La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

vendredi 22 juillet 2011
















ose ta vie, toi seul la vivras...
Jacques Salomé.



à Marie-Josée Christien...


Cette certitude


Tu partiras un jour
Et ce sera le vent
Et ce sera le froid

Tu partiras nous laissant seuls à jamais
Toi et moi dans la nuit de vivre
Me laissant hagard au seuil de l'autre nuit

Et ma plainte n'aura pas d'écho
Et ma plainte se taira simplement
Contre les infinis de ma prison

Et le temps fera son effort de temps
Parfois même certains jours
Il m'arrivera de penser moins à toi...

...Ce sera alors d'une tristesse insurmontable



Il me restera que vivre l'ombre. Que
seul avec la séparation.




Il y aura le temps de mémoire
De mensonge parfois
Le temps si court d'exister encore
Et puis viendra peu à peu
Le temps de l'oubli

Infini





Le cri sans mémoire

Tu viens de ce cri sans mémoire
De ce cri sans raison et sans écho

Tu viens de ce cri
De ce corps dévoré par les mots

Tu viens de ce cri à jamais perdu
Une étreinte à la main
Sur l'autre versant du monde

Tu viens de cette torpeur
de cette mort ultime à l’œuvre infiniment.


Guy Allix




à Marie-Claude...

Il arrive que des lumières éclairent notre part d’ombre et nous voici réconciliés avec le monde…Hors cadre, la vie nous attend, nous échappe à chaque tournant… Qu’une page blanche survienne dans notre nuit et le vacarme des incertitudes recommence, incessant…Il questionne l’inconscient, la lumière propose, l’objectif fixe, écarte, élude… Restent les mémoires à oublier. Ainsi va la vie.


Roger Dautais

mercredi 20 juillet 2011














à Sebastien Haton...
et Sylvie






Au large
Sur les mers
J'ai vu les chalutiers
Croiser l'éternité

Souvent
Rien que des ciels
Si vifs
Des fous de bassan

Où lentement s'effacent
des traces de terres
Ces lieux infimes
Des mots épris de lumière.

Jean-Pierre Boulic.



Non, je n'ai pas de clé
Ni de formule magique
Pas plus de vain sésame
Pour ouvrir ce monde verrouillé.

Non, je ne puis être utile
Sans bousculer les certitudes.

Je suis juste là pour témoigner
C'est la place dévolue au poète
Juste là, devant l'arbre
Pour inventer l'oiseau.

Georges Cathalo



Cette effervescente intimité
De soi
Avec la gestation Vibrante, comprime ma substance.

La vie
Frappe en moi.


Marie-José Christien


Paysage
Derrière la vue
Entre les gîtes
S'élève la lumière
Plus forte que nature.
Les cadavres
A la recherche des couleurs
poussent une plainte
Comme s'ils étaient la nuit même
Et les maisons pâlissent De ne pouvpir respirer
Autre chose que ds hommes.
Il faudra au moins
Les cris d'un vagabond
Pour tout remettre
En désordre.

Guy Allix.






Depuis 1998, j'ai accumulé une très grande quantité de photos land art que je vous présente sans vouloir absolument donner un autre sens à ce choix, que l'humeur du jour. J'aurai sans doute dû les classer par thème, mas je préfère que cette exposition de mes travaux ressemble à ma façon de vivre et de procéder dans la nature en restant le plus libre possible.
Iln'est pas de semaine sans que l'on me demande si je peux encadrer un stage ou si j'enseigne le land art. Je réponds que pour moi, maintenant, j'ai tourné cette page. Je ne peux encore que réaliser de toutes petites choses depuis mon accident de voiture, mais je travaille à la remise en forme physique ce qui prendra sans doute encore pas mal de temps. Je fais beaucoup de photos en ville et cela m’intéresse en ce moment. 0 la rentrée, je reprendrai ce 2ème documentaire sur la maladie d'Alzheimer qui se nommera J'AI OUBLIE MA MER. Pour ceux qui le désirent, mon premier film LA MÉMOIRE AMNÉSIQUE, dont vous pouvez voir un teaser en tapant ce nom sur Google, est en vente à la FNAC et peut être commandé dans toute la France, depuis quelques mois dans leurs magasins.









lundi 18 juillet 2011















Aux ombres...


