

Germaine dit souvent et toc, avec un air malicieux dans les yeux.

J'arrête ici en précisant que Jeanine a terminé sa séance d'une heure, apaisée, heureuse et qu'elle s'est perdue, aussitôt en quittant mon atelier pour se rendre au restaurant avant que je ne la rattrape et la ré-oriente dans la bonne direction.

Me vient en tête cette publicité ou l'on voyait une jeune femme sortant d'une piscine et marchant sur un dallage bouillant sous le soleil du midi. Elle laissait la trace de ses pas sur les dalles mais ceux-ci s'effaçaient au fur et à mesure de sa marche.
Ce que vit Jeanine est comparable à cela et sa mémoire défaillante efface sa vie, pareillement.

C'est une passion de pratiquer l'art thérapie qui dépasse de bien la technique apprise. C'est un engagement; un contrat pris avec la vie, une course contre l'oubli.
Il n'est que de constater l'affluence des gens durant cette semaine consacrée à la Maladie D'Alzheimer, par laVillede Caen et ses nombreux partenaires, pour prend conscience de ce phénomène d'inquiétude entourant ce mystère. En parler comme l'on fait les intervenants, c'est dédramatiser sans minimiser, c'est redonner un sens humain à cette disparition de l'être qui reste vivant et différent devant nous.


Comment sortir de ce tunnel ? La science nous en donnera-t-elle les moyens , l'immortalité passera-t-elle éternellement par l'Académie Française , ce qui réduit considérablement mes chances et l'humour persiste-t-il quand on est Alzheimer. J'ai simplement une partie de la réponse.
Oui, l'humour accompagne ses personnes,assez longtemps, alors, n'en déplaise aux comptables de la rentabilité à tout crin, l'humain, l'artistique, l'amour, auront toujours une place dans cet acompagnement.

A ceux qui me lisent tous les jours, je peux dire qu'il reste encore toute cette journée pour assister à des animations et spectacles autour de ce thème , à la Mairie de Caen.
Respect à Philippe Bertin, photographe, plasticien , Olivia Rosenthal, auteur et comédienne, et Nicolas Devos, réalisateur, pour leur création commune accompagnant cette semaine où chaque initiative aura permis au grand public de trouver quelque réponses à son inquiétude ou son besoin de savoir.

Roger Dautais
Quelques pas dans ta nuit éclairée...

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Créations Land Art et Photos : Roger Dautais

jeudi 24 septembre 2009



aux moulins à vent...


Ils nient l'évidence
tuent le temps
assassinent le rêve
enferment les idées.
Ils défilent en cadence
haranguent les foules
Interpellent
montrent l'avenir
expliquent le grand tout

et oublient
d'être humain

Roger Dautais
nuit du 23 au 24 septembre 2009

Pourquoi le choix de ces trois photos : j'aime le froid et il revient, je suis né en hiver et cette saison m'inspire et enfin parce que l'errance a repris dans le nord pour des femmes des hommes et des enfants. Cette inhumanité qui partage le monde entre ceux qui ont de trop et ceux qui ne possèdent rien, n'est pas une fatalité. Il faut sans doute avoir connu l'errance pour s'en rendre compte et encore, je ne sais pas si cela suffit.
A ceux qui me disent que je montre toujours les mêmes photos, je réponds qu'il m'en reste plus de 20 000inédites. Je leur réponds également à ces exégètes , que la Spiral Jetty de Smithon est leur icône, qu'il la montrent depuis des dizaines d'années, qu'ils s'appuient sur elle pour raconter, raconter et encore raconter dans "Leur livre" le seul qui vaille sans se demander si c'est du revu.
Smithson est un grand artiste que je respecte, certes, mais je pense que nous avons droit d'intéresser aussi. Ma démarche n'est pas dans le "plaire" quand je crée ou lorsque j'écris ces lignes. C'est ma vie et j'assume le fait d'être comme je suis. Le mépris ne mène pas à grand chose et tant de spécialistes vivent avec des lunettes d'aveugle ! L'humanité ne s'arrête pas à ce que l'on sait ou à ce que l'on croit savoir. Ne vous étonnez pas d'être mordus par nous, vous considérés comme des chiens errants.
Le land art n'est qu'une expression et avant d'exprimer, il faut penser, puis faire, et ensuite montrer. Ne l'oubliez pas. Jamais vous ne pourrez dissocier la création de l'artiste, si, dans vos discours,( et c'est cela qui est grave) mais je garderai, du moins, tant que je serai lucide, cette vision holistique de l'homme, qui prime en tant que telle sur toute autre spéculation intellectuelle et intéressée.

