La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

lundi 11 juin 2012



 






Non  loin de la villa Pell Well, 
un menhir m'attend  peut-être...




En quatorze années passées  à parcourir des paysages,  j'ai toujours considéré  le temps de l'installation comme  un temps privilégié,  un temps à part, consacré  à la Nature. Ces occurrences se sont toujours présentées  comme des obligations d'honorer le lieu en s'adressant  à lui d'une façon spontanée qui ne se reproduirait plus jamais de la  même façon. La recherche d'une forme naît vraiment du lieu, de la lumière, des végétaux, des couleurs environnantes et la mise en place est presque ordonnée par la Nature.
L'exécution de l'idée qui nait sur le terrain peut être rapide, tenant compte de la disparition de la lumière, supposée imminente, avec un ciel qui se couvre. Elle peut être minutieuse, avec un temps de cueillette très long, à cause du choix des couleurs, des végétaux qu'il faudra trier avant de s'en servir. Je pense  parfois être  proche de l' intention du peintre en associant les couleurs et je vis des instants de vrai plaisir à réaliser ces installations colorées. 
Je pense bien évidemment,  aux installations flottantes, toujours délicates, parfois réalisées avec de l'eau jusqu'à  la ceinture dans des eaux froides. Je crains toujours plus pour mon matériel photo, installé sur un  petit radeau porteur, que  pour moi-même habitué à ce genre de bain.
Si  la contemplation de l’œuvre éphémère est légitime pendant un instant, je passe très rapidement  à celle du paysage dans lequel , elle s'inscrit. C'est l'aboutissement d'une démarche tournée  vers la Nature,  où l'on se sent, petit, mais bien accepté,  bien en place,  pour le voyage.
J’emporte toujours avec moi,  un   carnet où j'ai noté quelques poèmes ,  pour les lire, devant l'installation,  parfois  à haute voix, avec l'intention qu'il se passe un échange capable de transcender et l'un et  l'autre. C'est dans ce même esprit  de partage que je réalisais en 2001 des pierres peintes à la gouache blanche en caractère chinois et portant des  poèmes, lavés par la pluie, appartenant à ces pierres de silence au bout de quelques mois.
Une année que nous séjournions au sud de Saint Nazaire, non  loin de Saint-Brévin  les Pins, villa Pell Well
Je m'étais lancé dans une marche sur le littoral qui m'amena auprès d'un menhir de très belle taille. Ces lieux m'attirant par leur magnétisme, je réalisais une toute petite installation inspirée  par les lieux.(photo 8) De l'autre côté du menhir,  un homme et une femme, en pleine méditation, les yeux fermés, les bras ouverts. Ils m'expliquèrent que parisiens,  ils venaient au moins une fois par an, se " recharger " en énergie positive auprès de ce menhir, chose que je comprenais très bien. Je leur ai expliqué ma démarche de land artiste et nous sommes repartis chacun de notre côté, laissant le lieu témoin de cet échange amical.
Je pratique aussi cet art  pour toutes les rencontres, tous les échanges humains qui facilite, en France  ou  à l'étranger.
En quatorze années, le land art m'aura apporté d'immenses satisfactions et je pense que si ma santé le permet  à nouveau,  j'y retournerai.

Roger Dautais



Crayons de couleur

Le vert pour les pommes et les prairies,
Le jaune pour le soleil et les canaris,
Le rouge pour les fraises et le feu,
Le noir pour la nuit et les corbeaux
Le gris pour les ânes et les nuages,
Le bleu pour la mer et le ciel
Et toutes les couleurs pour colorier
Le monde.

Chantal Couliou

lundi 4 juin 2012





 à Guy Allix, fraternellement.



Derrière l'horizon commencent mes rêves...

