
à Amba Till...
On dit bleus, pour les coups,
bleu, pour le ciel,
bleue, pour la couleur de l'océan,
pour les yeux de Marie-Claude,
pour l'heure attendue.
On dit, bleu pour tant de choses.
Hier, ma vie était bleue, contenue dans un hexagone bleu, posé sur l'eau. Ma vie entière était là, nue, les pieds dans l'eau du petit lac, détachée du monde. Sur les nénuphars, les grenouilles m'ont vues couper les joncs, écarter les herbes hautes, entrer dans l'eau, jouer avec les bleuets et poser délicatement ces fleurs des champs sur le miroir. Elles se sont tues, longuement, puis elles ont repris le concert. Les poèmes d'Amba flottaient sur le lac. Je les ai assemblés. Je les ai mis dans l'hexagone fleuri. Les nuages se sont écartés. Le soleil a transformé le paysage. Je l'ai remercié comme on doit le faire, à chaque fois. J'ai tout remis en place et je suis sorti de l'eau. Ma vie était là, toute entière, consacrée à cet instant. J'ai quitté le lac et j'ai repris la route, dans ma vie, à continuer, ailleurs. A Biarritz, le même soleil éclairait l'Euskadi.
Roger Dautais
" et sous le soleil, exactement. "
LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
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