R.Dautais 24 septembre 2009

Ces photos font partie de mon exposition itinérante portant le nom LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS" composé de 50 pièces 50 x 60, encadrées sous verre avec passe partout. J'accroche cette expo à la demande.
Elle peut être accompagnée de films land art, de rencontres avec un public, de conférence sur le sujet, de travail et de création "in situ" avec des groupes d'élèves, des groupes d'adultes, des personnes handicapées. Elle peut être présentée en prison, ou en hôpitaux spécialisés.
Cette démarche est un choix de ma part et repose sur une grande expérience de ces publics empêchés avec qui je travaille en qualité d'artiste, depuis longtemps.

Les photos de mes instalations land art,les textes que j'ai écrits et qui les accompagnent, ne sont pas libres de droit.
Vous pouvez vous renseigner en m'écrivant : roger.dautais@numericable.fr

à Francis Eustache,
Professeur en neuro-psychologie, et à son équipe de chercheurs ...





































Dans un seul regard,

Dire
Toute l'humanité
D'un départ
Définitif.

*

Adieu,
Jamais...
Au diable !
Au secours...
Déjà, la fin
De la partie,
S'annonce brûlante.

*

Hier
Tu appelais ta mère,
là,
Au seuil de la Maison-Amnésie,
Tu hésites.

Basculer, perdre la tête
N'est pas évident.

*

Allons ensemble
Encore une fois.
Il est temps de sentir l'automne
Qui s'envole en nous.


La maladie d'Alzheimer continue à faire des ravages dans la population et fait peur, à juste raison. Pourtant, c'est par la diffusion d'informations scientifiques dans le grand public, qu'il sera possible de la dédramatiser. La recherche progresse. Une équipe de plus de 70 chercheurs, oeuvre sous l'autorité scientifique du Professeur Francis Eustache, à Caen. C'est en assistant à sa conférence de cet après-midi, organisée par la Mairie de Caen, et àprès m'être entretenu avec lui qui j'ai pensé à lui dédier cette page qu'il partagera avc ses collaborateurs. J'étais allé, au par avant, visiter le travail du photographe, Philippe Bertin. Installé dans la salle d'honneur de la mairie, cet artiste qui a travaile en équipe, a scénarisé, dans un espace ressemblant à une sorte demanège où sont regroupées les photos d'objets ayant servi à animer des ateliers mémoire, pour des personnes atteintes de cette maladie. On peut entendre par un système de casques, les voix de ces personnes, lien d'humanité indispensable pour nous faire comprendre que derière l'esthétisme, un drame humain, se joue, en grandeur réelle et sans décor.
Je pense à Jean, aujourd'hui décédé, après qu'il ait contracté cette maladie. Il venait dans mon atelier d'Art Thérapie et je constatais chaque semaine que le mal progressait. Un jour de lucidité, il me dit : " Tu sais Roger, parfois, je ne sais même plus que je suis un homme ". A mes yeux, il restait cet homme élégant, cultivé et très aimable, que j'avais commu au début de sa maladie. Et puis, comme beaucoup d'autres, je l'ai vu disparaitre derrière l'horizon, à tout jamais.
Révoltant. Révoltant, cette coupure avec le monde, avec les proches, avec eux-mêmes. Nous passions pourtant de bons moments et même quand, trop avancé dans la maladie, il arrêta de peindre, il vint encore pendant plusieur séance pour être avec le groupe. Après, j'allais le voir dans sa chambre.
Voila 18 ans que je cotoie ces persones âgées, et lorsque l'éqiuipe soignante me coopta, je répondis présent. Des histoires humaines, j'en ai des dizaines à raconter et me direz-vous, quel rapport avec le Land Art.
Cherchez.
Mes spirales, le les nomme "identité" parce que dans ma pratique de soignant, je cotoie des personnes qui ont perdu ou vont perdre la notion d'identité. Ce qui nous rattache à nos origines, à la terre, à l'humanité, ce qui nous définit en tant qu'être, citoyen, c'est bien cette identité. Singularité d'une vie, d'une maladie qui nous sépare du reste de l'humanité et que nous pouvons adoucir par un changement de comportement envers ces malades. Dire que la recherche en ce domaine est plus qu'important, serait insuffisant. Ces chercheurspasent leur vie et essaient de donner un sens à cette dérive, ce bateau ivre chargé de toute la missère du monde et que certains vouent aux gémonies. Il est bien que les responsables politiques s'engagent à soutenir cette recherche, s'ils le font effectivement. Aucune de ces personnes malades n'est capable de comprendre les effets d'annonce, si rien ne se passe après, mais le confort de vie qu'il leur sera apporté par ces moyens financiers, participera au bonheur de l'humainté, si cela existe encore. Roger Dautais

mardi 22 septembre 2009

à mon frère, Jacques...







































