La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

Un voyage étonnant au cœur du land Art

vendredi 29 avril 2011















à Aloïs Alzheimer .

à Emilie C.
Horsaine de Brest, et journaliste

A Servanne, Younnes et Faouzi
mes amis Marocains de Trait- D'Union
d' Hérouville-Saint-Clair


à Raymond A.
in memoriam


Il y a des esthètes culturels et géographes patentés qui nomment la Loire-Atlantique, l'extrême-Orient de la Bretagne.C'est très exagéré, bien que vraiment ensoleillé. Je peux en parler, j'y suis né. Mais enfin, est-ce un critère dans notre monde d'être "né"si l'on n'est que"nez".
La France, notre belle France, n'a qu'un département: Paris.
C'est là que nous trouvons le plus de feux rouges. Sur son blason, nous lisons
Fluctuat nec mergitur ce qui veut dire :
Les Bourses fluctuent et tuent.
C'est un peu osé quand même.
Sept de latin et de grec, en Bretagne, il est vrai, et j'ai tout oublié! Je ne suis plus sûr de la traduction.
Heureusement l'ENA nous pond des crânes d'œuf, comme me disait mon pauvre Papa, Lucien-Moïse ( ils n'auraient jamais dû ajouter Moïse, c'est trop marqué). Et ces énarques, coupent, découpent, recoupent, calculent, entourent, détournent, contournent la France, à tel point que j'ai perdu ma Loire -Atlantique.
Je me croyais, Breton, je ne suis qu'un Loiratlanticien. Mais enfin, nous voici sauvés.
Petit, ex-Breton, bronzé, râblé, parfois frisé j'aime démesurément le chocolat. J'ai tendance à l'embonpoint.
Est-ce dangereux ?
Oui, c'est assez dangereux, je le sais, car même footballeur de haut niveau, serais-je de la bonne famille comme le soulignait hier soir David Pujadas que j'admire pour ses cheveux raides.

J'ai rencontré , la semaine dernière, Modeste Landa dont je vous parlais, hier en rouvrant ma boutique à cancans. Il visitait le Mémorial pour la Paix de Caen, où je fais souvent des recherches en bibliothèque(Un fond formidable de documentation internationale) Il était dans la partie de l'expo souterraine qui traite de la Shoah.
Ah, mon Dieu, il était vert.
Je le comprend. Avec sa maladie, sa couleur amplifiait.
Comme il ne m'aime guère il m'interpella:

- Alors, tu l'a toujours autour du cou ?
- Quoi ?
- Ton étoile...
- Elle te gène ? Viens me la décrocher, mais avant, fais un tour en Loire -Atlantique, ça te retapera la cerise, comme dirait Yvette !

Il n'a rien compris, avec son cerveau formaté d'artcotemporanisé. Il est parti avec femme et enfant dans la poussette. Je suis resté, ici, moi, le horsain de Basse-Normandie.

C'est dur, les temps modernes, c'est dur de vivre en France lorsque l'on est noir de peau, arabe ou Juif ou pseudo-Breton, bronzé comme moi, au moindre coup de soleil. Avec ma peau méditerranéeen, difficile de faire autrement.
On dirait que le racisme fait à nouveau recette en France. Je ne veux pas y croire et je rêve de fonder UNITED COLOR OF LAND ART et rassembler tous les land artistes (pas les pseudo-machins enseignant leur petit savoir-faire) non, les plus colorés de peau et les mélanger avec le reste , histoire de refaire le monde du mode. Ca ferait quand même un beau bordel sympa !!!
Une utopie, je vous dis, une idée de Breton déchu qui a perdu sa carte du FLB pour cause de peau basanée.
Ma doué Béniget! Attention, vous moquez pas ou je m'y mets.
Mais que dirait la capitale des Gaulle ? Et Astérix et Uderzo?

Ma spécialité : Je fais parler les morts. Les miens, par exemple et c'est édifiant, au cœur de la nuit. Il est 2heures 40. J'écris en leur compagnie.

