La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mardi 6 octobre 2009




à Tito Gonzales Vega,
où qu'il soit...


De l'esthétique morbide d'un papillon de nuit empalé et présenté sur papier Japon, à un collectionneur myope.


Avertissement.

Si la fiction se mêle à mon histoire, c'est pour apporter une note d'humour à ce qui a été vécu. Contrairement à ce que certains me disent ou pensent, ces mots sont bien en-deça de ce que j'ai vécu et des faits qui sont relatés. Je n'écris pas pour choquer mais par nécessité

Les opérés de la cornettes déambulaient dans le hall de la clinique. Un savant infirmier, emblousé de blanc, à la poche de poitrine largement garnie de papiers et de Bic 3 couleurs, se faisait appeler Docteur, dans cette cour des miracles. Son chien, hiatus, placebo à quatre pattes, marquait son territoire en levant la patte sur les aveugles. Le bon Docteur, serviable, dépannait aussi les veuves ou les passantes, sans soucis.
Jean Au Venec, le plus "massif" des patients, avait repéré le manège, lui, le voyant, dont les yeux, grâce au ciel, n'étaient pas passés sous le bistouri. Le genou droit éclaté, par la faute d'un médecin ignorant la force de sa machine électrique à pédaler, Jean Au prenait son mal en patience, d'une main et son mat à perfusion, sur roulettes, de l'autre main. Il contemplait tous ces congénères venus des Côtes du Nord, du Morbihan, de l'Ille et Vilaine et de la Loire Atlantique, autrement dit "la Bretagne" avant que ces imbéciles heureux de la bande à Philippe, ne banissent, jusqu'à ce jour encore, la Loire Inférieure, berceau de ma naissance,de sa terre d'origine, pour la rattacher à je ne sais quoi, où le reste de ma famille continua malgré tout, à faire des enfants.

Si j'ose une parenthèse, nous avons toujours été éclairés par le haut, des ministères vers le ruisseau et s' il en faut une preuve, voici la géniale invention lexicale permanente des mecs qui " pondent" des machines à gaz dans les ministères.
Faisons compliqué ce qui doit rester simple et nous garderons notre job.L'inventeur du "référentiel bondisant" et du non moins" référentiel bondissant aléatoire", je veux parler du ballon rond et du ballon de rugby, ainsi nommés dans les écoles normales, pensaient certainement à me faciliter la tâche d'élève cancre, en inventant de pareilles inepties dont j'ai entendu dire, qu'elles ont marqué beaucoup d'instituteurs. Fort heureusement Zidane, qui n'est pas si bête qu'on le prétend, et n'a pas fait l'Ecole Normale ce qui lui a permis de taper dans un ballon et non dans un référentiel bondissant, puis de nous ramener la coupe du Monde, reste un des saints laïcs préférés, moi qui n'aime pas le football, sauf quand il est bien joué. J'ajouterai que ce jour là , il nous a permis de prendre une cuite au champagne, pour fêter l'évènement, du côté de Morzine avec deux joyeux alpins qui nous logeaient pendant nos vacances.
D'insanes pensées me passent par la tête.
Je les rêve, ces "inventeurs pédago", tournant dans la cour de mon école primaire, à Dinan, avec un bonnet d'âne en chantant "Maréchal nous voilà". Pardonnez-moi ces égarements, les traumatismes de guerre, sont vivaces. Il s'agissait à cette époque bénie, de la Guerre des boutons. J'étais un"Petit Gibus" en culottes courtes et devint ensuite un adepte des "quatre cents coups". La suite, je vous la passe. Mais, revenons au sujet.

Le temps béni de la collaboration et des lettres d'anonymes, battait son plein. Les enfants des écoles, rassemblés sous le préau, entonnaient un guillerette chanson : Maréchal, nous voilà et moi, j'apprenais, aux cours du soir "Coeur sacré de Jésus". Autant vous dire que nous étions loin des génies du slam. Mais, enfin, chacun porte sa croix. On verra tout ça dans 50 ans.
Tout n'a pas disparu, vous savez, la France compte encore beaucoup d'écrivains résistants. Il en faut quand même du courage, pour prendre sa plume et dénoncer "les sans papiers" qui sont les juifs de notre époque. Attendez, quand je dis Juifs, je le dis comme Arabes, ou comme quoi, d'ailleurs ? Mon faciès me permettant d'être confondu avec ces deux populations soeurs, de façon plus ou moins ostentatoire, selon la présence au soleil où ma place, entre les parallèles sudistes du globe terrestre.
Ne me traitez pas de raciste ou d'antisémite, un petit journaliste d'un grand quotidien de l' Ouest de la France, m'a déjà fait ce coup là à propos des étoiles de David qui se retrouvent régulièrement dans mon oeuvre de landartiste. Certains journalistes sont pernicieux, ou alors, ils ne font pas expres( c'est ce qu'il m'avait dit en s'excusant au téléphone, presque à voix basse). J'avais eu, cette année là, beaucoup de mal à obtenir de ce journal à grand tirage, qu'il s'excusa dans ses propres colonnes et j'en suis resté blessé, encore aujourd'hui.

Jean Au, il avait pris le chemin de la contestation, vers 8 ans, sur les docks de Saint Brieuc, comme ouvrier, bien sûr. Aujourd'hui, quelle multinationale accepterait de faire travailler des enfants. Quel blanc accepterait d'acheter des produits manufacturés réalisés par des enfants de couleur au vingt et unième siècle ? Personne. Dans ce trafic d'enfants esclaves, c'est United Color". Il y en aura pour tout le monde,comme disait le grand Coluche.

Jeau Au était une tête de lard, une caboche, un irréductible, un rebelle. Que de défauts, et dire que j'ai les mêmes. Après la boxe, les bagarres de rue, il avait été listé pour le STO.
Jean Au avait abandonné lâchement sa famille qui ne le dénonça même pas, pour rejoindre le maquis de Callac, en plein centre de la Bretagne.
Fort heureusement, la Sainte Vierge et le Sacré Coeur de Philippe Pètennin, veillaient.
Jean Au fut enfin dénoncé, puis déporté en Allemagne, pendant 5 longues années. Heureusement qu'il y a un peu de morale civique dans tout ça.

Bon, je passe sur les "détails" comme dirait le borgne de la Trinité, car, en fin de compte, ce ne sont pas les juges qui décomptent les jours de captivité, alors, laissons cela à ceux qui ont trahi la Patrie de Philippe Pêtennin.