État de poésie :toutes choses alentour, en suspens, vibrantes, comme prêtes à parler. Mais nous n'entendons pas la langue. Il n'y a poésie que tant que nous ne l'entendons pas



Roger Munier
Contre-jour


Je n'ai plus de mots, la mariée de Camaret sort de l'église sous une pluie de riz. La fatigue du voyage rend les pierres plus lourdes. Je dois aller chercher les plus grosses au bas de la plage et les remonter, une à une, collées sur mon ventre. Cela amuse les rares touristes présents. Je monte deux cairns pour marquer mon passage. Une année, j'avais élevé trois cairns dans une friche industrielle de la banlieue de Caen, des mastodontes de plusieurs tonnes, et trois mètres de haut. Rien à voir avec ceux-ci, ni avec ceux de Gréoux les Bains, ni ceux de Matmata, et Tunisie, ni ceux de ... C'est toujours pareil, remuer c'est remuer tous ces souvenirs. J'ai l'impression d'avoir commencé une grande série, il y a onze années et que je ne peux achever. Celui dYvonne était le plus beau de mes cairns à feu, mais au fond d'une carrière désaffectée,
il n'avait pas l'élégance des cairns marins.
J'ai toujours en projet la série de cairns à la Pointe du Hoc, en Normandie sur le site des plages du débarquement et ceux de la série des neuf vies d'Aminata, femme touareg, pour le nez de Jobourg. Ces travaux m'attendent, peut-être pour cet hiver. Il y a,aussi l'ïle d'Aix, en Atlantique, probablement, pour le mois d'octobre.
Lorsque nous reprenons la route pour retrouver notre gîte de Locronan, la mariée s'est envolée, pas le riz.

Roger Dautais
D'autres pierres pour demain

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS


lundi 21 septembre 2009

à Youenn Gwernig

TIR NA GOZ
( Le paradis des Celtes)