J'ai souvent été interrogé sur ce genre d’installation et l'on me demande où  je peux y trouver un quelconque espoir  trouver. Il  est pour moi, dans le fait d'évoquer  un rite aussi vieux que l'homme , celui de sa propre disparition. Dans le fait d’incarner un futur obligatoire de  plus en plus facile  à  imaginer vue mon  âge, je charge ce gisant de "faire le mort" tandis que moi, je suis le gardien de ma vie. Création cathartique personnelle liée à  une pensée mobile qui a besoin parfois de  rejouer cette scène  pour vivre mieux. J'ai ainsi constaté des dizaines de fois que ces gisants, soient intéressaient sur le plan artistique -  je pense  à la photographe Belge Artitia, qui y consacra de très belles pages sur son site,  il  y a quelques années pour la série des Gisants de Sallenelles - soit effrayaient le promeneur qui restait muet, respectueux, voire en retrait. Mais jamais je n'ai entendu de railleries  à leur sujet, comme si le faire  les aurait entrainés à  parler d'un  sujet dangereux pour eux. J'y sentais une superstition remontant du fond de l'humanité, un mauvais sort  à éviter, jusqu'au  point de me les faire détruire.
Tous mes gisants de sable, de terre, de pierre, de bois, d'herbe  ou d'algues, pourtant loin de ressembler  à un être humain,  portaient en eux, au delà de cette image maladroite, une force magnétique capable d'évoquer un symbole qui les gênait.
Toucher  à la mort par la fabrication des ces installations éphémères dont l'entropie était pensée, organisée, se partageait mal, dans l'idée avec nos semblables.Né  en Bretagne, cette proximité de la mort faisait partie des us et coutumes, que je ne retrouvais pas,ici, en Normandie. Ainsi  l'acte créateur montrant notre propre disparition in situ, révélait un interdit tenace. Lorsque j'expliquais qu'il ne pouvait avoir de place pour le regret dans ces créations faites pour disparaître et que leur entropie m'offrait une seconde délivrance, j'étais devant un  mur d'incompréhension. Comment leur dire autrement que, créateur comblé par le geste de la mise en place, et ne possédant rien de tout cela, par choix,je me libérais aussi du  poids de la possession.
Devant ces gisants, certes très troublant parfois  même pour moi,  il revenait  à chacun de rechercher ses références  personnelles ou de l'ordre de  l'archétype.
Pour le spectateur,  il y aura  plusieurs niveaux qui pourront aller de l'appréhension, de la compréhension, du partage de l'idée  avec moi, de l'envie de faire la même chose  à son tout lorsque la part de l'humain se révèlera,  indémêlable du tout construit et déclencheur de l'émotion. A cet instant où  le rideau se lève entre le monde réel et le monde imaginé,  il convient de pousser plus loin le voyage, la vision,  jusqu'à satisfaire cette envie d'enchanter le monde.
Un jeu fragile dans son déroulement sans la complicité du soleil  en pleine course d'une journée qui l'épuise  à force d'être présent.De toutes petites réminiscences de ma propre vie s'entrechoquent, alors, pour retrouver une place et s'organiser dans ma mémoire amnésique.
Maelström  majeur pour étincelle de création dont il ne restera rien aux yeux de l’univers dans lequel  il existe.
Ayant terminé ce grand gisant de pierres sur la plage de Lion sur Mer,  je me disais, en regardant le large :
"Je sais  pourquoi la mer change de couleurs, mais je feins de ne pas le savoir. J'aime que ce mystère survienne dans mes pensées. Derrière l'horizon commencent les rêves. Ile se déplacent entre la mer et le ciel, accompagnant la course du soleil. C'est bien comme ça".

Roger Dautais
à propos de mes gisants... 4 juin 2013  18H10




Le silence gravi
traverse les mots
engendre la pensée
 
Je ne nomme pas 
l'alchimie intérieure
 
J'inscris 
sa présence
dans l'empreinte du temps.
 
*
Les mots 
entrouvrent une porte 
sur  l'autre monde
présent dans celui-ci
 
Ils rendent presque visible
l'invisible
à l'improviste.
 