Jean Au revint de captivité, décharné et affamé, pour la fin de ses jours. Rentré au Parti Communiste, sorte de grande armée civile comptant des chefs décorés comme des sapins de noël, et habitant la grande Russie. Jean Au resta soldat de seconde classe, toujours, aussi tétard, cabochard, rude et courageux, comme le Breton qu'il était. Il se maria avec Marie Du et trois enfants vinrent mettre de l'ambiance dans le ménage. Dix huit ans plus tard, je rencontrais ma douce et tendre aux yeux bleus et ensemble nous continuâmes la chanson, en mettant deux enfants au monde, histoire de nous immortaliser.
Jean Au était un Papy en or. Il nous racontait " ces fumiers de la milice" ces balances à Nazi" ces traitres qui avaient envoyé tant de ses frères d'arme au tapis. Fosses communes, pelotons d'exécution, tortures, déportations, camps, fours, fumée pour les Autres, Dandzig pour lui. Ne restait plus de cette époque maudite, qu'une kyrielle de nom dans les livres d'histoire au Mémorial pour la Paix de Caen, lorsqu'il restait quelque chose. Mais pour les "Nuit et Brouillard", nada, rien, une petite place dans la boîte à papilllon de nuit, de quoi faire reluire quelques collectionneurs de mémoire et les montrer aux rescapés. La mémoire des hommes étant courte, parfois plus que leur vie, ils ont tendance à oublir ce qui les ennuie. Il faut larguer casseroles et valises quand on veut faire carrière.
Mais un musée, que ce soit Yad Vashem ou le Mémorial pour la Paix de Caen, ou le Petit Musée de la résistance, construit au centre de la Bretagne , rien ne remplacera jamais, les rires des enfants d'Ysieux dans la cour, le lait d'une maman allaitant Maurice sur le pas de sa porte à Pontchateau, les larmes de Lucien, sur le corps de son frère Capucin, tué dans un bombardement, de son autre frère, déporté, les larmes de Marie, sur son Jean Au, malade, la peur de ma mère sous les bombardements de Saint Nazaire, alors qu'elle était enceinte. La guerre est un paquet de linge sale qui unit toute l'humanité dans une folie monstrueuse, bourreaux, victimes et le temps passe, et les papillons de nuit sont épinglés dans des boîtes pour collectionneur. La fabrique de boîtes à papillons fonctionne toujours, en France. Elles viennent maintenant d'Afghanistan, les bestioles ailées et leurs veuves pleurent toujours dans les chaumières, avec leurs lardons entre les jambes, qui pleurent aussi leur père.Une vie perdue, l'est à tout jamais, belle ou ruinée, joyeuse ou défaite, elle quitte la salle de jeux, éteint la lulière en partant, comme dirait Guy, laisse les autres dans le noir du deuil, enfin, certains,dans l'embarras, pour les autres, je ne sais pas. Tout ce "melting pot", ce magma qui fonde notre humanité pour demain, Jean Au, le portait en lui.
Lui, l'enfant de boxeur, l'enfant de cheminot, l'enfant ouvrier à 8 ans, sur les docks de Bretagne ne se référait pas à Zola, il ne savait pas lire.
Nous n'avons jamais le droit de déroger à la règle. Ecrire sans être de l'Université, est un crime de lèse Majesté. Croyez-moi, les impétrants, c'est l'école qui m'a quittée et non le contraire. La rue m'a élevée, mes parents aussi, bien sûr, mais lorsque j'entends " lâche ton pathos", c'est mon chien que j'ai envie de leur lâcher au cul à ces indélicats. Seulement, voilà, je n'ai plus de chien.

Jean Au, dans le hall de la clinique spécialisée de Rennes, me poussait du coude.

- t'as vu ceux-là, Roger, y sont tous mioc et en plus, parait qu'ils le resteront après l'opération. C'est ty pas du gâchis.
- Oui, Papy, vous l'avez dit.
C'est vrai, nous n'étions que de vulgaires ouvriers, c'est pourquoi ce tutoiement qui peut-être aussi interprété, non comme une vulgarité mais comme une marque de respect.

On l'a enterré, Papy, auprès de sa Marie, dans un cimetièrre avec vue sur la Baie de Saint Brieuc, la plus belle du monde pour lui, le p'tit gars du Léguer. Il n'aura jamais réussi à dire Myope, encore moins à l'écrire. Aucun énarque, aucun général, aucun drapeau, ne suivait son cercueil.Il n'en n'aurait pas voulu. Seul, ses camarades du Parti Communiste, ses Potes de la CGT et nous, bien sûr, beaucoup de nous et une grand partie du village, nous l'avons porté en terre. Nous lui avons mis des pétales de rose sur sa boîte à papillon. Il est la-bas, mais il est aussi près de moi,cette nuit.
J'aurai échangé son courage contre mon petit talent, mais la vie, c'est comme çà, on ne choisit pas tout.

Tito Gonzales Vega était un résistant et un prisonnier politique, d'Amérique Latine. Lorsque je l'ai connu, il présidait l'INCLA, à Paris, du côté de Pantin si je me souviens bien. Un ami d'alors, le peintre Yves Belin, pour qui j'avais beaucoup écrit, lui avait parlé de ma poésie et Tito avait fait le voyage Paris à Vire pour venir me rendre visite dans notre HLM de la rue Georges Pompidou. Ni Marie-Claude, ni moi, ne comprenions cet hommage.
Nous avions parlé, poésie, de la lutte politique, aussi. Mittérand venait d'être porté au pouvoir par le peuple de Gauche. Nous l'avions notre victoire, qu'en avons-nous fait...
Tito m'avait invité à l'INCLA. Anne Vanderlove chez qui j'avais passé quelques jours Dde vacances, en compagnie d'elle et son mari( elle m'apprenait à bâtir une chanson, je n'y suis jamais arrivé) sur les bords de la Marne, m'avait déposé devant l'INCLA, à Pantin ( je crois). Elle connaissait tout le milieu latino en lutte.
D'ailleurs, Anne chantant la lutte, se battait contre le fascisme, comme Joan Baez, le faisait aux Etats-Unis et dans le monde entier.Pinochet sévissait, torturait, assassinait, entouré de ces troupes encadrées d'anciens nazis. Les latino-Américains organisaient la résistance depuis l'extérieur du pays.
Puis, comme beaucoup d'amis,la vie nous a séparés. Tito Gonzales Vega a disparu de mon horizon, pas de mon coeur. Anne rencontra des difficultés, mais aussi, un prince en la personne de Renaud. IL lui "prêta" ses musiciens et lui permit ainsi de refaire surface avec un magnifique 33tours. Sa carrière reprit et ses tournées aussi.
Anne chante toujours et habite en Bretagne, dans le golfe du Morbihan. Manuel Angel Estrella, dont je vos ai déjà parlé, avec qui j'ai correspondu longtemps,continue ses concerts avec Musique Espérance ( voir sur google) l'ami Cuadros, vit en Basse Normandie . Il est devenu peintre après avoir tant donné au théatre. Ixcel, sa fille, fait du théâtre pour enfants avec le Tutito Teatro de Cherbourg. Yvon Lemen lève toujours le point, écrit des poèmes, tisse l'humanité. En somme, la vie, loin de chez soi, mais la vie " ici et maintenant".C'était aussi à l'époque où, Olivier Stirn, Maire de Vire dans le Calvados, m'avait autorisé à peindre une fresque de 50 mètres de long, sur le thème de " l'enfant d'Hiroshima". Un véritable plaidoyer contre la bombe atomique, qui avait aussi fait beaucoup de bruit dans le bocage Virois. Je l'avais présentée à Tito.
Le bâtiment qui la soutenait, un hangar à vaches, sur le champ de foire de Vire, a disparu, comme Jean Au. Me restent en souvenir, quelques photos et un film de France3Base Normandie avec l'interview de Serge Simino qui travaille maintenant à France 3 Paris-Ile de France.
Contrairement à ce que j'entends sur certains plateaux TV, nous ne prenons quand même pas beaucoup de risque, en écrivant, à part d'être ridicule, mais aux yeux de qui, du cercle vertueux des décorés de la TV . Quoique, avec les temps qui courent, les risques pourraient bien ré-apparaitre.
Nous pouvons encore dénoncer les dérives, qu'elles soient du scandale des prisons en France, du scandale des sans papier, de la misère dans laquelle croupissent des millions de nos concitoyens. Si Jeanne Birking continue, elle aussi à se battre pour la liberté de Hon San Su Ki, si Gainsbourg ne pouvait digérer son étoile, si l'inconnu traqué, dormant come un rat dans un trou de terre creusé dans la banlieu de Paris, Ville Lumière, c'est que tout n'a pas été compris dans les intentions proclamées des Droits de l'homme, ou alors, que l'homme n'est qu'un homme, capable du pire et du meilleur. Difficile d'adhérer aux beaux discours quand on a faim. C'est La Fontaine qui le disait. Les rois sont courtisés, ou guillotinés par les mêmes personnes. La paix n'est jamais assurée. La culture est certainement un bon moyen de sortir de la misère, mais le travail aussi, quand il y en a. Combien de tables vides...
Etre artiste,ce n'est rien d'autre qu" être"au monde. Tout le folklore véhiculé par ceux qui croient savoir et brouillent les pistes par d'épais nuages, se trompent. Nous n'avons plus besoin de chapelles !
Fais " trash, toi le prolo", me disait un jour un artiste raté qui trouvait mon land art, trop propret.
Mais le "trash" il y en a déjà tant, partout. J'ai pas envie de me rouler dedans pour plaire aux experts de la "conteporaniéitude". Si je ne suis pas "dedans", je serai " dehors" là, où nos petits enfants, jouent, dans la rue, ce grand théâtre de boulevard qu'est la vie. Dehors, au pied des falaises de Lelouch, dehors sur l'ile de Sein avec mes frères Bretons, dehors dans les montagnes désertes de Matamata Dehors dans les rues de Sfax, avec Lilia, dehors, avec Marie et Gwenola, dans les ruelles de Sidi Boussaïde, dehors, dans les cabanes à Portuguais, avec mon ami José Matouch, le tailleur de pierre, exilé, dehors, avec Ahmed, dans le petit matin chaud de la plage d'Agadir, dehors dans les jardins de l'Alhambra, au pied de la Giralda de Seville, avec Marie-Clude, dehors, les pieds nus, dans les rues de Porto, avec Maria, dehors dans les rues de Paris avec Maria Elena De Ceo Lopez, dehors avec Yang Fang, dans les rues de Pékin, dehors à Stresa au beau milieu du lac majeur, avec ces italiens géniaux, dehors, avec Articia, dans la plaine de Bruges.Il y a de la place et nous voulons aussi,parfois rentrer chez nous, dans ce pays sans toit que l'on appelle la fraternité et qui fait rire les idiots.