J'ai vu l'étoile polaire, ce matin, et Orion, Cassiopée, les pléiades. Allumé ? non, j'étais aujourd'hui sur notre terrasse, à six heures. C'est de là que je salue le monde, tous les matins. Après je peux vaquer...
Les étoiles me ramènent à l'enfance, si troublée, su dure, à mon père, aussi, qui m'emmenait dans la nuit noire de son grand jardin et m'apprenait les étoiles. J'avais très peur,à cinq ans, en 1947On est petit, à cinq ans !. Ça fait loin quand même. Mais la mémoire marche bien, c'est une sorte d'ascenseur. J'ai continué de lever les yeux au ciel. Maintenant, après les bondieuseries, je crois que le ciel nous présente suffisamment d'espace pour y développer notre imaginaire. Pas besoin de se battre pour savoir quel est le meilleur dieu.
Hier, avec Marie-Claude, nous avons rencontré un couple de commerçants à la foire de Caen, lui, Tunisien de Nabeul, elle, parisienne, mariés depuis plusieurs années. Ils vivent six mois ici, six mois là-bas. Nous leur avons acheté de la vaisselle et parlé de land-art.
Ah, je me demandais pourquoi je vous parlais de tout ça. Il se pourrait bien qu'un de ces quatre, nous retournions en Tunisie et comme son épouse, qui est aussi photographe a parcouru la Tunisie du nord, au sud et d'est en ouest, elle nous indiquera des sites. En attendant, nous avons parlé de Matmata et de mon travail là-bas, cet hommage aux tombes berbères disséminées dans la montagne.
L'orientation, c'est vital, c'est même une fonction très abîmée chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, dont, en passant, c'est la semaine où l'on médiatise et communique sur ce sujet. A suivre, on manque de bras. Je côtoie ces personnes depuis 18 ans, je peux en parler un peu. Que vous soyez landartiste ou retraitée dans une institution, c'est toujours une difficulté supplémentaire que de se perdre.
On s'est perdu plusieurs fois, dans notre voyage en Bretagne,cet été. C'est vrai, nous ne faisions pas la course sur l'autoroute. Là, on vise entre les deux glissières de sécurité et c'est tout droitça évite de se perdre, on va vite, mais on ne voit rien. Non, c'était à pied, à Lanleff, ou sur l'île de Bréhat, ou sur la presqu'île de Crozon. Mais, c'est tellement beau et puis c'est tellement notre pays que nous n'allions pas nous plaindre. Les gens l'oublient, je suis Breton et Marie-Claude, aussi.
Donc, nous avions fait un voyage de 7 jours pour réaliser des installations land art, légères, très" dans le mouvement du voyage" et en changeant plusieurs fois de site, par jour. Nous somme donc passés par le Menez Hom, haut lieu Breton . Dominant la baie de Douarnenez, il nous permet, dans un 360°, d'embrasser toute la campagne environnante, depuis son sommet. Fin août, nous n'étions que 4 ou 5, de quoi apprécier le calme par un temps légèrement couvert mais sans vent.
Je me sentais, collé à cette montagne, plus Breton que jamais, j'aurais voulu gueuler dans l'espace "Gwerz an Harluat", la complainte de l'exilé, de Youenn Gwernig. J'aurais voulu rentrer en terre, exactement là-haut et ne plus entendre toutes ces attaques, pas ceci, pas cela, pas comme ça, trop de ceci, horsain, fac totum. Ah oui, même avec 7 ans de latin-grec, je ne connaissais pas cette insulte, car dans la bouche de cette garce, c'était employé pour m'écraser. Elle n'a pas réusssi.Alors, j'ai ramassé des pierres blanche, avec Marie-Claude, cette femme qui me suit et prends des photos sans ma permission. Puis je les ai arrangées, semées,comme on sème des petits pois, mais avec un brin de fantaisie, en rond, en couronne, comme je l'avais fait, quelques jours avant,dans les chaos du Gouet. Le cercle, le symbole parfait, toujours au nombre d'or, bien sûr. Le cercle qui unit, l'anneau d'alliance. Une pierre, une femme, une pierre, un homme, une pierre, un enfant,une pierre, un mort, une pierre, un vivant, une pierre, un chant, une pierre, une voix, une pierre, une hermine, une pierre, une pipe en bois, une pierre, une guitare, une pierre, Anne, une pierre, Youenn,une pierre une cornemuse, une pierre, une bombarde, une pierre, Gilles, une pierre, angèla, une pierre une gaïta, une pierre,Alan, une pierre, une harpe, une pierre, Yvon, une pierre, Lucien, une pierre, Nolwenn, une pierre, Hugo, une pierre, Léone, une pierre, Auguste, une pierre, Marie, une pierre, Fanny, une pierre, Tony, une pierre, Vincent, une pierre, un silence, une pierre, Marie-Claude,une pierre, la mer, une pierre, la terre, une pierre, le feu, une pierre, l'air, une pierre et le cercle est fermé. Mes vivants, mes morts, tous en haut, tous en bas. Pas un qui ne manque à l'appel et rappelés ce matin pour cette fin de nuit sous les étoiles, pour ce "Kan ha diskan ".
J'ai reçu tant de pierres pour mes fautes, qu'elles soient d'orthographe ou de conduite, que je les utilise maintenant pour monter des cairns. Même l'humour gène mes détracteurs et pourtant ce très jeune blog se développe vraiment très bien. Cela m'indiffère, ces contre-louanges, et les louanges ne font pas grandir, il faut marcher entre les deux,comme je l'ai écrit à un copain, ce n'est pas eux qui m'auront, c'est la vie,comme ils seront un jour, rectifiés, eux aussi, malgré leurs rêves d'immortalité. Ça peut quand même pourrir la vie, ce genre de moralisateurs. Il suffit de ne pas se laisser faire.

Je vais continuer à vous montrer des réalisations de cet été, à vous parler de Gwernig, Xavier Grall, Yvon Lemen, Kerouac, Guy Allix et peut-être un jour d'un homme discret et très connu, que je suis allé visiter plusieurs fois chez lui, Jean Rivet et, aussi, un autre jour, de François, vous savez, De Cornière. Bon mélange. Je vais encore me faire allumer, un ouvrier, un artisan ne parle pas des gens de lettres.
Mais, je vous les présenterai tout en continuant à choisir des poèmes du monde, en langue du pays, histoire d'ouvrir la fenêtre et d'élargir l'horizon.
Youenn, elle est pour toi la couronne de pierres blanches pour que tu la partages avec le Menez hom. D'accord ?
Kenavo

Roger Dautais

Photographies du Menez Hom Marie-Claude Dautais août 2009



dimanche 20 septembre 2009

àGuy Allix,
tout simplement..


