*
La langue
n'est que l'écorce
de l'esprit
 
Seule 
importe
la sève
préservée.
 
*
Le cercle du ciel 
me traverse
et me surprend
 
Lieu de condensation 
de la lumière froide
 
plus mobile 
que l'électron.
 
*
Sans nul repos
de la pensée
je nomme
pour retenir
la brûlure des mots
 
à la frange de la conscience
jusqu'à l'extrême point.
 
*
Une concrétion de mots 
biface
entre la mémoire et l'oubli
entre l'espace et le temps
réinvente
une vie silencieuse
murmurée
à travers la durée.
 
*
Je reprends le voyage
sans trouver le port
ouvert dans le silence
 
Une main invisible
rassure
éclaire le regard
quand plus rien 
ne tient
 
Un soupçon de sève
où se promet le sens
accompagne le secret.
 
*
De l'humidité 
de l'humus
surgit
la palpitation du monde
 
Un mouvement de l'âme
m'accueille
et me fonde
surgi
de l'extrême pointe 
du désespoir
 
l'ignorance précède
ce qui se tait.
 
*
 
Je sais
l'affleurement
des mots
au cœur du silence
 
Au vif du vent
un autre versant
de moi
se découvre
 
à l'écoute du monde.
 
*
Dans  l'infime écheveau
où la parole se déroule
je cherche la vie
à tâtons
 
J'avance
mot à mot.
 
Marie-Josée Christien
 
Texte paru dans l'anthologie " 5 Voix de Bretagne " 
présentée par Jacqueline Saint-Jean aux éditions Encres Vives (2007).
 




 
 
 

mardi 29 mai 2012












à Raymond, parti rejoindre ses étoiles...