Je ne suis pas fini, c'est vrai, mais il y en a tant qui le sont de leur vivant. Tenez, un 4X4, le plus beau du monde, avec vitres noires et tout et tout, vous vous garez, fier, devant le drugstore,vous ouvrez la porte et descendez sans faire gaffe. Vlan, un bus dans la tronche. Même pas Mioc, mort, rectifié, repassé. C'est vrai, c'est moche, mais c'est la vie.

Non, je n'ai pas que des histoires morbides à raconter. j'écris aussi ds livres pour enfants. En ce moment, je vous l'ai dit, je crois, deux sont terminés qui attendent le choix de l'éditeur et un troisième a pris la forme d'un livre sonore, entre autre pour les enfants non-voyants. Vous voyez, tout se tient, dans ce grand foutoir. Vous aurez compris que le mot, résistance, je l'ai adopté et c'est ce que je voudrais mettre sur mes prochaines cartes de visite:

Roger DAUTAIS
Résistant


J'ai posé ci-dessus, des photos de mes installations land art, lacustres, réalisées à Citis
D' Hérouville saint Clair. Je les aime bien, elles sont calmes et le bleu me rappelle toujours les yeux de Marie-Claude, la femme que j'aime et qui veille près de moi.

Roger Dautais

lundi 5 octobre 2009




à Claude Lelouch,

homme de coeur et d'images...



Je suis mort, déjà.
La nuit termine de remplir mes yeux, d'étoiles. Le boulanger n'ouvrira pas ce matin. Il est parti, très loin, avec une chatte andalouse.La boulangère, elle pleure sur ses gros seins, et je les regarde au travers de sa blouse. J'ai six ans, la guerre est à peine terminée. Le rationnement nous rend affamés. La bretagne, elle aussi, a ses ruines, elles sont mes terrains de jeu.La moitié de mes copains ont leur père en prison. Collaboration, alcool, bagarre, à chacun sa croix.
Depuis qu'il est rentré de déportation, le tonton théo est presque muet. Il élève des chêvres, des biquettes dont il donne le lait à boire à mes cousins. Ce sont de vrais paysans. Il est toujours malade, Théo. Il rend tout le temps. Je dis qu'il rend sa mauvaise vie, lui si pacifique, si pacifié et qui n'en veut à personne. J'ai l'impression qu'il a avalé un bout de barbelés dans les camps, en Alemagne, car il crache le sang.
Moïse, son frère, dit qu'il est marié avec une pingre. Je connais déja l''arabie", à cause des copines à Mado, mais la pingrie, connais pas, pourtant, sa femme, ma tante, elle est blanche et grosse.
Je traine dans la rue des bordels. Le 3 ème Rima n'est pas loin. Les filles nous ont adoptés. Je joue aux billes sur le toit des garages avec Maurice. Les toits donnent sur les fenêtres du bordel. Quand Mado fait une passe, elle nous chasse de là.
Maud, qui est la cousine de Maurice est plus grande que nous. Moi, j'aime Esther, mais je ne lui dit pas. Elle a bien 12 ans , comme Maud d'ailleurs, elles sont jumelles. Dans ce temps là, certaines mamans faisaient leurs enfants par deux. Je sais pas pourquoi.
Mado tapine devant le bar de l'étoile, mais elle" monte", dans l'établissement d'à côté. L'été, on fait de la caisse à roulettes dans la rue Sallegourdine, parce qu"elle est en pente, comme le gosier de Daniel, le patron de l'Etoile. Maurice est tranquille, son père est parti toute la semaine. Il est forain et vend des toiles cirées. C'est un brave homme, il lit Mein Kampf ! La mère de Maurice, elle fait monter ses amants par l'escalier de bois qui est au-dessus du placard ou mon père m'enferme. Elle est belle la mère de Maurice, avec ses manteaux de foururre, on dirait une chatte, tellement elle est douce.
Les hommes l'aiment bien et puis, avec elle, c'est gratuit, tandis qu'avec Mado, faut payer. Les vieux de l'autre guerre, la vraie, comme ils disent, ils emploient un drôle de nom pour l'apeller : "putain" qu'ils disent.

Un jour, on est allé avec Maurice, au bar de l'étoile. Mado, elle était assise sur un grand tabouret en bois, devant le bar. Elle sirotait une menthe. "Bonjour putain", qu'on lui a dit, comme ça, pour essayer.. Elle nous a attrapé et foutu une giffle à chacun. Petits morveux, foutez-moi le camp ou je vous égorge, qu'elle nous a dit. Elle avait fait le geste d'égorger, comme pour le mouton, devant la gorge. Une folle.
On est allé, avec Maurice, se plaindre à la Tante Marie, qui elle aussi, était folle , sans le savoir, ce qui est normal. On lui a tout raconté. Elle nous a foutu une beigne et j'ai fini dans le placard. Moïse, c'est mon père, il est venu me chercher là-dedans et il m'a foutu une dérouillée dans la salle à manger. Forcément, j'avais insulté une de ses copines. Pauvre Moïse,comme il avait honte de moi et comme il m'aimait avec ses poings. Je crois que c'est là, oui, c'est dans les années 47, 48, que je suis devenu rebel. Je me disais, plutôt crever que de cèder. Mais à six ans, on cède sous les coups. C'est juste le corps, au début, il s'absente, dans les pommes. Après c'est l'esprit qui se barre.Ce que j'ai pu avoir envie de mourir dans cette putain de vie ! Où il est encore barré ce con que je lui foute une trempe, qu'il disait Moïse. Vous pensez bien que je filais, au moins dans la journée, dans la rue, avec mes copines les tapineuses.
Et dire que maman, elle savait tout ça, sans rien dire, sauf, à la fin de sa vie quand elle a eu son cancer, pour mourir. Là elle m'avait tout dit, mais à six ans, je ne savais pas que je serai devenu grand, comme mon père Moïse, que je serai devenu militaire, caporal-chef au 3 ème Rima et que j'aurai passé mes nuits de jeune homme dans les bordels de Nancy.
Maintenant, au vingt et unième siècle, c'est plus pareil. Il n'y a plus de Mado, plus de bars avec des tabourets de bois, plus de femmes soumises et battues, plus de prostituées, plus de bordels, plus l'alcool, plus de drogue, lus de collabos, plus de prisons, plus de guerres, plus d'enfants morveux, plus de pauvres, plus de quartiers pourris. Non, le monde est beau. Ils nous le serinent à la TV , les beaux journalistes de Paris et puis même quand il pleut de la misère sur nous, ils nous disent que le soleil, il brille. Les gens, gagnent au Loto, le Président grandit la France, les ministres sont bien habillés et sentent bon, les premiers ministres sont à la barre, fiers comme des commandants de ferries, les Mado présentent la météo, parfois deviennent médecin. Ah ! comme je les aime et les respecte, celles là !
Tout est bien dans le meilleur des mondes. Nous avons nos doses de vaccins H1N1 d'arrivés en France. Bon Dieu, de quoi se plaint-on !