La culture, comme me disait un ami ethno-musicien, rencontré rue Froide à Caen, hier après midi, la culture, ça ne sert à rien tant qu'elle est présentée dans des armoires normandes fermées à clé( même si elles sont très belles et très chères), conservée dans des bocaux hermétiques, avec très peu de confiture de savoir ,à l'intérieur, aux beaux esprits,.Exclusivement aux beaux esprits.
J'ai pas tout compris car je suis Breton et pas lui, qui est Normand, donc supérieur en nombre dans cette région de Base Normandie.
Mais après une nuit courte de 5 heures quand même, je me suis souvenu d'avoir lu un jour que moins nous avions de culture, c'était un peu comme pour la confiture, plus on l'étalait sur nos tartines de pain pour faire" avec" comme on dit à Saint Laurent de la Mer.
Et justement, c'est ce qui manque le plus en France pour beaucoup de gens, actuellement, le pain.
Vous avez remarqué ?
Le pain, la bouffe, la tortore, la graine qui, si elle vient à manquer, nous file la disette. Hier, par exemple, j'avais faim. Je me suis mis devant ma télé pour regarder l'Angleterre qui se mariait. Après, j'allais mieux. Merci, amis Anglais.
Bon, vous comprenez mieux pourquoi, dans ma soixante neuvième année, je réalise des films, je photographie tout ce qui bouge et j'écris des livres pour enfants , tout en pratiquant le land art quand je ne fais pas le reste?
Je vais vous le confier :pour gagner de quoi vivre à deux.
Notre voyage de noces nous l'avons commencé le 1 juillet 1968 en Bretagne(Encore!).
Et ce voyage continue. Comme j'ai une femme généreuse, elle m'a offert un voyage en Égypte, l'an dernier, au mois d'Août!
J'ai pas compris, mais j'ai suivi.
Putain !
les pyramides, le Nil, Assouan, Abbou Simbel,Carnac, la Nubie et ses buffles, les rues du Caire, les cairotes jolies, la Vallée des Rois, le cagnard à 50°, mes semelles de crêpe qui ont fondu. Petit Breton inculte, je contemplais Khéops, Képhrène et Mychérinos, le Sphinx sur le plateau de Giset dans la rumeur montante d'une révolution Egyptienne à venir qui allait abattre son tyran!


Croyez-moi, si vous voulez, Henri, Jeannine, Marie-Elizabeth et Thérèse ont vu les pyramides sur mes photos, dans mon atelier d'art-thérapie et nous avons rêvé ensemble.
Personnellement, je n'ai jamais discriminé personne en prodiguant mes soins, auprès de mes patients Alzheimer. Qu'ils soient Juifs, Arabes, Noirs de peau, ou blancs de peau, je les accepte. Je les soigne selon ma règle de vie humaniste, l'éthique de mon association, la philosophie de mon institution, en respectant, dans un esprit laïc et citoyen, et ce qu'ils sont profondément, des êtres humains.
Leurs pathologies apraxo-aphaso-agnosique, accompagnées d'une kyrielle de dysfonctionnement, font qu'ils sont " en perte d'identité, en perte de soi, en perte spacio-temporelle, en rupture de ban avec la micro-société qui les accueille et le protège, incapables de toute communication sans prise en charge réelle et humaine. Autant dire, que pour les familles et les non-professionnels du soin, ils deviennent vite à leurs yeux, des étrangers.
Et ces étrangers, on les appelle des personnes âgées dépendantes, sévèrement atteintes de démence de type Alzheimer ou apparentées.
Je les soigne, dans un cadre thérapeutique et médical. J'explique aux stagiaires ce qu'est un espace transitionnel, si cher à Winicott et aux élèves de neuropsychologie. Je parle des ces systèmes désirants qu'il faut réactiver dans le cerveau, du plaisir renaissant autour de la peinture, de celui d'être qu'ils retrouvent, d'apprendre de comprendre et de partager avec leur alter-ego. L'art-thérapie n'est pas un diplôme. L'art-thérapie est un soin, non médicamenteux, pratiqué à haute dose dans les pays Anglo-Saxon dont j'ai adopté la démarche car elle done d'excellents résultats.
Et il faut en parler, expliquer, rencontrer d'autres art-thérapeutes, non se contenter de trois petites années diplômantes. La remise en question, beaucoup de nos contemporains la pratique par obligation, dans une société qui les casse et les jette de leur entreprise par le fenêtres.
Pourquoi cette résistance, une fois diplômés, chez beaucoup trop de soignants ?