Cette année là, lors d'une pose en plein soleil,  j'avais marqué sur  mon calepin : la terre, elle souffre. Je me souvient très bien de l'avoir accompagnée dans cette souffrance en cette année de grande sècheresse, au fond d'un carrière de la région. J'avais , dans la foulée,  installé cette petite tombe blanche, faite de croûtes de cette même terre calcaire, avant d'y déposer le corps d'un enfant. Deux herbes croisées sur loi, évoquaient le linceul, ficelé. On ne peut être dans ces gestes hautement symbolique évoquant aussi la mort de notre terre, sans ressentir  une grande émotion. Qui  peut me comprendre?
Descendre  à 50m au fond d'une carrière a ciel  ouvert, c'est très vite abandonner un quelconque esprit de grandeur. Il était précieux pour  moi de ne jamais dévoiler ces lieux,  où je pouvais,  à loisir  perdre cet horizon naturel et goûter les frisons du danger. Ainsi,  pendant dix années, j'ai visité,  puis squatté ces carrières avec cette impression d'être au cœur d'un grand sablier  qui décomptait mes jours:  à  moitié enseveli au royaume des morts,  à moitié tourné vers la vie, et le ciel vide qui me tendait les bras, rempli de vie et d'oxygène. Le pire était  un orage qui s'annonçait par quelques grondements, suivi d'une  pluie violente me faisant craindre,  injustement, la montée des eaux du lac central  où je disparaîtrai, noyé. Ce qui  n'est jamais arrivé !
Les autres vrais dangers se vivaient dans des escalades en milieu  non stabilisé,  où sur des enrochements pentus,  à 45°. Combien de fois, suis-je parti dans des glissades de 15m que seul  un méplat arrêtait avant la chute dans le lac. J'ai vécu des chutes plus brutales  d'où je sortais assommé, le corps rempli de bleus, mais je n'ai jamais eu de fractures. Dans ces lieux difficiles,  j'ai vécu des grands moments de bonheur en  harmonie avec la nature. J'aime les  pierres, je vous l'ai dit et j'ai entretenu de véritables dialogues avec elles.
Je leur ai confié des poèmes, sur des petits papiers que je glissais dans les cairns, persuadé qu'elles en gardaient la trace dans leur mémoire. Été comme hiver, survolant cet espace, des faucons m'envoyaient leurs messages : 
- On t'a vu, tu es ici chez nous, on te connais, maintenant. Sois le bienvenu.
Quel bonheur de refaire le monde selon son  imagination !
C'est vrai, en ce qui concerne les carrières cela dura au moins, dix ans. J'y ai élevé un nombre considérable de cairns que je retrouvais, quelques mois  ou années plus tard, couverts de fientes d'oiseaux. Signe qu'ils les avaient apprécié et utilisé  comme perchoir d'observation pour observer leur territoire. J'ai cessé de fréquenter ces lieux régulièrement,  il y a deux ans, les jugeant trop dangereux.
Par chance, habitant près de la mer, non  loin d'un fleuve côtier et auprès de quelques rivières., je passais d'un milieu à un autre, traversant les saisons, certes éprouvantes lorsque l'on travail dehors,  mais avec un tel  plaisir.
Je vis  un temps intermédiaire entre cet accident de la vie et l'envie de reprendre  un  jour le land art, une fois la convalescence terminée.
J'anime ce blog, comme je peux et rencontre parfois incompréhension ou rejet. Je le comprends et en même temps, comment parler du  land art, tel que je l'ai vécu avec un scientifique froid et distant,  moi qui suis le contraire. J'ai besoin de voir le spectacle du monde, avant que le rideau ne se referme. J'ai besoin de sentir la nature, de goûter à la salinité de la mer, d'écouter son chant au jusant. J'ai besoin d'inventer  un  monde différent que celui proposé. Alors, je l'invente avant de l'habiter. Je veux que mes créations deviennent dialogue, parlent de la nature avec elle et m'apportent sa réponse. J’attends que cette Nature me raconte l'histoire universelle, détaché provisoirement du  monde  moderne et me fasse retrouver toute mon humanité.Celle dont me parlait Raymond et qui se perdait si facilement  pour peu que nous soyons dans le mauvais convois ,  où comme  lui, rescapé d'une sale rafle,  puis grand témoin d'une histoire qui n'aurait jamais dû être inventée par des hommes. Si je pense  à lui. Oui, j'y pense très souvent.
Je sais, ce n'est pas raisonnable et cela ne sert  à rien aux yeux de certains. Je ne leur en veut pas, mais je ne suis plus intéressé par leurs discours. Qu'ils continuent  à croire dans leur expertise, leur enseignement, qu'ils nient la poésie née d'un cœur malade si cela leur chante, je continuerai mon chemin loin de ces savants qui ne m'apportent plus rien.

Roger Dautais



Haiku

Etoile filante
voeu d'un enfant
à Gaza;


*

L'ombre d'un  papillon
butine l'ombre d'une fleur
sur le bitume.


Tanka


Soirée froide et  pluvieuse
sous les néons de l'abri-bus
des amoureux s'embrassent
je regarde
l'ombre  à mes pieds


Lydia Padellec

mardi 22 mai 2012




 à Linda Lourenço

La vie hors cadre...


