La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

vendredi 10 mai 2019

Migrants  : aux  âmes de Lampedusa.
La trouble illusion de vivre ;   pour  Agnès Bihl
L'heure unique : pour Jean Aunay,  frère de Loge
Affection  :  pour Ariane Callot


Ce qui donne un sens à notre comportement,
à l’égard de la vie, est la fidélité à un certain instant
et notre effort pour éterniser cet instant.
Mishima
Le pavillond’or



Déplacements

Voyage n° 1
Ni dans le monde,ni hors du monde, j’avance dans cette insécurité partagée, espérant du mieux, comme je souhaite une meilleure vie au cairn qui s’écroule.

Voyage n°2
N’apposer qu’un dernier regard sur le monde,sans regrets et me dissoudre dans l’amnésie générale.

Voyage n°3
à Maman
Oh ! C’est très simple, ce que je voulais dire, en Janvier de cette année là, à cet instant même où elle quittait la terre pour toujours, tout était pareil, vous savez, au temps de mon enfance : l’air, l’eau,la terre, le feu. Mais les hommes avaient oublié l’amour. Le éléments me fascinaient tout autant. Pourtant,cela n’avait pas suffit à éviter le drame. Vous me croyez joyeux, mais c’est de la désespérance dont je parle encore aujourd’hui, en pratiquant le land art autour de l’air, l’eau, la terre, et le feu.

Voyage n°4
Rencontre
On attend l’orage, ensemble, sans parler. Chacun avec ses craintes, ses peurs, ses attirances,ses frisons, peau contre peau. Après, ce sera mieux, sans doute, sur les grèves de Sené.
Certains attendent la pluie pour leur jardin.
Je l’attend pour cette mélancolie qu’elle m’offre à vivre, sans pouvoir y échapper.

Voyage n°5
Annulé


Voyage n°6
Elle a affaire avec l’invisible. Beaucoup trop, selon la foule. Elle devient invisible. Étranges ses visions pour les initiés.Prophètes, poètes ou mystiques, ils le savent en la voyant dans l’ordinaire de ses jours. Si elle manque de temps pour tout faire, elle allonge le temps, voyez. Si c’est pour l’amour ce manque, alors elle allonge l’amour, jusqu’à l’asphyxie. C’est son jeu, voyez., faire tanguer le navire, bouleverser qui embarquera avec elle.
Elle déclenche l’orage, dans ses hanches et personne n’aurait imaginé ça, dans l’ordinaire de ses jours. Les prophètes se noient dans ses fragrances. Tourbillons de fatalité invisible, voyez.
Il ne faudrait pas quitter la lumière blafarde des réverbères et s’enfoncer dans les docks, se faire oublier dans la nuit poisseuse. Il ne faudrait pas se perdre par là, au pays des gueules cassées, des poivrots cuits. Il ne faudrait pas risquer de se perdre par là, sous les grues à charbon.
Elle se serait tapie, voyez, pour attendre, pour provoquer, pour cueillir l’invisible, malgré les visons des poètes, des prophètes et des mystiques, magnétisés, consommés sur place, debout.
Mante religieuse de l’amour, je vous dit. Voyez comment c’est facile, dans l’ordinaire des jours,de perdre sa vie, sur les docks, pour un baiser de trop.
Roger dautais
Texte écrit sous morphine
Service de cardiologie
Rennes Pontchaillou


Voyage n°7
Crac’h
Comment dire ces instants de beauté fragile, lorsqu’au coucher de soleil, un de mes cairns, s’apprête à vivre l’unique nuit de sa courte existence.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

 


***
 Agnès Bihl

jeudi 9 mai 2019

Yoni  : à la marcheuse aux  pieds nus
Rafle  :  pour Ilana (+ 1942)
Black Quarry  : To Richard Shilling
Franchir le  pont  : à Raymond Anisten
Demande de logement .
Petit  oiseau sentimental cherche
abri dans cage thoracique, près cœur sensible.  
Pierre Dac  - L'os à moelle.



Les Espérides



Rez-de Jardin
Si tu perds ta liberté de créer en te demandant, par exemple, ce qui pourrait  plaire  à tel  ou tel public, tu peux abandonner l'art. Ce n'est pas  pour toi. Le conformisme n'est pas dans ma nature, ni marcher dans les  pas de tel  ou tel artiste. Éclater les codes, introduire le symbole, aborder tous les sujets, prendre des risques, voilà ce qui m'a toujours guidé dans le land art. Je ne crains pas la critique. Je ne m'en occupe pas. Plus le temps de  plier sous le joug, quand la dernière  ligne droite est si parlante : la mort,  mon ami, voilà ce qui m'attend,  à brève échéance.
Il est donc plus nécessaire d'expliquer dans le détail, chaque land art. C'est suffisemment parlant.

1er étage
Jeong
C'est le lien puissant  qui  unit deux  individus, entrainant une générosité et une affection mutuelle indéfectible. Ce peut être des atomes crochus qui apparaissent des la première rencontre,  ou bien  une confiance qui s'installe dans la durée. Ce sentiment se décline sur le  plan amical ou  intime.

2ème étage
L"aube bascule. Le jour vire au blanc sur le marais. Le langage des eaux se désarticule. Les âmes en peine s'étreignent. Je te  reconnais, là mais je peux rien faire.

3ème étage
Je pense qu'il faut donner à l'art bien plus que  l'on ne reçoit. C'est pareil en amour, où  il faut donner le  meilleur, de cœur  à cœur quitte à en perdre la vie.