C'est un noisetier , un coudrier comme aurait dit mon grand père en le saisissant de ses mains calleuse, pour me l'apprendre.
Il est sur ma route, cet arbre,dans le bois, et j'imagine de construire une sphère avec ses branches souples. Une sphère qui m'accompagnerait pendant toute une année, traversant les saisons, les lieux, l'histoire de ma vie, aussi. Il faut que je m'y mette. Evaluer, mesurer,couper, courber, attacher, lier. La mare est là qui m'attends pour faire tremper le bois. J'aurai voulu le connaitre, Grand père, jardinier du château et sourcier de son état. Il m'aurait appris le maniement de la baguette de coudrier. Mais voilà, il est parti avant mon arrivée sur terre. A chaque fois que je travaille ce bois, je pense à lui, là-bas, en Loire Atlantique. Des le lendemain, j'emporte la sphère vers un endroit ou je sais trouver un saule de bonne taille qui me procurera des branches souples et solides pour continuer ce travail de vannier. Je travaille à l'ombre. La sphère devient un bel objet. Je me dirige vers l'estuaire de l'Orne. Lorsque le fleuve se retire, je peux écrire sur les glacis des berges. Il ne faut pas tomber, le courant ne le pardonnerait pas. Le land art se marie bien avec l'écriture et puis associer cette sphère au voyage du poète que fût et reste Youenn Gwernig, parti vers les Amériques réaliser son rêve, c'est quand même pas mal, n'en déplaise aux classificateurs qui trouveront mon rapprochement, inepte, iconoclaste. Mais le vers d'un de ces poème An Diri Dir ( c'est du Breton, les escaliers de fer), je l'emploie comme une maxime depuis le début des années 80. Ces adorateurs de Kérouac soixantehuitards dirigeants, qui roulent en 4 x 4 et nous disent comment faire pour être dans le coup, me le reprochent.
" Car il faut que chacun compose le poème de sa vie"
pas mal comme programme, non ? Guy Allix, cet autre poète authentique, oui, je suis en recherche d'authenticité, comme d'autres, d'un Mac Do, que Guy me pardonne de le rapprocher de la mal bouf, parle d'avoir appris avec une ville " à marcher sa voix". Rien de drôle, Woody Guthrie, apprenait le Boogui woogie, le cul assis sur le plancher des trains qu'il prenait, au vol, comme tous les" Hobbo " de 1929 dans le grand sud Américain pour fuir Dust Bowl, la misère du monde, la poussière, le vent, sècheresse tueuse de femmes, d'hommes et d'enfants. Ah, c'est beau la Nature et les petits oiseaux, mais bon Dieu, ce n'est pas que ça. L'urgence nous apprend ces choses, le rythme, le détachement, le souffle, en fait, c'est la vie, pour sauver sa peau, poursuivi, l'homme s'allège et garde le souffle, le rythme, le détachement des contingence. Un peu comme les sans papiers de Sangatte.
Un type m'avait qualifié de poète urgentiste, croyant m'insulter, j'avais trouvé ça, génial. Allix est un urgentiste des mots. La quintescance, l'essence, la fragrance des mots, il connait,il est de la race de seigneurs libres, des sans terre, des Gwernig. Tenez, lisez, pendant que j'écris dans la marne, quelques unes de ses lignes :

.../
Tu reprends voix dans la révolte
Tu reprends vie
Tu reprends cri

Poussé le premier mot
Arraché du sang véritable
Le poème t'avoue dans un autre lieu
Moment propice d'une irruption de vivre
d'une éclosion de souffle


Ton seul pays au dedans de ton corps étonné.../


J'ai pris cela à l'intérieur d'un poème dédié à Andrée Chedid. Ce n'est pas rien, respect au passage, Madame.

Ce don des mots, ce jaillissement de l'inspiration transcendé par une fugurance qui dépasse Allix, oui, il est bien au-dedans de ce pays où le seul repos ne peut être que la mort ou la maladie.