J'ai réalisé LA MEMOIRE AMNESIQUE, un documentaire pratique de 1heure 07, intéressant et rare, sur une expérience en art-thérapie commencée en 2002, pour le présenter en 2011 d'abord au personnel de ma Maison de Retraite RIVABEL'AGE de Ouistreham, puis au grand public.
Acheté par une chaine de télévision, référence 3 fois en National, distribué bientôt dans des circuits commerciaux de cinéma, et d'art- et-d'essai, ce film est en train de trouver son public.
Nous l'accompagnons de débats avec l'a présence de médecins chercheurs en neurosciences et neuropsychologes de l'INSERM U923 de Caen. Il y a une vraie demande. La Maladie d'Alzheimer concerne entre 800 000 et 1 000 000 de personnes en France et le nombres grandit chaque année. La recherche avance mais ne guérit pas encore.
Mon rôle se situe dans leur sillage et artiste, formé à l'art-thérapie, je vais bientôt, en septembre 2011, coopérer à un programme de recherches dans mon atelier.
C'est pourquoi, j'ai entrepris de réaliser un second documentaire en Février dernier, dont je vous parlerai à l'occasion.
J'aime ce travail qui me prend à temps plein avec ce que je lui consacre en dehors de cette institution.
Il me semble que passer du temps avec ces grands malades vaut bien une partie de pêche à pied en moins. Je parle de cela quand j'entends dire que je perds mon temps avec eux, si loin de notre humanité.
Or, je pense le contraire. L'homme nait, vit et meurt humain. Le savoir, est déjà quelque chose et ce n'est pas une étoile, fusse-t-elle jaune, et dérangeante pour Modeste Landa qui m'empêchera de mourir un jour, comme tout le monde.
Un peu d'humour, détend les zygomatiques et m'amuse aussi.
En attendant, rions.

Roger Dautais
au coeur de ma nuit 2H00


à propos de tout et de rien,
et pour répondre aussi a vos questions, vous qui avez été près de 31 000 personnes à visiter LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS;