4ème étage
On est pas  obligé de donner des  formes aux choses crées. On  peut aussi s'abandonner  à elles. Guetter la surprise d'une sensation nouvelle, née d'un regard inconnu, croisé, éphémère, sans  vouloir le retenir plus que ça, t'emmène dans  un bouleversement des sens qui peut aller très loin.

5ème étage
En travaux.

6ème étage
à Marie-Claude
Encore  une fois, avant la  plus fâcheus des conclusions, croire  à la jeunesse du soleil levant, dans l'éclat de tes yeux
Encore une fois, parcourir le chemin  invisible qui mène  à la mort, sans le voir.
Encore  une fois, après "avoir-été" , "être" en toi,et risque ma vie au quotidien, sans regrets,  à tes côtés.
 Que rien ne se mette en sommeil en moi,  jusqu'à l'ultime seconde et  que le  mektoub me fasse  brûler ma vie dans l'amour, quitte  à en souffrir.

7ème étage
à Mooji *
Félure
Le temps  me dépouille. La  nitrification des idées, me rend,carcasse rigide, le mental, épais. Mais quand reverrai-je donc cette lumière  intérieure qui m'indique la bonne direction ?
Mais quelle peut être la réelle altérité dans ce partage de cœur  à cœur ?


 à la Marcheuse du Sal
Sita Ram
https://www.youtube.com/watch?v=M_XsWZahsmQ

Toujours en  progression , LE CHEMIN DES GRANDS JARDIN
atteint des 480000 visiteurs et approche des 500000. Tenir un tel blog est très difficile  pour  moi, surtout  pendant ma convalescence, mon opération à cœur ouvert ne remontant qu'à un  mois. Un bonheur de  réussite pour ce blog qui mit  plus de deux ans  pour décoller de  anonymat !
Merci à tous.
 Roger Dautais

mercredi 8 mai 2019

L'échappée belle  :  pour Jacqueline O.
Alliance :  pour Josette de la cachette
Destins croisés : pour Odile
 
 Rien n'est plus désolant que ces gens 
 qui ne disent et ne font jamais rien de " déplacé". 
Christian Bobin



Café Latté

Je te  l'avoue bien simplement, ne pas entrer dans la copie conforme, c’est une de mes limites et je  m'y tiens. Ma folie créatrice est bien plus débridée que cela. Que l’on me copie ne me gène pas. Ça fait partie des reconnaissances possibles et  ça  peut me faire  plaisir.
Mon idée, depuis très longtemps, c’est de vivre quelque chose d’exaltant, tu comprends et d’avancer dans cette direction jusqu’au  terme de ma vie d’artiste. Ce qui approche, maintenant que je suis âgé et malade.
Je ne cherche pas à me maintenir au sommet., ni à préserver mon image.
D’ailleurs, cette notion est très subjective. Quand une personne te décrit comme l’un des meilleurs land artiste , l’autre te trouvera, quelconque.
Le land art n’échappe ni aux passions ni aux règlements de compte. Tu vois ce que je veux dire.
On ne peut pas, dans ce domaine, tenir compte des opinions. Laissons cela aux politiques et aux algorithmes qui le construisent.
A notre époque, qui accepterait encore, de tout perdre de son, savoir, chaque matin, de se remettre en question, puis de prendre la route, sans défenses ni repères, à nu ?
Peu de gens, sans doute.
Le mental est fort résistant. Il ruse, il nous trompe pour garder le contrôle. Or, seul le cœur à cœur, entre la nature et moi, m’intéresse, car il est capable de faire naître ce courant de confiance, pour éradiquer ses résistances ;
On voit bien qu’il reste l’essentiel : une disponibilité totale des cinq sens, capable de capter toutes les énergies créatrices, présentes dans la nature.
Seulement après l’apparition de cette alchimie personnelle, advient l’instant lumineux qui permet à l’idée de surgir. Certains appellent ça, l’inspiration.
Reste à objectiver cette idée cette idée, puis à me servir de mes mains. Un nouveau land art vient de naître, qui me surprend toujours. Tu sais, je ne suis qu’un exécutant, un passeur.
D’ailleurs, je n’aime plus l’idée d’enseigner le land art, comme je le faisais autrefois, je préfère le partager, en discuter quand il faut, comme avec toi, ce jour, autour d’un café latté.

RogerDautais

à propos du land art, le temps d’une rencontre avec un ami.

 LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

 Les 3 création  land art, présentées aujourd'hui  ont été réalisées dans les années 2000. 
Petite précision  pour ceux qui donnent de fausses  infos, me concernant, j'ai bien résidé 30 ans en Normandie et non, 3 ans comme je viens de le  lire.



***



Taoïsme

Pour régir les êtres, on mesure à l’aune du yin et du yang. Pour régir le grand tout, il existe six mesures : le ciel est le cordeau, la terre le niveau, le printemps le compas, l’été la balance, l’automne l’équerre, l’hiver le poids de la balance.


 Mon corps est uni à mon centre, le centre est uni à l’énergie, l’énergie est unie à l’esprit et l’esprit est uni au non être

Lie Tseu

mardi 7 mai 2019

Remember  : to  Maé

Anamorphose d'une vie :  à  Chochana  Boukhobza,

Bris de voies   : Thibault Germain
 Notre mémoire est  hors de nous dans  un souffle pluvieux du temps.
Annie Ernaux

La mécanique du cœur,  lorsqu'elle s’enraille, tu vas au tapis.
R.D.