Le land art est pour moi, écriture dans le grand livre et tant pis pour les puristes, ce n'est pas fait pour eux. Ils sont tellement en avance, les pôvres !
Le PORTAIL DU LAND ART et son équipe de journalistes, présente et défend cet art et vous
m 'y retrouverez en catégorie pro, en très bonne compagnie. Je veux leur rendre hommage également, car nous y sommes invités, nous les artistes, gratuitement et fort bien présentés. Il suffit de chercher ROGER DAUTAIS,c'est moi et vous trouverez des détails sur ce voyage de la sphère . Cette fenêtre ouverte sur le monde m'a permis de me mettre en relation avec des artistes Américains, Canadiens, Marocains, Tunisiens, Italiens, Suisses, Allemands, Belges et bien sûr, Français. C'est un bon résultat et c'est gratifiant. Qu'ils en soient remerciés par les visites que vous leur ferez. Ils sont en lien sur mes sites préférés.

Vous voyez, le voyage,quand on y met le pied, c'est parti, déplacements, travail, installations, photos , videos, rencontres. Regardez ce qui s'est passé avec Amba Till, nous travaillons à un livre commun. Justement elle en parle de" Grand Bleu l'Extr'aime" dans son blog du Monde. C'est en lien également sur mon blog, dans les préférés, ça fait partie du jeu, le mélange des genres, le risque, la vie., en somme.
Vous voyez bien, je n'en ai pas fini avec cette histoire de land art et il faut bien que je vous la raconte.
Un jour, je vous parlerai des VACHES NOIRES, de rencontres, au pied des falaises de Villervilles, en Normandie. C'est pas loin de Deauville, vous vous souvenez chabadaba chabadaba, de Claude Lelouch , mais avant, je reprendrai le récit, pour l'achever, de mon voyage en Bretagne avec une Bretonne aux yeux bleus, Marie-Claude, ma femme. Hier, elle pratiquait le Land Art avec moi, au pied des Vaches Noires, entourée d'un groupe de 80 personnes.

Roger Dautais
" Pages d'écriture nomades "

Je vous recommande vivement l'oeuvre de Guy Allix, vous le trouvez en bibloithèque, chez les bons libraires. Le livre dont j'ai cité quelques passage : LE DERACINE chez ROUGERIE 1997 mais il en a écrit pleind'autres depuis. Recherchez le sur Google.

jeudi 17 septembre 2009

à Loulou et Jean A.
Amis Normands, sur le chemin...





L'irrémédiable joint ses forces

Tenaille ton nom courbe ton souffle


Le temps fulgure et t'étonne.

Guy Allix. Le déraciné.