Je reprends mon histoire avec la boulangère.

- Tu voulais quoi, petit...

- Un pain d'quat' liv' M'dame.
- Mais tu vois bien que c'est fermé ce matin.

- J'sais m'dam. Mais j'ai faim.
- Mange une main, garde l'autre pour demain...

Elle n'a pas su dire autre chose au petit affamé que j'étais.
J'ai regardé ma main. Trois semaines après, j'étais devant une psychologue. En fait, des pains, des miches, trop ou pas assez, c'était ça mon problème. J'en suis toujours là!
D'ici, je revois l'enfant que j'étais, repartant chez lui, prendre des coups encore des coups, courber le dos, nourrir sa haine pour ne pas crever tout de suite et rêver, malgré tout de mourir. Les chattes du boulanger, je les connassais bien, à la porte du bordel, Maghrebines ou Bretonnes, Parisiennes ou d'ailleurs. Elles étaient mes mamans, mes rêves. Je ne pouvais rien faire d'autre que de les respecter, les aimer, et pourtant, je suis devenu un homme.

J'aime Edith Piaf, cette gosse des rues qui traîna dans le Vaugueux , quartier mal famé situé à deux pas du port de Caen. Les restau chics ont remplacé les tapineuses. Piaf était une dame. J'aime cette chanson " La Foule" . Elle accompagna mon premier amour, Gaby, la fille d'un Directeur d'école laïque. Ce fut mon premier bal et la première fois ou je perdis ma "fiancée". C'est redoutable , un bal. Ces amours enfantines m'enlevaient du chaos. Sauvé par une femme, enfin , une adolescente, comme moi à l'époque. Nous savions déjà que nous aurions des enfants et combien exactement. Elle m'embrassait avec la langue, je n'avais jamais connu pareil émoi. Notre grand amour dura 3 mois. Elle partit avec un autre, de l'Ecole Normale , où elle entra, l'année suivante. Gaby joua du tuba dans la fanfare de l'école et vint défiler dans ma ville à la fête de la jeunesse. Qu'est-ce que j'ai pleuré en la revoyant. Elle était si belle quand elle jouait du tuba.


Les gens cherchent toujours le rapport qu'il y a entre ceci et cela, le début de cette histoire et la fin, entre 1942 année de ma naissance et le 6 octobre 2009, pourquoi, j'écris la nuit, au lieu de dormir. Les gens veulent tout savoir, mais pour en faire quoi. Et si tout cela n'était qu'une pure invention d'écrivain, impossible je n'en suis pas un. Les experts le disent. Et si je dédie cette page à Claude Lelouche que je ne rencontrerai probablement pas, malheurusement c'est qu'il y a une raison.
Il y a 15 jours ou trois semaines, je faisais parti d'un groupe de "touristes" visitant, avec une charmante guide, les falaises des Vaches Noires à Villers sur Mer. Site remarquable. Je marchais dans ce groupe de 85 personnes , en compagnie de Marie-Claude. Arrêtés pour ecouter un commentaire sur les fossiles, je suis abordé par un homme et sa femme, ils se disent parisiens et habitués du lieu. L'homme me montre une verrière à chapeau pointu, sorte de kiosque à musique, perché sur le haut des falaises, au dessus du vide. l'homme me dit :
- c'est à Lelouch. D'ailleurs, il a sa propriété au-dessus de nous, une grosse maison, genre manoir.
- C'est quelqu'un Lelouch, lui dis-je. Personnellement , je trouve qu'il n'a pas assez été récompensé pour son talent, vous ne trouvez pas ?
L'homme se tourne vers moi et dit
- Il n'a que ce qu'il mérite. D'ailleurs, tous ces films sont pareils.


J'ai éssayé quelques mots et et j'ai vu que j'en avais ferré un de con, un vrai, bien balourd, comme on est tous, parfois. Mais là, j'avais la rage. Marie-Claude qui est plus sage que moi m' a dit
- " laisse tomber".

C'est ce que j'ai fait et nous avons terminé notre excursion sans plus adresser une parole aux parisiens. Je me suis dit, je raconterai cette histoire cela même si ça ne change rien.
Lelouch, Piaf, Mado, Moïse, Maurice, Roger, Jeannette, Edith, et l'autre naze avec son chapeau de brousse kaki sur la tête, là qui bêtifiait et répandait son fiel sur le sable de Villers au pied des falaises des Vaches Noires, c'est quand même l'humanité rassemblée.
Claude Lelouch il ne parle que de cela, de l'humanité, dans ses films.
Je l'en remercie encore, ici.
J'espère que ces quelques lignes lui parviendront, en signe de reconnaissance pour ce qu'il "est" au monde.

Roger Dautais
Les Falaises des Vaches Noires

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



à Joseph Elouk,
ce poker d'as...


Trèfle...

J'ai connu des hivers de paroles
gelées
et la mare aussi, avec ses grenouilles mortes.



Carreau...


Enfants cachés de Dréfféac,
petits frères et soeurs de guerre
pour vous, ni étoile ni camp, seulement, l'abandon.


Coeur...


Les moulins de Bilet prédisaient
un avenir
délirant, comme ils avaient raison.


Pique...


Je n'aimais pas le dire, ce mot
l'écrire, m'était pénible
je le crie derrière elle, disparue.


Joke...


Pas de tombe, non, des coquelicots
rouge sang
et le chant d'une alouette comme une couronne.


Roger Dautais
"Souvenirs paysans de ma petite enfance..."



La vie n'est pas une roulette de casino, même si parfois elle en prend l' apparence. Certaines rencontres sont décisives pour l'avancée, d'autres, inutiles. Trop de loups dans la bergerie et la bête immonde rôde toujours. La poésie est vigilance, le chant, divin aux athées, la route à tout le monde. Mais la Chaconne d'Auschwitz;... et pourquoi, pourquoi les enfants. J'ai du mal à regarder certaines fumées blanches s'élever dans le ciel. Les nuages ont une mémoire et pleurent sur les terres brûlées. Frères nous entrerons dans la fournaise, ensemble, unis par un même instinct de vie. Il faut chanter si l'on peut et pleurer et rire et jouer. Il faut des enfants pour la ronde, un peu d'espoir, malgré tout et une étoile pour nous guider.
Je ne peux répondre autrement à ceux qui soulignent mon égarement. Je marche dans le juste chemin.