J'ai consacré l'essentiel de ma vie d'artiste au Land Art, depuis les années 1998 accumulant près de 30000 photos dont je ne sais plus trop qui faire.
J'ai ouvert mon blog, en partie pour cela,car je fatiguais à monter des expos, certes, à succès, qui m'amusaient moins.
La littérature jeunesse c'est une vingtaine de cotes, écrits, illustrés, publiés( pour certains) adaptés pour la radio, avec ds équipes de comédiens professionnels.
J'ai appris la vidéo à l'Ecole Normale de Base Normandie dans les années 90.
Ma rencontre avec Jean-Jacques Lion, réalisateur m'a donné le tournant professionnel( mais je n'ai pas encore son métier, lui qui affiche plus de 20 ans de cinéma.
J'ai coréalisé LA MEMOIRE AMNESIQUE en tant qu'auteur et cameraman, tout en me faisant assister de ses qualités techniques.
Je réalise des performances land art pour des commandes, comme ici avec Matthias Negrello, jeune réalisateur doué de 30 ans qui possède sa boîte de communication à Paris.
J'ai beaucoup travaillé pour les chaines de TV Française,et étrangères(Alemande, Anglaise, Chinoise,Suisse etc) parce que la Basse Normandie est unlieu de passage international avec ses plages du débarquement.
J'ai fondé PLAGES DE LIBERTE avec une équipe de cinq femmes étrangères, land artistes,américaine,Anglaise, Canadienne, Coréenne et Française pour réaliser des performances spectaculaires sur ces plages historiques Sword, Juno, Gold, Omaha, Utah, travaillant avec les délégations de chacun de ces pays alliées et la communauté Juive de Basse Normandie.
Pour les besoins de mon prochain film franco-Canadien, j'ai repris une activité de Street -art, à partir d'un très beau travail graphique de l'Agence de Communication Mur-Mure, mixant, écriture in situ( voir bientôt chez Brigitte Maillard et son blog Monde en Poésie) peinture murale, tags,video, photo, enregistrement voix humaines.
Le nom de ce work in progress : Red Wall. Il est dans une friche industrielle du port de Caen.
Ce travail de réflexion sur Les boulevards qui mènent à déclancher une maladie d'Alzheimer, s'appelent, addiction aux médicaments, drogues, alcools, traumatismes ETC.
Je ne porte pas de jugement, je transferts des sentiments en images et ce sera le propose du film qui rejoindra ma pratique "atypique" d'art-thérapeute.
Je vais travailler avec des éducateurs, médecins, addictologues, artistes et cette communauté d'un instant, représente pour moi, un idéal d'humanité pour aller aider ceux qui acceptent de l'être.
Je ne vante pas ma marchandise, j'explique une démarche, le sens que je donne à mes actions, passant, il est vrai ma vie à cela.
Mais, pOurquoi pas ?
Je m'efforcerai à l'avenir de ne plus me faire entraver par des paroles injustes. C'est ce qu'il me reste de plus difficile à faire.
Et puis il y a l'écriture. Ah ! C'est la grande question.Je me suis sauvé de l'école très jeune et j'ai appris tout seul. Un vrai autodidacte dont la mère écrivait quand même très bien.
Plus tard, devenu un peu plus libre, 1960,1961,1962,1963 auront été des années de rêve et de travail passées à l'École de Beaux-Art de Rennes, puis une école de photographie, puis l'Unieco de Rouen, section Horticulture et paysage, puis travail dans la pub, la déco, la comm, et l'Éducation Nationale. L'art-thérapie, c'est venu beaucoup plus tard
Un vrai parcours tout en zig zag.
Ma fois, l'écriture autodidacte, elle s'est faufilée dans tout ça, avec des apnées, des retours et ça continue, comme dit la chanson.

Roger Dautais

Au bout de ma nuit.
4Heures55

jeudi 28 avril 2011











à Léone Clément, ma mère
...

J'ai toujours rêvé ma vie même si je n'ai jamais eu une vie de rêve.
Roger Dautais



Entre la naissance et la mort, avec un peu de chance, nous disposons tous d'un peu de temps. J'en profite pour faire des choses.
Lorsque j'aurai terminé de réaliser mon prochain film J'AI PERDU MA MER, en 2012, je serai dans l'année de mes soixante dix ans. Si vingt ans est la première jeunesse, je serai donc au beau milieu de ma quatrième jeunesse.