Ce poème du siècle dernier, 1997, semble oublier les flonflon de l'an 2000, et la dansede feu de la Tour Eiffel, pour nous parler de la vie, telle qu' elle se présente, éphémère, dans sa nudité
Je répondais, hier à un jeune homme qui s'étonnait du mal entrepris à réaliser des installations de land art, suivi de l'abandon des ces "oeuvres" qu'il ne s'agissait pas, en fait, d'un abandon, mais d'une distance. A ceux que le blabla de l'art contemporain "bassine" et qui remplissent leurs blogs de points de vue vaseux sur le land art et prétendent que lever le bras ou faire cueillir une marguerite à un enfant pour qu'il la pose sur l'herbe, est de l'art, voire du land art, je dis,qu'ils se trompent. C'est parfaitement leur droit, mais de là à en faire une tribune, c'est un peu fort. La vie de chacun se déroule avec un parcours dont il sera comptable à la fin de la partie. Que des expériences humaines douloureuses trouvent leurs solutions dans la pratique d'un art, au point d'en devenir, le socle, c'est le cas pour moi, au nom de quoi, ces personnes se permettent-elles de juger. Certaines situations vécues sont initiatiques et transforment tellement les êtres concernés, qu'elles valent tous les diplômes de la terre. Ceux-là mêmes à genoux devant l'art aborigène Australien et qui revenus en France, refusent de partager la table de restaurant de la cantine du lycée avec un prof. de dessin, parce qu'il n'est pas agrégé, comme eux, m' intriguent par leur humanisme à quatre sous. Ceci dit, le land art, art pauvre, art marginal, art rebelle, on entend toute sorte de belles choses, est justement un art de retour aux sources qui dans mon cas, se veut libératoire. Libératoire d'énergies, propre à me garder en bonne santé, ça compte, lien, avec la Nature, Outil de communication intergénérationnel avec mes semblables, monnaie d'échange, laboratoire expérimental, "in situ " de ma propre vie, ma propre finitude, ma sénescence débutante. Qui s'arroge le droit de me juger la-dessus ? Distance ne veut pas dire , abandon, bâclage du travail, car avant la distance, il y a la compréhension de la Nature, le choix du site, l'inspiration, le choix des éléments, l'installation Land Art, proprement dite, le travail de prise de vue photographique, le tournage vidéo, ou télévisé le choix des photos, la publication de celles-ci, les expositions, les conférences, le travail avec les écoles, les lycées, les facultés, le même travail, mais à l'étranger, et puis dernièrement, ce blog., qui fait partie de la sélectio Nationale du PORTAIL DU LAND ART( à voir sur Internet Non, c' est trop facile de vivre sur des échasses et de mépriser qui se trouve sous son horizon. Tout n'est pas"bling bling". land artiste, je suis aujourd'hui et peut-être demain, mort. Alors, pourquoi garder, conserver, compter, thésauriser. Je comprends que certains voient la vie comme cela, mais qu'ils foutent la paix aux artistes. Je voulais dire à ce jeune homme de bonne famille que personne ne détient la vérité et que cette apparente vérité doit être éclairée pour ceux que la lumière n'éblouit pas. Nous avons tellement parlé de cela avec mon ami Jean, grand initié, âgé de 80 ans , sage et poète, architecte, pendant toute sa vie, ayant oeuvré à la reconstruction de Caen, ville martyre, de France, ville rasée, par les bombardements de 1944. Le détachement, il connait. Malgré son grand âge, il est venu me voir tant de fois sur des réalisations "in situ". Jamais il ne s'est étonné de voir la mer monter, et engloutir mon travail de land artiste. La mer, c'est sa vie de monter et descendre, ici au rythme des marées. Il ne manquerait plus que ça, de l'arrêter avec mon travail. De plus, il sait que le rêve subsiste dans le cerveau de l'homme. Qui sait faire rêver son prochain n'a pas totalement perdu son temps sur la terre. "onéreux" de ces peintres qu'ils Je laisse aux pseudo- critiques, aux intellectuels imbus et obtus, le plaisir d'être contents d'eux-mêmes et je retourne à mes spirales, les mêmes (quelle honte) qui me permettent de dire mon identité dans les sables . Qu'ils m'expliquent les peintures monochromes ( toujours les mêmes, quelle honte) des grands peintres contemporains et, ce qu'ils font dans les coctailsexècrent. Il faudrai que je me fasse sponsoriser par don pérignon, le faisant couler à flot, il abreuverait mes détracteurs, dans le vents d'Armorique. Lisez l'oeuvre de Guy Allix, elle ne se rattache à rien, tant elle est libre, rebelle, forte et...tout simplement humaine. Elle m'aura permis de répondre à ce jeune homme soucieux, mais je ne suis pas certain de l'avoir convaincu.
Roger Dautais
La monaie de la pièce
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Les photographies de Marie-Claude Dautais, de la série Breiz 2009, représentant mes créations land art réalisées à cet effet ont été sélectionnées par Amba Till, poète et auteur Français(voir sur Google), avec 45 autres photos, pour illustrer son prochain recueil de poésie
GRAND BLEU EXTR'AIME,
que j'ai le plaisir de réaliser avec elle. L'édition de ce livre dont elle présente des extraits dans son blog , le chemin d'agouée http://ambatill.blog.lemonde.fr
est prévue pour la fin d'année 2009.

