
To the sea...*
Juste avant le retour de la mer, à l'heure où les ombres s'allongent, je prends le temps de tracer une autre spirale. Travail mille fois répété en des lieux si différents, avec des lumières toujours surprenantes pour le plus grand plaisir de le réaliser comme un hymne à la vie.
Roger Dautais
Ombre des jours à venir.
Demain
On me vêtira de cendres à l'aube,
on m'emplira la bouche de fleurs.
J'apprendrai à dormir
dans la mémoire d'un mur,
dans la respiration
d'un animal qui rêve.
De l'autre côté
Années et minutes font l'amour
Masques verts sous la pluie.
Église aux vitraux obscènes.
Trace bleue sur le mur.
Je ne connais pas.
Ne reconnais pas.
Obscur Silence.
Alejandra Pizarnik Argentine. 1936/1972
* Cette spirale mesure dans les 45 m de circonférence. Temps d'exécution 1 heure 15. Je l'ai réalisée sur une plage normande.
Tout ce que vous faites est magnifique. Je suppose que le travail dans ce milieu minéral doit être passionnant mais aussi très physique. Ce n'est pas frustrant de voir ce chef - d'oeuvre fait avec amour englouti en quelques instants ? Bravo.
RépondreSupprimerSuperbe.
RépondreSupprimerMerci de vos encouragements. Oui, ce genre de réalisations, cairns ou spirales sont effet très physique et demandent de l'entrainement, mais...je l'ai. Pour ce qui est d'en regretter la disparition, cela ne me vient pas à l'idée car le land art est un art éphémère, ce qui compte c'est l'instant de la réalisation, après , je passe à autre chose.
RépondreSupprimerRoger
C'est confondant de simplicité (sans présumer de la difficulté de réalisation) et tout à fait fascinant.
RépondreSupprimerIl y a un côté "jeu d'enfant" qui me plaît énormément là dedans. J'ai l'impression d'avoir 5 ans et de tracer une spirale de 45 centimètres sur une plage de l'Hérault en attendant qu'une vague la recouvre...
Shaton:
RépondreSupprimeroui, la simplicité de la figure géométrique de la spirale la met en osmose avec une plage, une étendue de sable, très rapidement. Il suffit de s'éloigner de trente mètres et on ne la voit plus. elle respecte donc l'environnement. Je reste moi-même fasciné après en avoir tracé plus de mille, par l'arrivée de la mer qui prend possession de cette installation en quelque minutes. L'eau progresse par les sillons latéraux et enserre le centre qui disparait toujours en dernier. Certaines lumières sont révélatrices de la force magnétique du sable contenue dans le mouvement circulaire d'une spirale.
Le tracer se fait avec les pieds et sans aucune mesure. Il faut donc, pendant une heure un quart environ, maîtriser le mouvement tournant, le parallélisme du sillon, et la profondeur de celui-ci. Un véritable exercice physique et de précision en même temps, à répéter pas mal de fois avant de le réussir.
à toi d'essayer, maintenant.
Roger
c'est un plaisir ces spirales sur ce sable
RépondreSupprimeren tout cas moi j'aime bcp !
et puis sûrement pas facile à réaliser
dommage que ca soit éphémère..