La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

mardi 16 juin 2009


Lues dans "Fatras" de Jacques Prévert , ces quelques lignes :

Mangez sur l'herbe
Dépêchez-vous
Un jour ou l'autre,
L'herbe mangera sur vous

et puis encore, quelques pages plus loin :

Le temps
Mène la vie dure
A ceux qui veulent le tuer...

"Je me souviens de lui, retrouvé allongé sous un petit menhir, à Omonville la Petite, dans le Cotentin. Un jour de printemps, nous lui avions déposé un bouquet de fleurs de champs sur le ventre pour le remercier d'avoir accroché des étoiles dans notre ciel".

Roger Dautais
" souvenirs pour nous deux"

lundi 15 juin 2009


"J'aime l'idée, dans cette spirale déployée, de cet enlacement qui rapproche le mort du vivant, l'humus, des racines, le regard, de la verdure et le chant de l'oiseau, du ciel. Cycle d'une éternité bien éphémère"...
Roger Dautais
" La vie, en continuant de marcher"

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

samedi 13 juin 2009




Dans son livre "Errance"(édit. du Seuil Oct.2000) Raymond Depardon écrit : "l'homme d'images est habité par le doute et rien ne vient le rassurer. Le champ d'investigation du regard est très large, c'est sans fin".
Je ressens cette inquiétude lorsque je pars pratiquer le land art. Je suis à l'affût et rien ne me prédispose à arrêter ici plutôt que là sur cette immense plage de Ouistreham, où la température un peu fraîche explique qu'elle est à peu près déserte. En lui même, le tracer de la spirale de 24 tours et 12 m de diamètre me prendra 1 heure et demi et il me faut "sentir " le sable sous le talon. Il m'est tellement de fois arrivé de faire demi-tour pour réaliser autre chose de plus petit, que je ne sais pas pourquoi je décide du lieu et attaque le travail, très physique. Très sensible à la lumière, au vent qui "la mange", s'il est trop fort, à la puissance de la marée, tous ces paramètres rentrent certainement en ligne de compte et me mettent dans un état de tension qui ne cessera qu'après ce travail éphémère terminé et offert à la mer. En ce sens, comme Depardon ( que j'admire) c'est dans un état de doute total où aucun des ces éléments ne parvient à me rassurer, que je vais oeuvrer dans cette immense paysage marin, avec un grande sensation de solitude. J'ai, en dix ans acquis une grande maîtrise dans le tracer de cette figure mais celà ne suffit pas non plus. La sérénité ne vient qu'après les photos prises, avec un sentiment de délivrance.

Roger Dautais
" La spirale de Sword Beach "

mercredi 10 juin 2009




"Certes, je pratique le land art avec passion, mais ceci n'est qu'un jeu face à la dure réalité du monde, tel qu'il va. Je cherche, dans mes installations, à confronter l'impertinence de mes rêves à la réalité des lois de l'équilibre. J'essaie, dans la mesure du possible, d'établir une correspondance entre idées et matériaux, restant le médiateur de cette alchimie toute personnelle. Tout me parle dans la nature, mais j'aime aussi rentrer à la maison sans avoir fait rien d'autre que de la contempler. Ce n'est que partie remise. Entre l'ombre et la lumière, s'ouvre un nouveau jour, avec d'autres terrains de jeu, des paysages aux allures changeantes qu'il me faudra appréhender, comprendre, arpenter pour saisir le petit détail d'où naîtra l'idée d'une installation, ici et maintenant, "in situ", éphémère, dans la solitude du questionnement, parce qu'à ce moment,ma vie sera là, et pas ailleurs. Restera le geste de prendre la photo et de partir, sans se retourner, sans regret, déjà dans l'idée de bâtir autre chose, plus loin, plus tard. Voilà comment je conçois le land art, tout simplement".

Roger Dautais
" entre l'ombre et la lumière "
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
à Marie-Claude.

Mes soleils rouges ont disparu dans les entrailles de la Terre Mère pendant que mon talon ouvrait le sillon dans les plaines arides, sous les huées des corbeaux. La neige a recouvert la grande cicatrice et le vent glacial a réduit les mottes jusqu'à l'épuisement des pigris affamés par l'hiver. Je suis allé chercher décembre,tout bord de la mer, je n'ai trouvé que des horizons basculants, sous les embruns. Au-delà, bien au-delà de tes yeux, de ton regard bleu, Orion flambait mais les aurores rouges ne calmaient aucune douleur. Un cri déchirant montait dans la nuit, écartait les barreaux de la cellule. La voie royale s'estompait et laissait place au jour. Le tourbillon infernal reprenait dans la solitude et l'effarement, puis, le rien se mettait à battre au tambour des tempes. Nul autre que toi, sur cet horizon basculé, rien que ton image froissée dans mes mains et la secrète pensée de te retrouver dans l'au-delà de ma folie, avant l'arrivée des brutes en blouse blanche.

Roger Dautais
" Aux aveugles "extrait de : Pourquoi je pratique le land art
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS




"Sur la route, le chemin ou l'estran, je me suis toujours laissé inspirer par des cueillettes de hasard qui me permettraient, dans l'instant, de dire l'essentiel avec peu".