Mémoire n°1
Il  y a plus de  poésie dans le simple va et vient de la mer que dans le  plus beau de  mes cairns et cela me rassure de la côtoyer si souvent.

 Mémoire n° 2
Anamorphose d'une vie
Capter la magie d'une spirale de sable, m'avait  pris  une grande partie de ma vie. A chaque fois, pourtant, je devais mettre  mon savoir de côte et laisser  parler  mon cœur, tant chaque nouvelle spirale devenait  avant  tout une  vie anamorphosée  à découvrir.

Mémoire n°3
Le dernier jour où il fît beau.
Hier,  il a fait beau  jusqu'à l'horizon, jusqu'aux  chênes que tu aimais enlacer.
Hier,  il a fait beau  jusqu'à l'écluse de Pompérin, où tu aimais te baigner  nue.
Hier, il a fait beau jusqu'à la cabane des silences, où tu avais collé  un lion en rut.
Hier, il a fait beau près de  l'Ange cendré en ria, au pied du pin maritime.
 Hier,  il a fait beau dans le jardin des simples, au pied du château fort que tu aimais regarder.
Hier,  il a fait beau jusqu'aux premières gouttes d'eau, salées par mes larmes sur mes joues, quand tu es  partie.
Hôpital de Vannes
Service de cardiologie.
La nuit

Mémoire n°4
Corse
Ils parlent. Ils sont bien, sur le chemin de terre  battue. Les souvenirs remontent, croisés, échangés du bout des regards. La rivière accueille  une nouvelle marée.
 Le clan Corse, siège au village. Extraordinaire et noir, dans le silence de Nonza, rôles distribués.
Les galets  luisants raconteraient leur histoire, plus tard, vague après vague de désir, remuée, rejouée.
Ils  quittent la mer, de vue,escaladent  le maquis jusqu'au chemin de terre battue. Ils sont bien,  à nouveau. Chacun marche en se tournant le dos. Un ravissement Divin emplit leurs deux cœurs.
Demain n'est jamais écrit, pensent-ils, ensemble.
 Hôpital de Vannes
Service de cardiologie.
La nuit

Mémoire n°5
Vide

Mémoire n°6
Pour M.G. l'amnésique

Quand le corps fait naufrage
Ce n'est  plus la douleur criante, délirante, absolue, celle qui cotoie la mort dans  une boîte grise.
Non, c'est la douleur  lourde, que la morphine  ne suffit  plus  à calmer. Délire noir, épais, indigeste qui laisse  peu de place à autre chose que celle d'une idée de sortie de vie, brutale.
Le corps est plaqué par la gravité de l'instant, collé, horizontal. La  poitrine  brûle et rappelle cette  longue cicatrice rouge, preuve que  mon thorax a bien été scié en deux. Le cœur réparé, souffre en silence. Une immense fatigue me fais voyager. Loin, très  loin. Haut, très haut.
L'esprit décroche, sombre,  un isntant,  pèse le pour et le contre, d’une telle condition humaine. Faut-il vivre ?  Faut-il arrêter les frais ?
Puis, la vie reprend le dessus.

 Hôpital de Rennes-Pontchaillou
Service de réanimation cardiaque.

Mémoire n°7
  à Marie-Claude

Mon corps décédé, descend le Nil...

Asouan, ta main dans la mienne.
Sous la felouque, le Nil.
Le bonheur dans tes yeux de rencontere les  miens.
Tout est lenteur
tout est beauté.
Sans cesse, les  pêcheurs, frappent le fleuve de  leurs filets.
Demain, ce sera
Abbou Simbel
et notre amour des temples.
   Roger Dautais

Nuit morphinique
Service de réanimation
en  chirurgie cardiaque
Hôpital de Rennes Pontchaillou.

lundi 6 mai 2019

Grand soir : à Pascale Delagne


Délire-moi  : pour Coline Malice

Chanson  blanche  :  pour Éveline Galet



Au restaurant, chaque désir s'additionne.
Gaëtan Faucer


BARADOZ

Table n° 1
 Tsaddé
Je me dois de faire remonter le rêve qui vit en moi,  jusqu'à la surface.Mes nuits sont de  morphine.
Apprendre  à vivre avec soi demande  une attention continue.

Table n° 2
Daleth
Le temps du silence blanc est revenu,cyclique,  morphinique. Nécessaire, il s'est imposé .Il  a fini  par chasser ma fébrilité. Les mots s’intériorisent, s 'assemblent  pour  plus tard,  ou  pour jamais, de la  même façon.

Table  n°3
Mem
Je me revois très bien, ce dimanche de décembre,  où je voyageais avec  mes étoiles de David. Je les ac vais perchées, très haut, dans le châtaigniers, à cause des  loups, revenus.. La semaine siuivante,  il s'était mis à neiger sur ma peine.

Table n° 4
Tav
Parfois, ça sent le  naufrage, au beau milieu de cette société de consommation. Le naufrage définitif, l'over dose, tu vois,  ni corps, ni biens  à récupérer en  mer. C'est un mauvais rêve, mais le le fais. Et  puis, au réveil, le goût de la vie reprend le dessus.

Table n° 5
Samekh
Réservée.

Table n°6
Noun
J'ai connu le désert et sa  longue traversée, ses Paradis artificiels.. J'y suis, de nouveau et seul. Les hurlements nés de ces  longs voyages, se  pratiquent en  loup solitaire. Je n'ai pas d'autre solution que de survivre et je le fais. Il  n'y a rien  à comprendre.