lundi 14 septembre 2009



video

à Lee L. de la rue Froide à Caen

Nous voici donc, au coeur du problème. Pourquoi donc aller déranger des pierres sur une grève et vouloir leur donner un sens ? S'il s'agissait pour moi, de m'arrêter au fait d'empiler des pierres, en effet, je ferais mieux de stopper tout de suite. Mais le monde est fait de telle sorte, que, roi ou gueux, il faut bien un jour quitter le trône!
Ni courtisan ni homme de cour, mais de la race des naufrageurs qui allumaient des feux de détresse, le long des côtes Bretonnes et partaient à gravage ramasser ce que la mer restituait du butin, je me contente des restes pour en faire un festin de roi.
Cette année là, notre falaise fût généreuse, qui me rendit à la plage des tonnes et des tonnes de pierres, dans des éboulements dus au travail de sape de la mer. Cette mer que nous adorons tant, aurait-elle, elle aussi, un caractère rebelle, parfois ?
En ces lieux dangereux,( j'ai toujours gardé à l'esprit qu'un éboulement subit pouvait me tuer comme il avait tué, quelques années au par avant, un couple de scientifiques venus là, chercher des fossiles pour les besoins de leur métier. Paix à leur âme.
Que ce soit au bord de la mer, sous des falaises, dans des carrières vertigineuses, dans les estuaires, sur les rochers, dans les îles, au Sahara, dans les déserts de pierres africains, tout est danger qui nous guette. Mais qui ne vit pas dangereusement de nos jours. Regardez les pauvres traiders( Excusez ce pléonasme) comme ils risquent de tomber, parfois même, par les fenêtres. Le monde est violent, vous savez.
J'ai monté sept cairns, je vous l'ai dit, en mémoire de Morgane qui m'avait suivi partout où j'allais, sans rien me demander. Parfois, elle s'échappait sur les grèves et réapparaissait au bout d'une heure, trempée, fourbue.
Elle se perchait toujours dans les roches, comme une chèvre. Elle me regardait de ses yeux un peu triste. Moi, je savais sa jeunesse, son drame, semblable au miens. Nous étions devenus, des semblables. Alors, quand j'ai recueilli son dernier souffle, une partie de moi est restée avec elle.
Les cairns, ça raconte ma peine et que ça.
Pas la peine de philosopher, d'examiner, de faire l'exégèse de l'oeuvre, de prendre un ton pincé, d'emprunter un langage abscons, d'en trouver le symbole, de les qualifier d'art phallique ou je ne sais quoi, d'obus...Ai-je bien entendu ?
J'ai le sens de l'humour.
Ces cairns m'ont pris trois semaines de ma vie, offertes à Morgane qui m'avait donné onze ans de la sienne.
C'est simple, s'ils ne sont pas bien assis, bien montés, quand on arrive à un mètre cinquante de haut, vous avez la réponse, les pierres craquent et ça s'écroule. Il faut alors recommencer, ailleurs. Demandez à Goldsworthy, il en parle, de l'écroulement, de la perte, de l'entropie. Un landartiste est sans doute pour cela plus sensibilisé à la fragilité d'une oeuvre, d'une vie, tout simplement.
Nous ne sommes, ni des sauvages, ni des fous, ni des marginaux. Bien au contraire. La vie d'artiste, je ne sais pas ou elle est exactement pour moi, puisque je ne connais que ce mode de fonctionnement. C'est ma façon, d'être au monde, d'aller, vers la conclusion de l'histoire, sans tomber dans le panneau. Il y en a assez qui s'en chargent pour nous dire comment on doit faire pour vivre. Ce qu'il y a de bien dans le land art, c'est qu'il y a plus de gens à en parler, à écrire dessus, qu'à le pratiquer. Nous sommes donc, relativement tranquilles. A part dans mon groupe PLAGES DE LIBERTÉ, avec ses artistes Américaine, Canadienne, Anglaise, Coréenne et Française, je n'ai jamais vu un tel rassemblement de landartistes sur les Côtes Normandes. Nous avons fait la preuve que travailler en international, ça marche, ça attire des gens. Cela ne change rien à l'image du landartiste que je suis.
Un type qui empile des pierres restera tout le temps étrange. Et si l'art qui ne sert à rien,servait justement à nous arrêter un peu dans cette course folle à la consommation, au profit, à condition de ne pas, lui non plus, tomber dedans ? S'il nous faisait nous questionner sur ceux qui le pratiquent, j'aurai l'impression de ne pas avoir perdu ma vie, totalement.
Il me reste quelques belles années devant moi, pour trouver une conclusion, tout en douceur. Quelques voyages, encore, des rencontres, humaines, du travail, un peu de repos, et cela ira bien.

Roger Dautais

Série des Morgan's cairns

Note : Lee, Française d'origine Coréenne, est une des 5 artistes intervenantes de PLAGE
DE LIBERTE. Elle a participé à la performance du 5 juin 2008 Du Sang, des Cendres et des Larmes, sur la plage d'Omaha Beach, en Normandie, en compagnie des autres artiste de ce groupe que j'ai formé en 2006. Lee, est peintre, plasticienne et tient un magasin de souvenirs coréens où elle expose également ses oeuvres

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.