Laisse en toi le silence. Il me dessine le chemin quand d'une main frêle, tu poses l'index sur les lèvres, porte de ton jardin secret. Souviens toi des traces de vos pas dans l'herbe mouillée, trop fraiche. Rappelle toi, petites, les beaux soirs d'hiver où le gel prenait la montagne, où le ciel d'un noir profond se couvrait d'étoile, à l'instant de ta chanson enfantine, où ton père te prenait la main et t’inventait une histoire de loup.
Souviens-tu de ta peur et de ton envie d'aller dans ce chemin de découverte en découverte, te promenant avec ton père, les jours de pluie.
Souviens-toi, enfant vêtue de blanc, cheveux aux quatre vents, tu demandais à la forêt de se faire accueillante et rêvait de chevaux blancs qui t'emporteraient loin de tout.
Souviens-toi, un jour au bord de la Mer Noire et cette lumière trop vive pour ta peau trop blanche, qui t'avait cruellement brûlée.
Souviens-toi de cette tempête de sable et de tes yeux qui pleuraient comme pour préparer l'avenir.
Tu peux poser à nouveau toi doigt sur ta bouche et m'imposer le silence. Je lirai dans tes yeux par où aller ensemble vers le chemin qui mène à ton jardin secret.
J'ai repris ce chemin de solitude et contemple les blés murs couchés par la pluie. Je n'ai pas coupé les blés d'or cette année. Il fallait encore mourir un peu. Cela se fait chaque jour, malgré le temps. L'envie n'est plus là qui me montre à rêver, juste celle de terminer au plus juste une chanson entonnée sous les bombes il y a si longtemps. J'ai côtoyé des tombes que seules les mousses fréquentent et je les envie.


Roger Dautais

samedi 16 juillet 2011











à Anna Berg, Madeleine Schlivka, Madeleine Rosenblat,
Gila Najler, Chaïm Porecki, Smul Pulka,
Kalo Abeni, Joseph Kusmanas,
Blanche Grinbaum, Rachel Chaoul...

et aux vents de Pologne qui sont devenus leur mémoire.






Échos...

Éteins ta voix en ce jardin d'Eden. Aux lisses peaux, des liens du sang, tu pares, comme un bateau sans voile, des bras, des mains, des seins.. Viens chuchoter à mon oreille au tympan éclaté des églises. Nues, tes poupées, nus les morts.L'accent aigu de tes nuits s'enfuit déjà. Tu es exsangue.
Feins de ne recevoir la visite des anges. Sur le pavé mouillé ont roulé des têtes. Fines mouches à la bouche bien ourlée, marmots à jabots et dentelles de Bayeux.
Ici les cris de la foule assassine, là, épars, les corps ficelés de tes poupées vaudou. Aimer, ici
face au danger, c'est vider les tombes, pour la danse macabre.
A bientôt,
Je n'attends plus.

Roger Dautais






Ce texte renvoie à cette place saint Sauveur de Caen où la guillotine était dressée pendant la terreur. On ne refait pas l'histoire, je dis simplement que les pavés de cette place laissent encore parvenir des murmures auxquels je suis sensible. La barbarie ne semblait pas avoir de limite et les hommes se sont mis en devoir d'inventer le pire. La shoah. Vivre sans y penser,est devenu pour moi, impossible depuis si longtemps. Je consacre une partie de mes créations à exprimer cette mémoire amnésique.





Land art.

Je reprends doucement le chemin du land art avec des blessures en réparation , mais l'accident ne remonte qu'à deux mois et je suis très limité dans mes mouvements. Je sens pourtant revenir ce désir d'exprimer avec le peu. Me promenant dans une friche urbaine, j'ai joué la partie en une petite heure, déjà bien difficile à tenir physiquement pour moi.
J'ai joué, comme dans une cour d'école et puis mes symboles sont revenus, si présents. Ne croyez pas en voyant ces étoiles de David que j'ai en moi, des armées de guerriers sanguinaires, mais juste une impossibilité de choisir d'autres images, d'autres mots, d'autre histoire que la mienne. Il n'est en moi aucune volonté d'anéantir quelque peuple que ce soit. Je suis avant tout, un pacifiste et un homme blessé qui continue à se soigner. Je rêve qu'un jour, mes forces reviennent pour à nouveau tracer mes spirales de sables dont je suis très loin, aujourd'hui. Une fois encore, je vois combien cet accident de la route, dont nous avons été victime, Marie-Claude et moi, pendant un tournage en Angleterre, et ses conséquences, ont fait fuir, famille et amis, à quelques exceptions près.

Roger Dautais

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.