Table n° 7
Shin
Il  me faut vivre une part de vrai silence blanc,  puis une autre part de  vraie solitude, pour  oublier ce que je connais. Non, mes cairns ne sont pas des tas de cailloux. Ils me  mènent au rêve,  à la sérénité. Après, je peux les  offrir à l'immensité, les  oublier  pour faire  place aux autres.

Absurde,  la course avec le  temps. Au final,  il raflera la mise.

Roger Dautais
Grand Garage blanc
coutures et cicatrices. Avril 19

Hôpital de Rennes-Ponchaillou,
service de chirurgie cardiaque

Hôpital  de Vannes
Service de  cardiologie

 ***

Trouvé sur  un blog

.../Roger Dautais est surtout connu pour son œuvre de Land Art, discipline à laquelle il se consacre depuis 1997. Que ce soit, dans le sud du Maroc (Agadir, Tafraout, le moyen Atlas) ou dans le sud de la Tunisie (Djerba, Matmata, Douz, Médenine),jusqu'aux rives du Nil,  où  il s'approche du Soudan , il aime à croiser les cultures, créer des installations éphémères « in-situ  », hommage rendu aux berbères rencontrés pour les remercier de leur accueil et de leur sens de l’hospitalité. Ces parenthèses de création vécues à l’étranger, il reprend la route en France et sillonne inlassablement, plages, grèves, berges de fleuves et rivières, campagne et carrières pour créer sans cesse, installer, poser sa marque, écrire à même le sol, dans cette nature qu’il aime tant, l’histoire de sa vie d’artiste. Rêveur impénitent depuis son enfance à laquelle il est resté fidèle. L’art et la création auront pris une place majeure dans sa vie. Et la résistance à l'extrême-droite. 

C'est  à peu près ça, mais  il y a a eu tant d'autres choses.
 Merci quand  même.

dimanche 5 mai 2019

Aux Anges du Sal  : pour Marty

Shirin Yoku  :  pour Odile

Mandala :  pour Marie-Josée Christien



Le rossignol chante  mieux dans la solitude des nuits qu'à la fenêtre des rois
P.Lorain



  Grand garage blanc
Hopital de Rennes-Pontachaillou
service de chirurgie cardiaque



Au Docteur Marie Aymami

Fenêtres sur cour

Fenêtre n°1
Au paradis, tes yeux seront toujours
un camaïeu de Lapis Lazulite.

Fenêtre n°2
Ni  ombre  ni  lumière, saumon  frétillant, mange  mon corps exsangue qui descend la rivière. Emmène-moi  mourir  loin d'ici, sur les  pierriers qui scintillent sous la  lune. J'espère  un exil définitif  dans ce voyage morphinique.

 Fenêtre n°3
Tu me crois un géant, je ne suis que  poussière d'étoile dans ton  œil. Je t'aveugle et tu cries au soleil de se rallumer. Je suis ta nuit, debout, tes  insomnies, tes étoiles.
Réveille-toi amie, je veille, mais pas  pour  longtemps. L'opium brûle mes veines.

Fenêtre n°4
Parfois, je me perds dans le temps qui  passe. Le brumes de  Ganja, crament mes poumons Le temps tourne toujours dans le même sens. Il finit par  m'emporter aux portes de  l’indicible. J'oublie les  mots, les remplace par des  pierres. Ici, je suis vraiment  moi-même, au cour de la nature dont je fais  intimement partie. Les  pierres me regardent, je suis des  leurs.

Faire remonter le rêve qui vit en  moi, à la surface. Apprendre à vivre libre avec soi, loin des  injonctions.

Fenêtre n° 5
Fermée, définitivement. Donne sur le vide.

Fenêtre n° 6
Entouré de personnes qui savent exactement ce qu'est la vie, je sais combien ils se trompent. La vie est tout sauf un état stable et prévisible. La vie est  mouvement, surprise, changement;  mutation, mais elle avance toujours dans le  même sens. Elle nous  impose  l'entropie.
Elle danse, Marie-Jeane, dans sa blouse blanche. Elle  pique. Elle chasse la douleur. Je suis A-Morphe.

Fenêtre n°7
Lorsque le soir tombe, j'ai envie de lui téléphoner, de savoir comment  il va. J'ai envie de l'inviter  à la maison, d'oublier  mon enfance, de lui raconter ma  journée, d'écouter ses  histoires de guerre,  mille fois entendues. Parfois, je  l'appelle : Papa.
Alors,  il se tient  muet, près de  moi, bien qu'il soit  mort en Janvier 2010.


Roger Dautais



Le 9 avril, je subissais  une opération à cœur ouvert. Ceci demanda  une  prise en charge de ma douleur, par la morphine. Après les 4 jours de réanimation, je décidais de profiter des modifications de  conscience , dues  à ce  produit. Je me retrouvais 40 ans en arrière,sur la route des paradis artificiels. J'ai pris des  notes et me suis mis en écriture pendant 19 jours. Cette période d'inspiration particulière a transformé  mon écriture.


 LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

samedi 4 mai 2019

La porte des sept Îles :  pour Erin, seulement.
Hésitation  :  pour Edith et Maud, mes étoiles.