Mille neuf cent quarante eux, année de ma naissance, les fours crépitent en Europe Centrale. Adolf est aux affaires.
1944, on livre toujours des enfants sous la neige pour nourrir les "détails".
2011, Modeste LANDA m'écrit pour me demander si je suis Juif et m'expliquer que mon étoile de David le gêne quand je l'utilise pour mes installations Land Art.
Je ferme mon blog.
Aujourd'hui, ne pouvant plus répondre à cet énergumène, j'espère qu'il a compris que jamais, oh, non, jamais, je n'accepterai ses excuses et que jamais, grand jamais, je partagerai les sables dOmaha Beach, pour pratique le Land art avec moi.
Si je l'ai fait avec Raymond Anisten,mon frère, Président fondateur de L'association des enfants et petits enfants rescapés de la rafle du Vel d'Hiv du 16 juillet 1942, dont je suis membre, ainsi que Marie-Claude, c'est que Raymond était un home sans haine,sans racisme, bien qu'il ait perdu 38 personnes ( dont son père et sa mère) dans cette rafle, gazés et passés au four crématoire, deux jours après leur départ de France.
Alors, après que ce petit Modeste LANDA se soit permis de me donner un leçon de vie qui m'a profondément choquée, c'est le pavé dans la mare jeté cette nuit par un ami, un frère en art et en poésie, Thibault Germain.
Merci Thibault et merci à vous tous amis qui m'avez envoyé de si beaux gestes d'amitié.
Je suis dans la 8ème semaine de tournage de mon second documentaire qui traitera de mémoire et d'identité,délités par traumatisme, Addictions, maladie etc. Ces boulevards mènent souvent l'homme vieillissant à développer des maladies du cerveau dont la Maladie d'Alzheimer. Depuis le début des années 90, je côtoie ces grands malades. En 2022, j'ai ouvert mon premier atelier d'Art-Thérapie, à l'ARDAPA de Lion sur Mer, puis un second en 2005, pour la m^me association mais à RIVABEL'AGE, un EHPAD de 85 résidents, où, j'exerce ma profession d'art-Thérapeute.
Mon premier documentaire LA MEMOIRE AMNESIQUE réalisé avec Jean-Jacques LION, documentariste, reçoit un vrai succès populaire en Normandie et commence " sa vie" hors frontières( Je pense au Canada).
Il a été trois fois référencé en National et son avenir semble bien se présenter.
Ce qui veut dire, que j'ai fait une parenthèse sur le Land Art car je ne peux tout faire. Beaucoup d'entre vous m'ont fait l'honneur d'une page et de commentaires élogieux qui ennuient certains. Jen'y peux rien, je les mérite(Humour).
J'ai continué à vous lire, chez vous, et je continuerai. Je répondrai sans doute plus globalement à vos commentaires, mais le cœur y sera.
J'ai mis des photos en vrac, que j'aimais bien et représentatif de ce que je fais.
J'ai commencé une performance Street-Art sur le port de Caen, en compagnie d'afficheurs sauvages Mur Mure. Je replonge dans l'univers des grands marginaux, ces clochards à 2O litre de vin par jour et que je soignais dans mon atelier d'art-Thérapie du CHRS Revivre à Caen.
Trois ans comme administrateur et cette expérience que je menais conjointement avec les Longues peines du Centre de Détention de Caen, accompagnés pendant, 6 années.
Après tout ça, écouter un mec qui te demande si t'es Juif, c'est être bien con et je l'ai été.
Veuillez m'en pardonner. Je reprends la route, comme mon ami Allix , ou Patrick Lucas que je salue, tous les deux. Bises à Brigitte, fidèle ds fidèles et son Monde en poésie


Roger Dautais

dimanche 27 mars 2011



à Lucien, Moïse, mon père,

Cette dernière série choisie dans les 25000 images de land art, représentant,une partie de mon travail de land artiste, réalisé depuis 1998 en France et à l'étranger.




















Depuis le mois de juin 2009,
27340 personnes ont visité LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
4524 personnes ont écrit des commentaires dont certains m'ont profondément blessé. J'en suis la cause principale puisque ils ont été la réponse à ce que je montrais à voir, à ce que j'écrivais. Aujourd'hui, j'ai pris la décision de fermer ce jardin, de ne plus venir y écrire comme chaque jour et de prendre la clé des champs. Ce n'est pas tout à fait un abandon même si cela y ressemble un peu. C'est une pause pour réfléchir.
Vous pourrez laisser des commentaires si vous le désirez. Je laisse la place aux censeurs de tout poil pour me consacrer à ma vie.
Merci à vous, amies et amis. Vous pouvez m'écrire sur mon e mail si le cœur vous en dit.