Oui, je sais, sur les photos, ce n'est pas du land art, mais la vie, pas seulement, non plus. J'ai réalisé ces petites installations avec les éléments d'une mallette de jeux trouvée sur le bord d'une route, en Normandie, pendant l'été 2008. J'ai trouvé cette rencontre, intéressante et elle venait compléter un travail réalisé avec des sphères de plastique servant de réverbères dans ma ville. J'ai nommé tout ce travail : occurrences.
J' ai choisi de le montrer,en cette nuit du 5 au 6 octobre, pour accompagner ces deux textes qui parlent de jeu, de l'enfance juive cachée, de drame, de la jeunesse fauchée en pleine fleur de l'âge et partis en fumée dans les camps. Je ne sais pas s'il y a une bonne façon d'évoquer ce drame.
C'est la mienne, pardonnez du peu.

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS


à celle que j'aime,
Marie-Claude...



Je veux mourir
engrossé de vous
Femmes infidèles.

Je suis de la
même race.

Chien enragé.

Non accouché par vous
de mes pauvres mots.

Allons,
La partie n'est pas finie.
Rions ensemble.


Roger Dautais
nuit du 3 au 4Octobre 2009 en Normandie



Pour Sylvie, Lilia, Emmanuelle, Mérany, Jocelyne,
en reconnaissance et par amitié, aussi,
ce très beau poème :


Personne ne dit mot de l'immense. Cet espace sans arrêt. Ou alors de l'humour, de l'emphase endormissante. Un se verse un verre de vin. L'autre prend à bras-le-corps le corps de l'un. Certains dansent sur la braise. Et les danses Plinn couvrent la lande. Les créatures conçoivent des miniatures pour consolider l'habitat. Le ciel ne nous tombe plus sur la tête. Les petits dieux sont dans les livres d'histoire et font rire les habitants de la contrée voisine. Et l'espace toujours là. L'infini aux placards sans fond fait de nous des cruches d'eau et de sang. exposées à la devanture d'une terre orpheline.

Joël Bastard.
Beule


Vous m'avez oublié...Continuez, je suis constitué de cet oubli. Il ny a rien à expliquer. Il fallait être en Bretagne, à Lanleff, cet été. Nous y étions. Les danseurs du cercle Angéla Duval de Paimpol enchainaient Plinn,jabadao et dérobée de Guingamp. Ils nous ont invité. La-bas nous ne sommes pas des horsains. Tandis qu'ici, même les portes palières se ferment. La vie est riche, malgré tout, de rencontres humaines, je les cite ci dessus.

Roger Dautais

pour LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

dimanche 4 octobre 2009




Ne me demandez pas,
où cela a été fait, combien ça pèse, en quoi c'est fait, à l'occasion de quelle fête, je ne sais plus. J'ai une excellente mémoire. Elle oublie vite. Ce n'est pas du land art, ce n'est pas de l'écriture, puisqu'ils me le disent, les experts.Ne prenez pas cela pour de la provocation , cela dure depuis toujours. Ce n'est pas une vie de vivre comme ça, mais c'est la mienne, de vie.
Si quelqu'un vous maintient la tête sous l'eau, ou vous devenez un champion de l'apnée, ou vous mourez, noyé. La Villa Médicis n'est pas pour moi, ni la niche à chien. A partir de ce constat, que voulez-vous ajouter...un poème peut-être. En voilà un, de Ricardo Gonzàles Alfonso.

à mes compagnons condamnés
et détenus à la prison du Kilomètre 8


A cet instant infini
avec la tendresse indemneavec le courage invaincu
même entre quatre murs
cardinaux
le désespoir
et l'espoir
me révèlent
deux sentiers
semblables
et je coule
dans un univers
de vers.

Alors
J'ai une vision
pathétique :
de l'horreur à l'effroi
du chant au désanchantement
je me réincarne
dans mes cantiques de captif
et je frémis
de toute mon âme..

Puis
j'ai une vision
poétique: je contemple cette oasis céleste
au coin de l'enfer
où nous alternons
plaisirs et pleurs
vers et versets
et nous partageons
notre pain
avec les anges prisonniers
dans l'Averne.

De retour,
aux confins de l'épouvante
je sens
la lettre et le sang
dans toute la prison.Je doute de mes doutes
et j'aime.

Ricardo Gonzales Alphonso a été condamné à 20 ans de prison, le 4 avril 2003. Il était jugé pour " atteinte à l'indépendance ou à l'intégrité territoriale de l'Etat Cubain. Il souffre de graves problèmes de santé. Sa situation carcérale est régulièrement dénoncée dans la presse internationale par son épouse, Alida Viso, et par les épouses d'autres prisonniers politiques cubains, connues comme les "Dames Blanches".

Et puis un autre poème de Maria Elena Cruz Varela

Déclinaisons...

Saviez-vous que je détestais nommer le coeur
dans mes poèmes
et que, s'il est exclu, le coeur se venge ,
Aujourd'hui plus que jamais je montre des déclinaisons claires.
Et je fais le voeu d'humilité. J'ai une voix très douce.
Je monte sur scène en un léger murmure.
Je découvre mes faiblesses par un coup d'éclat;
y-a-t-il parmi vous, mes tendres amants,
Quelqu'un qui oserait serrer jusqu'à étrangler
la sangle et le harnais de la bête ,
Lui faire porter une lourde charge. Lui battre les flancs.
Lui dire marche.
N'entends -tu pas le sifflement sinistre du ravin ?

Lorsque Maria Elena Cruz Varela fut arrrêtée à Cuba, dans son domicile de La Havane, en 1991 , elle fut trainée par les cheveux dans les escaliers par des homes de la Sûreté de l'Etat. Ceux-ci lui enfoncèrent ses poèmes dans la bouche sous les yeux de sa fille. Elle fut ensuite emprisonnée pendant 2 ans. Son crime, c'était d'avoir créé un groupe d'opposition " Criteroi Alternativo", d'avoir distribué des tracts aux militants du Parti communiste qui se rendaient à un congrès officiel, entre autre. Mais elle fut aussi condamnée pour sa poésie qui ne s'accordait guère aux conventions officiellement admises, à savoir les louanges au régime en place et à son dirigeant suprême, les chants de la révolution triomphante.

Quel rapport entre l'introduction de cette page et ces deux poètes cubains, l'un prisonnier politique, l'autre, exilée politique. Je suis " entré en land art" réellement, le jour où j'ai connu Ana Mendieta. Avant, j'hésitais entre la Goldsforthitude et Nilsudotude. Quelle pauvritude!!!
Il se fait qu'Ana Mendiata raflée sur l'île de Cuba par des Américains inspirés, dans l'opération "Peter Pan"( rien à voir avec Michaël Jackson ) vécu sans terre véritable entre celle des ses parents, Cuba et celle de ces " enleveurs" les USA. Ana Mendieta, papese du Land Art, pionnière du MLF et artiste visionnaire, travailla beaucoup sur l'île de Cuba. Victime d'un conjoint violent, elle choisira de se défenestrer( elle aussi) à New-York, vers l'âge de 38 ans.
A croire qu'une violence faite à un être n'est pas suffisante pour le réduire aux rêves de ses bourreaux.
Je crains que cela ne cesse et les poètes seront toujours pourchassés afin que règne l'Ordre.
Lisez ces poèmes à haute voix, vous en ressentirez toute la profondeur.


Roger Dautais
Trio Cubain

Photo 1 : Maternité
Photo 2 : Échelle des jours
Photo 3 : Concentric star
Photo 4 : Identité

Créations land art in France Roger Dautais 2009

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

samedi 3 octobre 2009






Le land art, est une discipline qui intègre totalement le concept de l'entropie, du périssable, de la fragilité de la vie, de l'éphémère. Montrez l'archétype et l'on vous bombarde, écrivez dans le sable et l'on vous enferme. Il faut de l'authenticité dans l'installation. J'y dépose ma vie en caution.
Je jette un regard lucide et modeste sur mon travail, quoique vous en pensiez. Il me reste tant à découvrir.
Il y a quelques années, j'avais préparé un travail commun avec une artiste Américaine, Michèlle M. Nous n'avons pas poursuivi les travaux, seulement l'amitié. Il me restait aussi ces photos présentées ci-dessus l'occurrence.