Roger Dautais
" les cueillettes de hasard "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

mardi 9 juin 2009


"Je n'ai gardé que le secret d'une blessure et des histoires maintes fois racontées qui me rattachent au passé. Il n'y a pas de frontière entre nuit et brouillard. Je marcherai dans la mémoire, jusqu'à la fin".

Roger Dautais

"à Raymond A. rescapé de la rafle du Vel 'd'Hiv. de juillet 1942 et aux nombreux membres de sa famille , morts en déportation "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

à Marie-Claude

"Patience...écoute,
la prochaine vague
nous apportera bien
un peu d'espoir,
si ce n'est, un autre rêve
que de voir

une vague de plus,
tutoyer
nos pieds nus

et rejouer pour nous,
l'éternelle ronde
des écumes sauvages"

Roger Dautais
"
extrait de : Un jour sans elle en Normandie"
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

" Et voici que sur la rive advient le temps du choix. Un lieu va devenir, dans ce paysage marin, lieu de prédilection. Entre deux eaux, les hautes et les basses, sous un ciel gris comme vase, j'ai tracé le cercle d'herbes et d'algues, de vent et d'attente, non loin des pierres silencieuses, a demi enfouies, qui savent les secrets du fleuve. Elles ont vu ses remous meurtriers quand la mer s'y engouffre. Ici, tout geste devient symbolique et celui-ci se veut, d'apaisement envers la mer, grande prêtresse du lieu, pour l'avenir".

Roger Dautais

" Le cercle vert "
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

lundi 8 juin 2009


à Marie-Claude.

"Demain,
entre deux heures,
j'attendrai qu'elle passe dans mes rêves".

Roger Dautais
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS




"La pluie avait cessé, laissant place à un miroir d'eau parfait dans le marécage. Je descendais dans l'eau, jusqu'à la taille et me mis a cueillir des roseaux secs pour constituer un nid flottant.






J'y ajoutais une garniture de roseaux de l'année, puis, des fleurs de buddleïas qui poussaient en nombre dans les friches voisines. Lorsque je remontais sur la berge, un léger vent déplaçait le tout vers le fond du marais
".

Roger Dautais
" Un nid en juillet "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

jeudi 4 juin 2009




" A cet endroit même du fleuve, au creux de l'estuaire, la petite musique du jour avait cessé de jouer, emportée par un fort courant. Le fleuve roulait dans ses eaux saumâtres, toutes les histoires, entendues, confiées, tous les espoirs déçus et les emportait, définitivement vers le large, chaque jour. Afin de l'apaiser, j'entrepris cette installation de pierres, de bois flottés et de sable, auxquels j'ajoutais une poignée de coquelicots, avant de reprendre la route".

Roger Dautais
" L'offrande au fleuve "
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS



Un jour, j'ai trouvé un jeu de scrabble dans la nature. Je m'en suis servi pour réaliser de petites installations dont celle qui est représentée ici, sur la photo. Elle m'a inspiré une histoire, à partir d'un thème qui m'est cher, la mémoire. En l'écrivant, je pensais aux très beau et très humains reportages réalisés dans l'hôpital psychiatrique Italien de San Clemente parmi ces personnes en grande souffrance
La scène se passe dans un hôpital




" Il est peu de jours sans traces déposées, sur la terre, dans mes voyages, comme une éphémère écriture d'un promeneur solitaire ".

Roger Dautais
"Traces de solitude"



"Installés sur le bord des chemins, en forêt ou le long du fleuve,ils guettent, jour et nuit, témoins muets du temps qui passe".

Roger Dautais
" Les guetteurs "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

lundi 1 juin 2009


LE VOYAGES DE LA SPHERE.








Les photographies et les textes de ce blog ne sont pas libres de droit. Merci de me contacter sur
roger.dautais@numericable .fr

"Impossible d'oublier, de laisser de côté...les mémoires sont à l' oeuvre et remontent les souvenirs. Après, c'est au travail qu' il faut s'atteler, trouver la trame dans cette fuite, saisir le fil de l'errance, tisser toute une histoire entièrement contenue entre le passé définitif et le présent éphémère. Jouer, encore une fois, jouer la scène et puis tourner la page. Voilà la solution provisoire, aller à la page blanche et se mettre en danger, une fois de plus".

Roger Dautais
" Naître ainsi et pour toujours "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

"Elle a vu, de la rive, défiler des cadavres, et , bien des crues emporter toutes ses espérances. Elle est du fleuve. Elle respecte son silence, après l'orage. Elle est du fleuve, comme d'autres sont des passants ignorant ces instants sur la terre".

Roger Dautais
" La crue "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS


"Il me faut, ce jour là, prélever juste quelques roseaux pour traverser, et retrouver mes rêves"...
Roger Dautais
" Nord-est "

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

samedi 30 mai 2009




"100 installations land art "in situ", sont présentées dans ce nouveau blog, au 30 mai 2009.


Après dix années de pratique du land art, j'ai choisi, en dehors de mes expositions habituelles de les partager avec le plus grand nombre. Le choix de ces installations ne respecte aucun ordre chronologique afin de mieux rendre compte des thèmes abordés, en toute saison et en tout lieu".

Roger Dautais

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.