Bonne route et que le Printemps fasse pousser beaucoup de fleurs dans vos jardins.
Très amicalement,

Roger Dautais
27 MARS 2011 015H03, en Normandie

Roger Dautais

jeudi 24 mars 2011
















au docteur Claudine H.D.
la maman de Niak
en souvenir de notre pays commun, la Bretagne...







Et voilà les donneurs de leçon qui s'avancent drapés dans leur toge romaine, dignité en sautoir, breloque de gloire posthume annonçant ma fin.
Mon Dieu que j'aurais tort de me mettre à leurs pieds et couper le laurier pour ceindre leur front. Les caciques ont bavé sur leur belles chemises blanches et des jeunes filles insanes essaient vainement de leur redonner un brin de virilité perdue. La femme est supérieure, à l'homme elle qui n'a pas à soutenir ce qu'elle avance pour prouver sans cesse.
Y-t-il un âge pour être rayé de la carte ?Le bon sang bleu suffirait-il à justifier une présence sur terre, et le reste à enfourner dans les bouches noires du "détail".
Le bétail se convoie. Les trains sont prêts et qui parle de mémoire lorsque les vociférations ont été remplacées par le charme blond... Mais les chefs de gare sont prêts et les képis aux ordres.

- Monsieur, je ne vous permet pas, ôtez-vous de ma table, ici ne déjeunent en ma compagnie que des agrégés de lettres,
disait le professeur de terminale B, vêtu d'un costume trois pièces repoussant là un jeune prof qui arrivait pour déjeuner , plateau en main , le repoussant vers le box des factotum.
Dans les années 40, cette scène ? Non, il y a 14 ans seulement, dans un lycée Français. Et moi qui croyait que l'homme agrégé...
Plutôt désagrégé aussi, ce poète imbu, devenu imbuvable tant on lui avait gonflé la tête. Dame, comme on dit chez moi, en Bretagne, il avait fini par croire qu'il était le seul sur terre et bourré de talents. Bourré seulement, et tous les soirs à rouler sous son lit vide.

Nous ne sommes autorisés à rien, strictement à rien, ni à dire, ni à penser dans ce bahut, en 1997 où mon chef hiérarchique m'indiqua for généreusement :
Ici, mon gars, c'est pas la peine de penser, on pensera pour toi
.
Grandeur humaine. Avec une telle ouverture d'esprit, cet homme ne pouvait être qu'un génie et il l'était.
Je ne ressors pas mes vieilleries ni mes pleurnicheries liées à ma race, non, non, je dis simplement que de fachos, il y en a partout et qu'ils se cachent de moins en mois. Être artiste n'est pas une sinécure mais au moins, en ce qui me concerne, cela me structure et donne un sens à ma vie. Cela à fait de moi, un résistant.
Mais ne croyez pas que cela vous sauve d'une balle dans la tête, en principe, dans des régimes dictatoriaux, on passe à la casserole en premier. Ils n'aiment pas les gêneurs, les fauteurs de trouble. Que ce soit dans les pays de l'Est, d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique du Nord au Sud, cela est prouvé.
Découvrez la vie et le destin funeste du peintre Normand,André Daligault, ce curé génial qui fut aussi le maître à penser, le maître dans le domaine de l'art et de la peinture, pour Yvonne Guégan, elle aussi géniale et femme libre. Je crois que son sacrifice a laissé des traces au Mémorial pour la Paix de Caen. J'ai eu l'insigne honneur de travailler une semaine entière sur ses archives . Des œuvres arrachées à la mort, peintes sur des petits bouts de papier dans les différents camps de concentration où les Nazis l'internèrent jusqu'à sa mort par exécution. Ces petites œuvres clandestines furent sauvées de l'oubli par un kapo lui aida à sortir ces preuves de son existence pour ensuite pour les donner un jour à sa famille.
Quelle force, quelle résistance à la brutalité humaine instituée par le régime fasciste, dans les geôles allemandes, pendant qu'il était torturé, pour se garder en vie et, comme il l'a dit, échapper à la folie provoquée par l'enfermement, la torture, la douleur . Que lui reprochait-on à lui qui avait été dénoncé par de bons Français Pétainistes, on lui reprochait des faits de résistance, et aussi d'être un curé atypique, artiste peintre ! Tout pour plaire .Quelle leçon pour sortir de sa nuit, cette nuit, Nacht und Nebel, par la pratique d'un art pour ne pas sombrer dans la folie et crier jusqu'au bout sa haine du nazisme.