A cœur  ouvert  : Pour Océanique
 Parce qu'il faut
" Sauver quelque chose du temps  où  l'on ne sera jamais  plus".
Annie Erneaux



Range ton couteau, je suis au bord du gouffre. Mon cœur saigne encore. Ce serait perdre ton temps, tu sais. La  mort se chargera de  moi en temps  utile. Je n'ai plus guère de  larmes  pour toi, ni d'espérance non  plus. Mes étoiles s'éteignent,  une  à  une. Garde ta haine, amie, tu vaux  mieux que cela. Le monde est là , qui te tend les bras. Tu dois aimer et non tuer . La fin de  l'histoire va dans ce sens. Sous le poids des souffrances, se  lève l'espérance. .
R.D.


à Marie-Claude, femme aimée.

Naufrage.

Bouée N° 1

Brisures
Petites chapelles à l'écart, que  l'on appelle des cœurs, parcourues  pieds  nus, dans quel labyrinthe avez vous conduit  mon âme d'athée...
Le corps  nu, comme  offrande, la flamme  pour  prière, libre jusqu'au bout des croyances
et mon cœur aux mains expertes. Chirurgie du voyage  ultime.

Bouée N °2
Dérive
Mon esprit épais, s'évade, libre, dans les plaines  à morphine. Partout, alentour, les  pierres  m'appellent. Pierres  à lever, vierges  à délivrer de l'estran  avant le tsunami blanc. Sauver, des  mères  à  l'enfant,  nées sous le varech, d'une  intention pure. Célébrer la vie et celles qui la donnent.

Bouée N° 3
Embruns rouge sang.
Entre elle et moi,  un silence établi. Au  juste pays des sternes blancs qui glissent, célestes et me font lever la  tête.Les rivières  pourpres débordent de  passion.
Prière;
 " laisse moi la chance d'une dernière fois, regarder les cardinale sacrées, de caresser les directions angéliques et me laisser le choix final. Ce sera le Nord des eaux froides pour ne  plus revenir, ici.

Bouée N° 5
Coulée.

Bouée N° 6
Je ne demande  pas l'admiration, ni l’aumône dans ma petite maison, ni  même que vous demandiez de mes nouvelles, chers aisés familiaux. Vous aurez votre tour. Je ne cherche  pas  à étonner gratuitement, par mes  installations réalisées,  humblement, sur cette terre, dans ma vie d'artiste. Non. Je circule, seul, entre dolmens et  menhir, sur cette terre sacrée, je prolonge cette vie souterraine de mes aïeux. De mare en mare, je cherche dans les dormantes, le  miroir d'eau qui fera  interface entre le visible et l’invisible, des deux  mondes rassemblés. Si  je vibre  à  l'amour,c'est parce que je suis fait  pour aimer et non haïr.
Je veux être  un homme libre, marchant dans le chuchotement du  monde.

Bouée N°7
Délire morphinique
Le sable se  fait chat, le chat se fait sable. Incantations.
 Je souffre tant, ici, dans ce  grand garage  blanc.
Jachère ne veut pas dire, renoncement. Simple période  longue et douloureuse,  loin de  tes yeux bleus.
Tou ceci doit servir  à quelque chose, mon amour.

Roger Dautais

Grand Garage Blanc
Hopital de Pontchaillou -Rennes
Service de soins  intensifs - Cardiologie. Avril 2019
La
Poème celtaoIste   pour Hannah, mon étoile.

Verte mémoire  :  pour Inga Wegner
Blues  :   to Erin


Je suis passé de l'autre côté.
 Je continue  à vivre en  noir et  blanc.
  Roger Dautais



Grand Garage Blanc

Réanimation blues.

Tapie au creux des nids minéraux et secrets, sous la fraîcheur des aulnes, à l’abri de la canicule, vous attendez que l’orage vous fouette, vous réveille. L’urgence s’impose, transformée, déferlante, jaillissant d’une grotte, oubliant ses dédales, le miracle Divin opère.
Joyaux ondulant, caressant les rives, telle une amoureuse insatiable de sa langue experte,vous fouillez l’avenir du cours d’eau .
Perdrez-vous la tète,  une autre fois,  pour une escapade champêtre au Paradis ?Votre cœur rencontrera-t-il un autre cœur en voyage dans cette descente folle et poreuse, aux frontières calcaire, blanches comme chairs de femme ? Saurez vous resurgir dans ces vallées verte et assoiffées, telle une Yoni en manque ?
Pensez-vous retrouver un bonheur perdu, définitivement,dans une absence singulière et codée, pour oublier les fentes moussues, les mamelons au secret dans la nuit, pour vivre une blanche amnésie ? Mais, ce serait folie.
Retournez dans votre lit belle aventurière, je ne veux plus y aimer.
Je veux mourir ici, écartelé, branché, transfusé. , poussez dans mes veilles veines cette mortelle morphine et ne tentez plus le diable de vos formes angéliques.
Terrassé, je sombre, thorax scié en deux. Mon cœur s’en va, mes yeux basculent, j’ai mal.
Ici, le désir n’est pas affaire de rivière. Simplifiez votre vie. Éloignez-vous de moi, d’ici. Partez. Coulez pour les assoiffés, éleveurs de cairns sur vos reins, surtout plus pour moi. Rendez-leur hommage,si vous voulez, mais passez votre chemin.

Hôpital de Pontchaillo-Rennes
service de cardiologie.
Réanimation Avril 19


P.S.
Pour être passé pendant quatre jours dans cette cage grise, drogué à mort,mes plages de lucidité, furent vécues comme des retours en apnée. Mon corps en souffrance, n’appartenait qu’à des machines. J’ai aperçu des ombres blanches. Je me suis absenté de corps. J’ai parlé avec des inconnus, j’ai déliré, souffert, beaucoup souffert. Ma mémoire a tout engrangé. Le cinquième jour,celui de ma sortie de cet enfer, j’ai demandé de quoi écrire et commencé un travail de restitution inspiré, de tout ce que j’avais vécu. Tout est présenté sur le titre de Grand Garage Blanc.
Ma vie, est bien entendu, intiment mêlée à ce voyage aux portes de la mort.