On se demande parfois  où les gens vont chercher leurs questions. Il est vrai que le land art a toujours fait parler, qu'il soit pratiqué par de grands artistes internationaux  ou par d'autres, ce que l'on  y voit ne devrait pas se voir. L'une des plus belles questions  à m'avoir été posée dernièrement, est la suivante : 
ça sert  à quoi ? suivi d'une autre:   faire tout ça pour aller où ?  En effet,  pauvre dame, l'art ne sert  à rien,  à si peu. . Se disant écrivain, j'aurai dû à  mon tout, l' interroger. Je n'ai  pas eu le culot de lui demander  pourquoi elle écrivait des livres alors qu'il y en en a tant déjà. Si  l'on rentre dans ce jeu,  on ne fait plus rien, si,  on fait comme tout le monde,on s'aligne et  l'on reste muet.
 J'ai décidé de vivre autrement. Parce que, le peu m'intéresse,  comme il intéressait Pierre Sansot, écrivant Les gens de peu, avec tant d'humanité
Mais cette brave dame  me revient  à l'esprit  en ce moment après avoir choisi  pour vous des installations qui ne servirent  à rien et qui me donnèrent beaucoup de plaisir à les réaliser. Jamais, je ne me suis posé la question de savoir si j'avais le droit de réaliser des gisants entourés de feu pour évoquer le grand passage. 
Jamais je ne suis allé chercher le gardien du jardin des plantes pour lui demander l'autorisation de ranger ses feuilles mortes en forme de spirale. Je l'aurai empêché de dormir. Je n'ai jamais demandé l'autorisation d'élever des cairns, parfois très grands, sur l'estran, entre deux marées au propriétaire des plages du littoral. Et  lorsque j'ai réalisé cette sphère, fabriquée en partie de cornouiller car ce bois évoquait mon grand-père, sourcier, je ne sais pas  où je suis allé chercher cette idée de la faire voyager dans le temps sur une année, et dans des espaces différents : mer,  marais,pâtures, ruisseaux, rivières, fleuve. Je l'ai fait ainsi car cela devait être fait. Personne ne m'a dit de la brûler en cette fin de périple et de jeter ces cendres dans le fleuve. Je la voyais finir comme ça, c'est tout.
J'ai procédé de la même façon, que ce soit en Égypte, au Maroc et en Tunisie, à  la rencontre d'autres cultures, d'autres peuples qui là-bas ne m'ont jamais posé de ces sortes de questions.
Ici,  on aime bien l’alignement, le conventionnel,  le cadre. Je m'étais rendu compte rapidement que je 
n'allais pas dans ce sens , mais cela me plaisait, alors j'ai réalisé cette  installation montrée sur la dernière photo de la série. Je l'ai appelée, La Vie Hors Cadre parce que le cadre photographique écartait tout ce qui ne rentrait pas dans son cadre, ce hors champ  où la vie existait, malgré tout,  où il se passait des chose et des événements que nous ne verrions plus  à cause de ce choix de photographe et qui valaient la peine.
Une fois de plus, la vie me pousse dans les marges,  pour raison de santé et cela me force à inventer,  à regarder autrement le spectacle du  monde.C'est le seul avantage de cette situation mais je ne vais pas m'en priver.

Roger Dautais



Je vous conseille la lecture de très beau poème de Henri Droguet. Un  poète que ne demande l'autorisation d'écrire  à personne et comme il fait bien  !


TOUT VENANT

Il a déplu
brocante et troc l'or fluide
et fourchu des foudres
s'efface au ciel  ouvert et sec
comme la langue d'un  pendu

ainsi autour d'ailleurs au temps
du capiteux loisir l'amour uni
que ardent fou s'en va-t-à la
prairie saugarure bigrenue
duveuteuse et bruissante
aux acharnés zonzons des melliflus essaims
 et bombinants paquets de mouches
 à conchiure 

et c'est l'hiver
-onglées! chemins  pourris !
l’œil vitrifié de flaques!
jonchaies brisées à la grisure!-
le décontent  marche demarche
contremarche enfin défoui
de ventre  à sa moman
loin des années vertes noires
-pères & fils semblablement tordus
rogneux et muets
                        il  mesure la mer
au-delà de la mer
s'encréche entonne aux mages
face  à l'âne et le boeuf
le chat la belette et le catoblepas
son hymne et ses antiennes

Cap à nulle
part au blanc rien
cap au ni vu
ni connu noir
taille ton  pain
taille ta route
sauve le vent!
Avance ! Avance
              à la fin...

Henri Droguet
11 décembre 2011

Membres

Archives du blog

Qui êtes-vous ?

Ma photo
Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.