Roger Dautais .
Nuit du 2 au 3 Octobre 2009 en Normandie.



à Lucien, Moïse Dautais
mon père...


C' en est fini
de compter les étoiles
Elles peuplent mon firmament.


à Leone Clément,
ma mère...

Trois
ritournelles blanches
Gwenn ha du
Le Dimanche,
elle aimait rire sans vin.

à José Matouch...

Trop de vin
Trop de blé, trop d'argent
Elle mentait, cette vie.
Elle n'était pas mienne.

à Toff....

Terres, de loin,
Je vous vois
Qui m'attendez.
Ouvrez
le sillon
qui portera mes cendres.

à Maria Cécilia de Huloa Flozé...

Mondo cane,
Sur les trottoirs de Montmartre,
Pauvre folle,
Elle vascille, ma mémoire.

à Guy Allix...

Ici,
Au moins,
Les choses sont
Claires, ici
Le café est bon, avec l'ami.

à Marie-Claude Sévenec...

Bredouille,
Je rentrais, mouillé de toi.
Tu m'attendais, sous l'étoile.



J'ai brûlé des pierres
ma vie durant.
Je l'ai noyée dans ton regard.
Le feu et l'eau
rassemblés.



Il faut beaucoup
jeter
De regards pour pêcher
Si peu.
N'exister que dans ton regard, enfin...


Roger Dautais


" Si j'évoque, dans ces poèmes, l'Espagne, le Brésil, l'Allemagne, la France, le Nord, la Bretagne, sous les mêmes étoiles, c'est qu'il y a bien une raison, autre que la folie dont vous me parez. Je suis issu de l'amour, en doutiez-vous. Le reste me regarde. trop de langues de P... s'occupent de ma nécro. Laisse-moi mourir à mon rythme.
Les nuits sont longues, je me lève chaque matin, vide, bien reposé, neuf au regard du monde, accouché par elle qui bée sur le monde. Chaque matin, enfant, aussi naïf, chaque soir, après, jurant, vociférant le point levé, petit moucheron posé à la surface du globe, pareil au Président, pareil au Clochard céleste... humain.
Nous gesticulons et puis un jour, quelqu'un passe et éteint la lumière, au bord d'une autoroute, ou dans une chambre d'hopital. Dites, l'infirmière de garde, ce jour là, ne vaut-elle pas tout l'or du monde, son regard dans le vôtre, votre main dans la sienne quand elle vous dit :
" dormez Monsieur, c'est l'heure, la Grande, la Vrai, la Dernière heure".
*
"Ecrire, n'est pas de mise, ici. Je parle de l'ailleurs, pas de ce lui que vous connaissez, non, de l'ailleurs.
Il faudrait comprendre pourquoi, mais je n'ai jamais eu le temps de faire autre chose que de suivre l'étoile. Mais cela en vaut-il le coup. Pensez-en ce que vous voulez. Le sang coule dans mes veines comme dans celles de François, le Camerounais de Tailleville, de la même couleur. Fraternité. Ah, oui, je sais, ça fait rire les gens "intelligents". Fraternité, malgré tout, hors les murs et dedans. Comprenne qui le peut.
L'essentiel n'est plus dans cette page qui se termine en cette fin de nuit. L'essentiel est dans cette vie qui m'irrigue et permet d'être au monde, le plus beau des cadeaux, je le dois, avant tout à Maman et Papa. La suite ne fut que péripéties".

Lisez Roger Munier, Guy Allix,Myriam Montoya, Joel Bastard, Erri de Luca, Nan Aurousseau, lisez Jean Rivet, Yvon Le men,Françoise Ascal, Jacqueline Clément-Tanner, Dominique Fourcade, Mahmoud Darwich.


à ceux qui, tombés des fenêtre, trop jeunes, nous crient : gare !

"Le mondes est beau, vous savez,
quand s'arrête le compte...Tic...tac...Tic...Tac...Tic...Tac...
Sans moi, sans, toi, sans nous, sans vous.
Il tourne , le monde et nous emmène,
tous ensemble ...Tous ensemble..."

Vous avez entendu cette chanson,
mais si, bien sûr, à la télé, avant les résultats du loto.
*
Nicoloz Baratachvili termina sa vie à 28 ans, en Georgie. Il écrivit :

.../Mourant, je ne verrai
Les larmesde mes proches
Mais l'azur m'enverra
Sacéleste rosée.../

Il reste un des plus emblematiques poètes de ce petit pays du Caucase . Dénichez ses oeuvres chez les bouquinistes des quais de Seine, à Paris et lisez-les, aussi.

Le Dimanche reste un jour sacré, pour moi,vivant. Je vais, je respire, regarde, goûte, écoute, sens, touche le monde. La vie est en moi, je vous l'ai dit, pour toujours, jusqu'à la dernère seconde, comme je l'avais expliqué à Yvonne Guégan, ce peintre disparu à plus de 80ans, à l'oeuvre jusqu'à l'ultime. Reconnaissance et respect. Je pense à vous, ce matin Yvonne en terminant cete page quotidienne, à vous et à votre oeuvre humaniste.

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

aux premières nuits d'automne,

elle sont si longues...


Vivre un éternel décalage
Dans le regret
De ne rien regretter.


*

à Miguel Angel Estrella

Es-tu si las
Que ton visage ne le dit
Ou me parles-tu de ton voyage...


*

à Guy Allix

Dire ce chemin
Et partant, oublier de marcher
C'est, manquer écrire.

*

Je n'ai rien dit
de la sorte
Partir était compris dans mon silence.

*

Il est trop tard
Pour mentir
Trop tôt pour mourir.
Il est temps de tout vivre
Comme avant.

*

à Myriam Montoya

Ne rien regretter
Ni le gel, ni le sol rugueux
Ni le dos cassé au travail
Se courber,seulement,
Devant la Nature.

*

à Roger Munier

L'idiot bavait
sous les coups.
L'insane vérité, C'était moi.

*


J'aurais dû...
Je n'ai pas su
Mourir à temps.

Chasse le jour
De mes pensées
Laisse moi
Dans le noir, Papa.

J'irai le
retrouver
Ce père.

Je n'avais pas
de cris, Simplement des larmes,
Comprenez -vous.


Roger Dautais


Oui, je sais, la photo, ce n'est pas du land art.Oui, je sais, il faut que je foute ce cadre en l'air. Merci aux conseilleurs en art contemporain de leur célérité. Moins de zèle, sil vous plait, laissez moi finir ma petite vie.
Toutes les personnes citées ci-dessus, font partie des poètes que je lis en ce moment, avec grand bonheur. Quant au grand Miguel Angel Estrella, je vous ai déjà expliqué le rôle qu'il avait joué dans ma vie. Cherchez bie, vous trouverez cela dans mon blog.



à Claude Lelouch, pour son talent...



Après la tempête, tout redevient calme. En apparence, rien n'a changé. La mer est mer, la côte, côte. Seul un oeil averti, en descelle les conséquences.
Seul, un homme cultivé de la vie se met en alerte devant un bouillonnement intérieur révélé. Sur les crêtes des falaises à désespoir, se promène toujours le malsain badaud attiré par l'odeur du sang et la "possible" photo du cadavre.
Il en est de même pour la poésie, certains s'arrêtent aux mots et le photographient, d'autres, envisagent le pire.
Ce n'est que dans le pire envisagé que l'on peut entrevoir un semblant de vérité.
De mon talent, ils n'ont retenu que la folie et c'est cela qui m'a sauvé.