                                                                                ***


Je suis entouré de conseillers. L'un  me conseille d’arrêter d'écrire. Un autre, de dessiner, quand le troisième ne me trouvant pas  légitime dans ma démarche, me conseille de stopper le land art. C'est étrange cette vague d'attentions, qui toutes,  ont le même  point commun, étouffer  mon âme d'artiste. Ce qu'ils oublient, c'est que seule ma vie, me dicte ce que je dois faire. Il en est de  même pour   mon cœur, même très malade.  Je  lui fais confiance  pour  m'emmener jusqu'à la fin de ma vie, en  m'exprimant,  librement.
 Roger Dautais

Roger Dautais

vendredi 3 mai 2019

To Ana Mendieta *


Choses
 dites, écrites et partagées.


Première heure.

Il s'agit, aujourd'hui
d'habiter  l'instant
dans le dénuement
la solitude et  l'errance
pour qu'un  prochain jour
advienne et  devienne un
 lien possible
 pour la vie.


 Deuxième heure

Rien



Troisième heure

Elle manipule la clé de la serrure et son regard se  perd dans la folie des brumes de Ganja. Elle ne sait  plus parler,  ni du mal, ni du bien qui la ronge. Elle rêve de  liberté, les fers aux pieds de la passion et ne connait  plus son nom. La nuit est son royaume. Elle se donne  à qui veut. Demain sera pareil, fait de vide, de peur et de cris;


Quatrième heure.

 J'ai rencontré des arbres, seuls, au beau  milieu de rien.
Je cherche ce  beau milieu
pour y habiter et devenir  un arbre.



Cinquième heure

Je connais le chant
du  merle, par coeur.
 Il est bleu. Il est noir.
Il est bleu-noir.
Il accompagne la mise au tombeau
quand  il faut.


Sixième heure

 à Marie-Claude

In extremis
  Se souvenir d'un visage,
 le tien,
 et  puis,sombrer. 


Septième heure

Tu te vois, là,  planté comme  un  guetteur dérisoire, attendant le fin des hostilités?
Non? alors, continue ta route, seul comme tu  l'as toujours été.
Tu trouveras bien une conclusion à toutes ces simagrées.



Toutes les autres heures n'ont pas été vécues.
 Roger dautais année 2015



* J'ai rencontré  l’œuvre d'Ana Mendieta dans les années 90. C'est  à partir de ce moment que  j'ai décidé d'entrer en land art, de la suivre au début, avant de trouver ma  propre voie.
Le cairn aux coquelicots a été crée en son  honneur, dans le petit fleuve côtier, appelé Orne, en Normandie. Sa création a entièrement été filmée  pour les besoins d'un de mes films,  sous le titre Folart, réalisé en coopération avec Jocelyne Mahler, réalisatrice et cadreuse.
Roger Dautais

jeudi 2 mai 2019


Regard perdu :  pour Elichéva, Hanna, Sera'h, mes étoiles.



 Il  n'est pas rare quand  on a tout perdu, de se perdre soi-même.
Primo Levi
Si c'est  un homme.



Grand Garage Blanc



Raptus

Ne tire aucune fierté, petite  à égarer  le vieillard aveugle. La pleine  lumière n'enseigne pas cette  ineptie. Pas de quoi te vanter.
Puisque tu es croyante, ne triche pas sous le regard de ton Dieu. Ne tire aucun fierté  à l'égarer en te réjouissant. Borgne et reine, tu te déchausses  pour rien sur le granit de  l'hiver. Lâche ma main. Cela ne sert  plus  à rien et ta jeunesse se  fane.
 Je préfère m'égarer seul,dans mes brumes de  morphine
Les murs gris se rapprochent, les cavales blanches sont en nombre. Je  crie  douleur, écartelé, thorax scié, sanglant.
Je décroche.
Larges  plaines  blanches, gelées. Mes chevilles  me font  mal. J'ai vu la  lune tomber dans l'eau. Au septième ciel, je me suis accroché  à ton cerf-volant. Rien compris. J'ai mal.
Le cisaillement  invisible de tes  lames ...  lames de fond, toxiques, brise mon esprit et accouche de vagues  mordeuses , destructrices de côtes. Le bruit est  infernal. Serait-ce ma tombe ?
Allongés, parallèles, des souvenirs ensablés d'amours adolescentes, de baisers salés. Je voudrais être  mort, ici.
Décoiffés par les forts vents d'Ouest, on capitule. On abandonne dunes et  oyats. Courir vers le bonheur,est si bon.
Les  autres dunes chauves sont délaissées comme vieilles femmes  : trop froides, trop vieilles, trop vides.
Il me reste l'espoir de rencontrer la mer, pacifiée, froide, qui  m’accueillerait,  pour  une dernière nage, vers le large,sans me retourner.
Pour que cessent les soupçons, et le vacarme gratuit de ma vie.
 Roger Dautais



Arrêtez de  pousser, derrière...