Les gommes à histoire sont ressorties et il convient pour nous, de nous ranger sur le bas-côté, de nous effacer sans cesse, jusqu'à la limite de la vie. Amnésie pour tous et profonde, noire. Votez, rangez-vous, taisez-vous, on s'occupe du reste.

Je continue le voyage seul., caméra au poing, vers cette contré qui vous est étrangère, ce pays, le miens, des terres noires caressées par le gel et le vent, cette contrée où la mousse accueillit mes premiers ébats, où le voisin du dessus de chez nous, lisait Mein Kampf, alors qu'enfant, je jouais sur le trottoir devant les bordels militaires d'après guerre, au bar de l'Étoile! C'était en 1947S.Comme quoi, une bonne guerre n'avait pas suffit pour faire comprendre quoi que ce soit à notre voisin, puisque cet homme était persuadé que seule, l'extrême droite pouvait sauver la France. C'est vrai, je n'invente rien. Ce lecteur avisé devint un des premiers chefs de camp pour Harkis, dans le midi.
La littérature forme quand même les esprits et donne à penser aux les imbéciles heureux. Dire que c'est une réussite, je n'irai pas jusque là. Mais je comprend bien aussi que tout le monde ne peux pas être artiste. La France deviendrait ingouvernable.
Il me faut marcher ma vie, l'inventer, la rêver comme me l'a appris le poète Youenn Gwernig, et rejoindre ces plaines balayées par les chants du vent d'Ouest et l'insouciante légèreté d'une vie délitée par l'âge. Il faut encore abandonner la dernière valise pour entrer nu en ce jardin des souvenirs perdus qui me redonnera l'envie de jouer la création.
Fasse que les Hespérides me tendent une pomme pour épancher ma soif, et qu'elle ne soit pas celle de la discorde. La marche vers mes origines n'est pas une reculade, ni une recherche de preuve à donner au premier petit con qui devient le comptable de mes gênes. Elle n'est pas non plus, un passage d'examen devant une poignée de savant cacochymes et morveux. Elle n'est pas la quête du Saint Graale, en loge. Elle n'est pas le rachat d'une jeunesse perdue ni celle d'un amour décadent. Elle est ma réalité, d'homme seul, entouré d'un monde que j'aime malgré lui et qui ne me le rend pas souvent. Les jeux du cirque sont revenus, les arènes sont ouvertes et les beaux candidats aux cravates rutilantes et aux implants dentaire impeccable nous vendent leurs idées. Dans cette kermesse, cette foire à tout, cette foire aux greniers, subsistent des lambeaux de démocratie et de justice, de liberté et d'égalité. Il en manque une, oui, la fraternité. C'est vrai. Les combats sont très fraternels, aujourd'hui et classieux.
Mais, les mots, voyez vous, pour bien les choisir, il faut au moins être agrégé et des agrégés il n'y en a pas 68 millions en France, alors, forcément, nous les ignares, nous nous trompons souvent.
Il faut aller voter...sans se tromper, Dimanche.

Roger Dautais







pour Marie-Claude

Mon amante a les vertus de l'eau : un sourire clair, des
gestes coulants, une voix pure et chantant goutte à goutte.

Et quand parfois,- malgré moi-du feu passe dans
mon regard, elle sait comment on l'attise en frémissant:
eau jetée sur les charbons ardents.


Victor Segalen
Stèles
Extrême-Orient 1929

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.