Roger Dautais

Il faudrait peut-être arrêter de pousser les gens au suicide et tout mettre sur le dos des cremones de fenêtres. Dans la photo, c'est le cadre qui est ennuyeux, dans la vie, certains le sont, aussi. Tout le monde n'a pas son parachute doré et les condoléances formatées ne ramènent jamais le mort.

Sur mes photos land art, je représente la vie, en ce qu'elle a de beau, lorsqu'elle apparaît sur terre, puis le rideau tiré sur une grand partie de crèves la faim, et ensuite, la maîtrise d'un geste qu'il faut acquérir pour tracer ces spirales de 46 mètres de circonférence. Pendant l'heure et demi que dure cette création, j'ai le temps de penser à la folie du monde contemporain et à ceux qui la génèrent. Pour en arriver là, il m'a fallu beaucoup travailler le "hors cadre". Il me faut, c'est absolument nécéssaire, être en vie chaque jour.
Le land art est une discipline exigente, qui demande à comprendre, pour celui le pratiquant, le sens du geste, l'entropie naturelle des matériaux, des végétaux, de la vie, tout simplement. Le land art demande à être servi par une bonne technique de prise de vue, mais ce n'est pas l'esentiel. Il faut privilégier le travail " in situ", rechercher l'harmonie d'un lieu, s'y retrouver, développer ses sens, appréhender les silences, la fragrance de l'air, le frémissement de l'eau, le parfum des terres labourées, le sucré de la fraise des bois, des myrthilles, la fluidité du sble du désert Tunisien quand il passe entre les doigts comme le bonheur, parfois. Nous sommes dans les deux cas, en face d'un phénomène " éphemère".
En cage, un homme ne chante pas juste. En prison, il rêve d'évasion et c'est bien naturel. Dans un cercueil, toutes ces fonctions ne servent plus à rien. C'est pour cela qu'il faut arrêter de pousser les gens à se défenestrer. Pensez à ceux qui restent, vous pousserez moins fort.

Roger Dautais

Je suis obligé de signer plusieurs fois mes textes, car je ne pratique pas le copier-coller, ou si cela m'arrive, je préviens et rend à César...
La ligne bleue (qui n'est pas des Vosges) apparue sous mes deux lignes, n'est pas de mon choix et je n'arrive pas à l'enlever. Nous sommes peu de chose sur terre!!!!!!!




vendredi 2 octobre 2009

à Lejb Grinbaum, à son voisin, à Sylvie
et à Manue, si sensible...


Nous sommes déjà
Faits
De ce néant qui nous attend.


*


à Emmanuelle Hattu...

Un peu d'hier
Un peu de demain
Entre les deux, l'incertitude.


*

Longue histoire
Longue plainte
Courte destinée.


*


Personne derrière
Pour faire crisser les graviers
du cimetière...L'abandon.


*


à Lejb et René...

Tombes jumelles
Que le lierre retient
De glisser dans l'oubli



*



à Sylvie...

Elle, dans sa gangue,
Boîte fracassée,
Les os, à même la terre.



*



à Guy Allix...

Ici se termine ma nuit
Limès ténu
Ici sera toujours mon pays.



Roger Dautais

"Carré des indigents"


Cette page est née d'un lecture nocturne d'un livre de poèmes paru, en 2008, chez Le Nouvel ATHANOR, sous le titre de Guy Allix. Nous passons notre vie à côté de si beaux paysages, sans même les voir. Ici, je vous parle d'un de ces paysages. N'y cherchez pas la paix, il n'y a que la vie. Allez vers ce livre.
J'ai aimé croiser cette lecture avec la mémoire d'un ami, de deux, de trois, promis, j'arrête ici, qui reposent au carré des indigents d'une grande ville de l'ouest,connue sous le nom de Caen. Je suis le gardien de leur mémoire. Allez leur rendre visite, regardez-les dans leurs yeux remplis de terre et reprenez votre route, elle vous amènera vers moi.
Je ne désespère pas de la mort, c'est la vie qui m'effraie dans sa forme actuelle. Le monde est fou..
A mes frères qui coulez lentement, tombez des fenêtres, à mes soeurs qui vous balancez au bout d'un corde, que ne vous ai-je connus, aimés, nous aurions parcouru, ensemble, ces plages Bretonnes où, l'enfant que j'étais, vécut l'abandon. Je rêvais déjà, d'en finir, j'avais cinq ans. Ce n'est pas un aveu pour faire bien, c'est la réalité d'une vie écrite, ainsi. Je ne regrette rien, j'ai pardonné.
La parole est donnée aux hommes pour qu'ils s'en servent, non pour qu'ils la perdent. Les morts, parfois, me le rappellent. Seuls, les Bretons me comprendront, et quelques autres aussi, bien sûr.
La nuit m'enveloppe. Je suis bien. Quand le jour se lèvera, ce sera encore, la vie, ma vie...Pour combien de temps...
J'ai aussi dédié cette page à une jeune prof, Manue, pour le travail d'écriture qui surgit de sa nuit. Elle est en lien dans mes blogs préférés. Elle y a sa place.
Voici comment la retrouver : http://jaime-pas-les-blogs.blogspot.com/
Merci à toi, Guy, tard venu et apparu dans ma pauvre vie, pour tout ce que m'a déjà apporté en quelques lectures. Tu sais bien, toi, que le principal n'est pas là. Allons...comme on dit dans le beau monde qui n'est pas le nôtre, allons, faisons quelques pas dans cet avenir inconnu dont nous devinons la fin.

Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Création et photo land art Roger Dautais Titre de l'installation " Le grand silence ", fait partie de la collection EXPO MANTES 2006. Elle comprend 50 photos encadrées 50x60 qui peut être louée à la semaine.

Les photos et les textes de ce blog ne sont pas libres de droit. Pour tous renseignements, vous pouvez m'écrire à roger.dautais@numericable.fr

jeudi 1 octobre 2009




Sara con sus cabellos de heroïna
Busca a intervalos
Entre los guijarros y las estrellas
Un destello del infinito
Entregada a la vvibracion del balajo
Explora en el Sueno ciudades sumergidas
Regresa con bestiarios y frutos
De nombres comicos
Tal vez su vientre
Conoce el secreto del helecho

Myriam Montoya


Sara et ses cheveux d'héroïne
Cherche par intervalles
Entre les cailloux, les étoiles
Un éclat d'infini
Livrée à la vibration du battanElle explore des villes submergées dans le sommeil
Elle revient avec un bestiaire et des fruits
Aux noms cosmiques
Sans doute son ventre
Connnaît le secret des fougères.

"La poésie n'a jamais changé et ne changera pas le monde. La poésie ne se réduit pas à rendre plus supportable, la réalité, elle est l'énergie qui traverse la réalité, qui la remue. Alors, pour quelques uns, la poésie devient essentielle".
Myriam Montoya

Vengo de la noche

Del rudigo de fieras
acechantes
De la huida por mil puertas
de la oscuridad


Vengo del fuego
De los latidos del corazon

Vengo de los cantico
Del sueno


Del culto de los muertos

De los ninos ocultos

Entre los arbustos del crepusculo

Vengo sola

Agitando ramos
Invocado rayos

Vengo de la noche que al fin

arroja sus languas fosforescentes

Vengu sola

Cruzando la linea del tiempo

con el aleteo vibrante
De mi hermano
en el espacio
.

Myriam Montoya

extrait de Vengo de la Noche

Myriam Montoya est née en 1963 à Bello, en Colombie. Elle a vécu en Floride, puis à Paris où elle a publié Fugues/Fugas et Déracinements/Desarraigos. Par ailleurs, Myriam Montoya, est marionnettiste.


"Cette page est dédiée à Olivier, parisien et fidèle passager de l'été, à Saint Aubin sur Mer, dans le Calvados( Nord -ouest de la France). Pour son talent certain, d'illustrateur, de graveur et de bien d'autres expressions artistiques, sa belle âme et sa simplicité."