Accepter la  mort, bon, facile
pour qui  n'est pas concerné.
Mais 'y rendre sans espoir de
ne jamais ne faire demi-tour
sur cette route fatale,c'est
moins évident. Le raptus,  un
accidnt fatal qui  peut  à tout 
moment accélérer la prise de
de décision fatale, jusqu'au
trou noir.
RD.
A Maria-Dolores Cano

  Rencontre 2


 "Au fond de chaque mot j'assiste à ma naissance." 
Alain Bosquet

 Merci, Maria-Dolorès.

Mosaïque d’argile
cratère
œil ouvert
chair de glaise
souffle   craquelure
cycle de la terre
roue de la vie
l’œil voit   scrute
le centre


ailleurs
la mer s’en est allée
son corps une fissure
sa peau une gerçure
une fêlure
dessous
un autre monde
cantique des ancêtres
de poussière et de cendre
sécheresse
brûlure
à l’âme
dessous
la vie
dans un pli
dans une strie
ici
une rencontre
sans bruit



                                                                Maria-Dolorès  Cano * Avril 2019




* http://reveusedemots.blogspot.com/






Ma dernière cendre sera plus chaude que leurs vies.
Marina Tsveraïeva
 Confessions 
Vivre dans le feu :


 ***


Grand Garage blanc

  à la femme aimée.
Morphine

L'hiver  à saint-Aubin, les  murs suintent  l'ennui. Sous la  pluie glacée,  l'ombre de Monsieur Beck sur ta maison. Au cœur de ma nuit d'ivresse, nul  ne sait le chemin de mes  grande douleurs. Shoot. Le prix d'une vie.
 La mer démontée comme décor.
Je ne suis entouré que de cupides. Ils comptent leurs sous, jamais ce qu'ils leurs reste  à vivre.
Je nage vers le large. Mon corps se crispe, se refroidit. J'atteins,  l'île, épuisé. Elle est, telle que je  l'imaginais, déserte, grise, pleine de vents et de douleurs. Les murs de ma maison se rapprochent. Ma tête va éclater.
L'âme en  peine, je dérive sur mon  île.
Dans  mon bad trip, la cour des compagnons. Tailleville. Pluie fine, amas de vaisselles ébréchées, P.38,  souvenirs de  guerre. Terrible,  mon enfance délitée.
Il  pleut sur Ouistreham.Tes  yeux bleus sous le parapluie, au  pied du phare, près de  l’écluse. Malgré tout,malgré eux, je t'aime  à en  mourir.
 Silence  on tourne.
Roger Dautais




 Ce fût ma réponse au  poème de  mon amie , Maria :

Le poèmes est juste, toujours juste, lorsqu'il s'élève de la mêlée, encore charge de glaise et cherche le souffle de vent qui l'emportera,. J'ai ce besoin de voyage dernier qui me fera cendre ou glaise, lorsque dans ma bouche, la vie devient amère. Nul ne connait le jour ni l'heure, simplement, le temps du rapprochement ultime se fait possible , maintenant. Alors, le poème devient un île où j'aime a reposer mon corps usé, fatigué par la dernière nage. Il me semble qu'il n'y a rien d'autre a sauver que l'amour sur terre.
 Tu sais le faire et je m'accroche à ce dernier espoir.
On ne peut sans arrêt, prolonger l'infini, écarter le bras armé. Cela fait partie de l'histoire.
Je ne connais pas la solution. Pour le moment, je ne connais que le poème mais j'en suis rendu là.
Je t'embrasse fort.
Roger Dautais
Mémoire amnésique  :  pour Marjolaine Cassiaux

  



 Ici un lapin passait naguère
Sa vie errante souple et flottante
Sur  un candélabre de l'inaction
 Aux sept branches de supplices
Aux homélies anciennes.
Sauves-moi cria-t-il du haut de sa passion.
 Joyce Mansour
 Le désir du désir sans fin.  1963




 à Marie-Claude, femme aimée.

 Lundi
Mes doigts agiles  ont caressé  l'espoir d'un toison d'or  chaude, puis la froidure des sables de décembre.
Défenestré,  l'Ange perd ses  plumes. Il  neige sur mon âme. Le pré carré rassemble les meilleurs souvenirs. Pierre est sable .Rouge et noir.
 Nuits ardentes et  jours  interminables.

Mardi
Mort  inexorable, passe ton chemin. Les  jours sombres, espérer  voir  s'ouvrir la fenêtre de tes  yeux et parler aux étoiles.

Mercredi
Ondes de silence dans le bruit du  monde et  puis l'envie de retrouver le calme, ici Le land art  pour s'exprimer dans le calme après la tempête. La clé des songes, aussi.

Jeudi
Rien
.
Vendredi
 Écrire n 'arrange rien, mais comment  faire autrement ?

Samedi

Place à l'imaginaire, mon Momo,  ou  à la folie, si tu veux.La vie s'égoutte entre les  platanes rouges. Je prends de la morphine dans  l'écorce de ma vie. Gélatineuses raison de ma dérive. Voilà  où tu  m'amènes. Naviguer dans les pans effilochés de ma mémoire. Dérive comprise, je rejoins les étoiles dans  un dernier shoot.

Dimanche
Rompre le cercle des certitudes, des habitudes.
Je descends, je descends. Je ne voudrais me  prendre le  plancher dans la gueule.

Roger Dautais

Tu devrais arrêter d'écrire, me dit-elle.



***


Il  y en a  peu qui aiment,
très peu qui se donnent.
 Michel Houellebecq


***

Pour toi,chère Maria-Dolorès, parce que tu sais aimer,
ce superbe   poème de Michel Chalandon. 
Tu l'avais  invité chez toi *, ( Résonance )le voici mon  invité


Il tremble sur le sol,  il cherche et rien ne trouve, ils sont éclaboussés et  pleins, la boue à leurs chevilles, les enfants de  l'été tournent aux fontaines, terrassent et brisent les bêtes,  ils se trainent et arrachent les  yeux.
Défais, arrache, coupe, meurs, et reprends la  litanie ds fleurs au cœur brisé, des lettrse  infinies posées sous les décombres.Il te ronge,  il te demande encore : où vivres,  où penser, comment défendre la  stupeur, comment entendre.
Michel Chalandon*  : de peine
* http://lechristauxcoquelicots.blogspot.com/search?updated-max=2013-03-05T11:05:00%2B01:00&max-results=1&start=6&by-date=false

http://www.le-capital-des-mots.fr/article-28261546.html
 
Le chant des cupules  :    à la visiteuse  du soir.*

 Grand garage blanc


Le chant des cupules

 Adieu, corps scarifié, je voyage les yeux fermés. Le cœur des hommes saigne en silence, dans les hopitaux. Les femmes aux cheveux défaits, marchent  pieds nus sur le sable et s'abreuvent aux rivières  pourpres.
Emporte-moi,  loin  d'ici, de ce garage blanc, vers  l'immense forêt  où tu chantes, sous les chênes sacrés.
Montre-moi les sources à salamandres dorées et la  lumière Divine qui perce  mon coeur blessé, sous la canopée.
Prend ma main, allons ramasser des cupules dans l’humus et  inventer  le cœur nouveau. Contemplons le temps sacré qui se dépose  partout, comme poussière d'étoiles. Les feuilles  d'or des aulnes recouvriront  les dormantes, en hommage aux disparus.
Serait-ce déjà  l'adieu ?
Ma forteresse a rendu  l'âme. Trop de souffrance. Plus d'amour.
Étend les branches de ton arbre  à  lumière, prend  moi, serre  moi fort. Oublions nos rancœurs comme le brouillard efface le fleuve  en ria.
Le temps est si proche de  l'adieu. Tu sais, la mort ne m'a pas fermé sa  porte. Ne rete pas sur le quai de gare.  Voyageons ensemble, les yeux fermés, cœur  à cœur.
La boîte à punaises réveille ma mélancolie, je n'en  peux  plus.
Je suis ton étranger. Je vois tes yeux de voyageuse,  pleurer.
 Viens.
Mon cœur saigne et les rivières  pourpres coulent sur tes  lèvres roses, comme  un dernier baiser  mortel.

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Le chant des cupules  " à la visiteuse du soir*
 Forêt de Camors - Bretagne

* La mort.


Grand garage blanc

à la visiteuse du soir. *

 La morphine entre dans le  jeu. L'instant sédimente. Je suis stone, regard au plafond. Médiké, techniké,  intubé, dérivé, branché de  partout, écartelé. Je voudrais aimer, une dernière fois à en perdre le souffle. Mes yeux dérivent,suspendus aux murs gris. La tangente rejoint la diagonale des fous, géométrie sanglante des derniers  instants. Sourire aux anges. Je sombre.
Tous les feux sont au vert dans la fumée de ta ganja.
Jours tendus, au-dessus ddu vide, lorsque le saut devient évidence, qu'il faut écouter.
Ecartez-vous. Il  n'y a rien à comprendre. Ici, c'est  l'enfer.
Quand la vie se dérobe, aucune blouse  blanche ne trouvera les bons  mots. Je touche le fond.
La tendrese  n'est plus qu'un vague souvenir qui s'efficloche. Le désir a reflué au confluent du coeur blessé.
Le plaisir d'^tre avec, pâlit comme lueurs de  l'aube, en Ria
Cœur obstrué; comment échapper  à la bascule, au hoquet  libérateur ?
Reprendre l'errance dans les draps  humides et la douleur, la lancinente attente d'un nouveau shoot,  ponctué de bons conseils. Elle me voudrait, heureux.
 Je sombre.

 Roger Dautais

 :  à la visiteuse du soir  : la mort.

Cette  opération  à cœur  ouvert, m'aura fait rentrer dans la grande confrérie des  mortels revenus de  l’autre côte. Tous les textes présentés sous le titre de Grand garage blanc,  ont été écrits pendant les deuw séjours au CHU de Rennes er CH de Vannes, qui  ont précédé et suivi mon  opération. Je voulais aussi expérimenter l'écriture sous morphine. C'est fait.
Je n'ai jamais
autant entendu parler de  mort, de danger de  mort, que dans ces  lieux ces  chirurgie cardiaque, , par les chirurgiens  ou cardiologues qui m'ont ,malgré tout sauvé. Je leur en suis reconnaissant.


****


Je remercie tous ceux qui m'ont soutenu. Je ne voulais pas de visites pendant cette épreuve de 3 semaines, afin de vivre entièrement cette expérience,sans entendre les discours de chacun.
Je n'ai pas aimé du tout, la posture de mes soit-disant amis qui se sont l'éloignés, et  pour longtemps, après m'avoir expliqué que cette  opération était banale.
Les gens qui ne vous aiment pas se donnent beaucoup de mal  pour vous tenir la tête sous  l’eau  lorsque vous êtes affaiblis par la maladie. Qu'ils retournent  à leur veau d'or, Gafa , i phone,  et autre facebook, puisqu'ils  y trouvent source  de vie et  m'épargnent leurs commentaires sur mon état de santé.

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.