Roger Dautais " Occurrences nocturnes "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



à Jean-Yves, Marie-Claude, Michel, José, Sylvain et Christiane,
Résident au Bastidou et sur la route du land art.



Le land art est un langage, une expression artistique qui participe au bien être, au même titre que l'écriture ou le chant. C'est un art en trois dimensions, comparable en cela, à la sculpture. Les installations " in situ " tiennent non seulement compte du paysage, mais aussi de la place du corps dans ce paysage. Marche, démarche, gestuelle, invention, création, mille mots pour dire que l'instant "l'éphémère est vécu par chacun à chaque seconde. Seul le présent est réel qui s'efface à chaque seconde. Le passé est achevé, nous n'y pouvons plus rien, le futur n'est pas encore réalisé. L'expression "éphémère" colle parfaitement avec le land art. Le éléments constitutifs de la Nature sont "convoquée et les occurrences réalisent des instants comme par exemple, sur la 2 ème photo, cette sphère enfermée dans ce corps de paille et qui représente à mes yeux, la maternité. En cherchant bien dans ce blog, vous retrouverez l'historique de cette installation.
Je peux facilement expliquer ma démarche d'artiste, sans tomber dans le jargon abscons de certains spécialistes. Il n'est pas nécessaire d'être obscur pour être compris, mais cela aide à construire son piédestal. Je ne vénère ni ne hait les critiques d'art qui continuent à m'ignorer, je pratique le land art.
Je rends hommage à l'équipe de PORTAIL DU LAND ART( il est dans mes liens favoris)qui m'a invité dans ses pages de ses sites. Hommage à leur professionnalismes, sobre, direct, ouvrant la porte à qui le mérite, offrant ainsi une chance aux artistes. Je n'ai pas leur style de rédaction, ce n'est pas mon but. Mes chroniques sont le reflet de ce que je suis, les personnes qui me suivent, me démontrent que je n'ai pas tout a fait tort. Je ne cherche pas à plaire à tout le monde.
Le fait de soulever une pierre, n'est pas du land art, mais cela commence parfois avec ce geste.
Je termine ici, avec cette troisième page, consacrée à Christiane et à ses " protégés de la Bastide" ( près de Dieulefît). Je leur souhaite de découvrir les joies du land art, mais aussi celle "d'être et d'aller " dans la Nature. J'attends des nouvelles de leurs travaux.
Bien amicalement à tous, aux résidents de cette bastide,


Cette joie de vivre, je la retrouve dans ce poème bilingue, Breton-Français de Lan Tangui. Je vous renvoie à son oeuvre et je vous conseille de le contacter pour lui dire ce que vous pensez de son travail. Pour ma part, si je l'ai invité dans ma maison, c'est pour sa qualité de poète bilingue. Il défend un identité Bretonne qui come toutes les identités échappant à la masse, doit se battre pour exister.

Roger Dautais



Swingan a ra, valsin a ra

E Ti Fanch Goll
En e-unan o kas jabadao -
Komz krenv a reer
C'Hoarzhin ha oalvata
Tomm eo an ti
Ur banne gwin ruz all yafe a-walc'h ganin
" Mar pliiiij ! "
Huchal a ranker ober
( Pounnerglev eo an ostizez)

Ca swingue, ça valse
Chez Fanch Goll
- Et c'est lui-même qui mêne la danse-
On en parle haut.

On rit, on se tripote
Il fait chaud
Il y a du feu dans la cheminée
Je prendrais bien un autre rouge
" s'il vous plaiiit"
Il faut crier
( La patronne est dure d'oreille).

Lan Tangui ,né en 1951 à Carantec dans un environnement bretonnant, Lan Tangui ets un représentant de cette génération d'écrivains en langue Bretonne apparus dans la lignée de Youenn Gwernig. Hanté par les Monts d'Arrée, il a habité à Scrignac. La feuillée, Botmeur, Berrien. Aujourd'hui enseignant de breton à Huelgoat, ce poète et nouvelliste est notamment l'auteur de recueil Mousafir. Son dernier ouvrage publié en Bretagne des hautes terres-Monts d'Arrée offre des poèmes en breton et en français sur des photographies extraordinaires de Gilles Pouliquen.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Tous les anges n'ont pas d'ailes.

Je ne suis pas en état de lévitation comme pourraient le prétendre certains "amis". Je parle aujourd'hui du drame absolu le handicap mental, la dépendance. J'ai rencontré Christiane sur ce blog et nous avons parlé. C'est ainsi qu'elle m'apprît sa proximité professionnelle avec ceux que j'appelle respectueusement "les anges" et aussi avec un peu d'humour. Je n'accepte de leçon de personne en cette matière. Beaucoup écrivent sur le sujet, c'est comme pour les prisons,d'ailleurs, pour gagner leur vie. Ca se respecte. Mais ce qui se respecte moins, c'est leur discours "off". Les murs ont des oreilles. La cupidité fait faire des chôôôôses, ma pôv'dame §
Donc, ces anges suivent Christiane dans des promenades où elle aimerait les initier au Land Art. Pourquoi pas. Je vais donc l'aider, par mail, privé et par ces pages de blog où ils trouveront, des images, le texte est pour les autres et même pour eux,s'ils le peuvent. Difficile de savoir ce qu'atteint le coeur d'un homme dans ces états limite, border line, j'y suis passé, j'ai le droit d'en parler. Ecoutez le discours de Gérard Garouste, cet artiste peintre de grand renom est aussi un homme, il met cartes sur table pour parler de son parcours dans la maladie. Ce n'est pas la célébrité qui doit rendre les gens malades sympathiques, c'est parce qu'ils sont avant tout, des humains et la maladie n'a jamais donné du talent, seulement de la douleur.. Garouste a fait beaucoup et continue d'oeuvrer dans son lieu d'accueil pour enfants autistes, dans l'Orne. Mais il ne cache pas non plus, ses difficultés, ses démons. Il faut avancer, pour ceux qui suivent, prouver que l'on peut faire avec, car les conditions de soin ont évolué. Des grands médecins aliénistes comme Lucien Bonnafé, celui-là mËme qui me fit l'honneur de préfacer mon livre Fol'Art, réalisé avec le peintre Normand, Yvonne Guégan, Lucien Bonnafé, libéra la psychiatrie, permettant aux malades de vivre dans la société. Il y a toujours, dans ces avancées, des contre courants qui se mettent en marche pour revenir à des valeurs, précédentes, sans penser à ce que vivent les malades, dans ces longs enfermements. Certes, les cas les plus graves y sont contraints, mais les autres, n'est-ce pas une meilleure solution que de les intégrer dans la société. C'est sans prosélytisme, sans attache à quelque religion ou politique, juste un courant de pensée humaniste, laïc, une libre pensée que j'essaie de rendre simple, accessible, fraternelle une action partagée autoutr d'une expression artistique. Si j'ai encore à donner, je préfère le faire à ceux qui n'ont pas, ont perdu, sont tombés. Pas de sainteté là-dedans, simplement, une expression humaine, artistique, sans prétention autre que de bien vivre " à fond" sans rien attendre.
Pour cette deuxième journée dédiée à ces Anges de la Bastide, là-bas, loin de la Normandie, dans le sud de la France, je propose 3 images , quelques haiku écrits cette nuit. Le reste sera pour demain
Bonne journée à tous

Roger Dautais
La route des anges

Haïku

Ici,
Tout est dit qui referme
La terre sur ton corps froid.



J'avais faim de terres gelées
Mes yeux
Se sont fermés sous elle.


Plus la peine d'appeler
J'ai rejoint
Le silence des mots.


Absolue blancheur
D'une mémoire,
Elle est partie sous la neige.





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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.